05.02.2010
Avortement : le Grand Silence

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Semaine pour la vie
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20.01.2010
Dieu va libérer son peuple!
Décidément, on ne sait plus où donner de la tête depuis la nomination de Mgr Léonard !
En effet, depuis l'annonce officieuse de vendredi dernier, on voit apparaître une volée de braves gens qui, se disant catholiques, expriment leur crainte devant l'arrivée de l'obscurantiste nouveau primat, Mgr A-J Léonard. Mon ami Christophe vous a fait découvrir le très comique Monsieur Meurice, permettez-moi de vous présenter le Vicaire Poncin.
Vidéo ici (colonne de droite, rubrique Voir, vidéo: "Une impulsion contraire à ce que Danneels voulait")
Belga et Le Soir, pas du tout armé de mauvaises intentions (le journalisme, c'est objectif...) nous gratifie de cette vidéo d'anthologie où ce vicaire, visiblement peu amène envers son nouvel archevêque, débite diverses énormités que nous allons essayer de comprendre.
Les deux églises
Il commence fort, notre vicaire. D'abord, il estime qu'il y a deux églises. La première est hiérarchique, elle fait « sa petite popote », déploie ses efforts uniquement aux fins de « perpétuer le système ». La deuxième, c'est l'église de la base (ah, la base...à croire que Mgr Léonard est capitaine d'une équipe de baseball !), dont il fait partie. Fort bien.
On regrette qu'il ne déploie pas ce qu'il entend par « église de la base ». On ne doutera cependant pas qu'il veuille parler de nous, catholiques du peuple, du peuple de Dieu. Vous. Moi. Le vicaire Poncin appartient, comme il le dit, à cette église. Super.
L'autre église, qu'il regarde depuis sa « base » est affreuse : elle est hiérarchique ! Et non seulement elle est hiérarchique, mais en plus, elle essaie de perpétuer le système. Bien. Mais moi, qui suis également de la base, je la regarde, et sa hiérarchie m'inspire plutôt que de m'effrayer. Suis-je anormal ? C'est grave docteur ? Parce que moi, je croyais que le Christ avait fondé son Eglise sur les Apôtres, avec Pierre pour chef (même que c'est noté dans l'évangile de Mathieu, chapitre 18, verset 18...mais bon, c'est que l'évangile !). Je croyais que le pape était son successeur, ainsi que les évêques vis-à-vis des apôtres. Que tous, vivifiés par l'Esprit Saint, ils forment avec les fidèles un seul corps, le corps mystique du Christ. On nous aurait trompé alors ? Dites... ?
« Si quelqu'un dit qu'il n'y a pas dans l'Eglise catholique de hiérarchie instituée par une disposition divine et qui se compose des évêques, des prêtres et d'autres ministres, qu'il soit anathème. » CONCILE DE TRENTE, 23è session, can.3
Ouf, c'est pas vrai ce que dit ce monsieur. Mais quand même, pauvre vicaire Poncin, on est à peine à 20 secondes et le voilà déjà anathème selon le Concile dogmatique de Trente, pas cool ça ! Prions pour lui, parce qu'on ne sait pas ce qu'il pourra encore dire dans les prochaines secondes...
Le râtelier
Justement, que dit-il ? Mgr Léonard a dit que l'Eglise est un grand râtelier, et qu'il y a du foin à la hauteur de tous les museaux. Notre vicaire d'enchaîner que, après Vatican II qui a dit que l'Eglise était le peuple de Dieu (la base), il trouve cette citation un peu étrange. Soit. Mais si la constitution dogmatique Lumen Gentium parle 39 fois de cette réalité, elle ne dit pas pour autant que la hiérarchie n'existe plus !
Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, qui ont entre eux une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l'un à l'autre : l'un et l'autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l'unique sacerdoce du Christ. Celui qui a reçu le sacerdoce ministériel jouit d'un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le rôle du Christ, le sacrifice eucharistique et l'offrir à Dieu au nom du peuple tout entier ; les fidèles eux, de par le sacerdoce royal qui est le leur, concourent à l'offrande de l'Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l'action de grâces, le témoignage d'une vie sainte, leur renoncement et leur charité effective.
Constitution dogmatique sur l'Eglise Lumen Gentium, chap. II, §3
Elle dit même mieux que une simple différence de degré, il y a une différence d'essence (essentielle) : le sacerdoce du prêtre est sacré, pas celui des fidèles. C'est pourquoi lui seul peut donner les sacrements de confession, de baptême, etc. Sans doute Mgr Léonard faisait-il allusion à Saint Pie X, lequel disait : « L'Eglise est une société par essence inégale, c'est-à-dire une société comprenant deux catégories de personnes, les pasteurs et les troupeaux, ceux qui occupent un rang dans les différents degrés de la hiérarchie et la multitude des fidèles. » (Encyclique Vehementer nos)
Quant à cette image du troupeau recevant le foin, elle est tout simplement vraie : l'Eglise a été instituée pour proposer ce foin qu'est la foi de Jésus-Christ à hauteur des museaux de tous les hommes, juifs, païens, esclaves, etc., sans discrimination aucune (ce qui n'est pas le cas d'autres religions !). Et en mange qui veut !

Zillis, Nativité, fin XIIè
Dieu a libéré son peuple
Le vicaire se marre, car tel sera le chant d'entrée lors de la liturgie de dimanche consacrant Mgr Léonard archevêque de Belgique. Il se marre car, enfin, le diocèse de Namur est libéré de son bourreau, cet odieux pasteur qui nous prend pour des museaux.
Je retournerai, avec le même humour, la pareille à notre vicaire : que Dieu nous libère de Monsieur Poncin ! Car, désormais que « le dernier vicaire ou le dernier aumônier d'action catholique, tout comme le plus ignare des journalistes, tranche de tout avec une certitude infaillible, se scandalise quand le pape (ne parlons pas des autres évêques !) se permet d'être d'un autre avis que le sien, et juge intolérable que d'autres prêtres ou fidèles puissent ne pas penser comme lui, alors l'Eglise catholique est en souffrance, car le Christ n'est plus loué, la Tradition est bafouée, l'Esprit Saint évacué. Certes, on veut la liberté, mais chacun pour soi, et c'est d'abord la liberté de ne pas tenir compte de l'avis des autres (L. Bouyer, La décomposition du catholicisme, Aubier, 1968, p.46).
Monsieur Poncin, si vous preniez votre liberté, nous entonnerons d'une seule voix :
DIEU A LIBERE SON PEUPLE !
Mais non, nous ne sommes pas à ce point vilains. Que du contraire. Vos propos mettent en évidence les tensions qui existent au sein de l'Eglise de Belgique, et plus largement au sein de l'Eglise catholique. Mais l'honnêteté nous oblige à vous dire ceci : voilà quarante ans passés que le Concile de Vatican II a eu lieu, mais où en sont les fruits ? On nous dira qu'une forêt qui pousse ne fait pas de bruit. Soit. Mais qu'il s'agisse d'une forêt de sapins ou d'une forêt de chêne, quarante ans, ça donne de vieux sapins et de magnifiques chênes. Où sont-ils ?
Enfin, visiblement trop heureux que des médias viennent vous interviewer, vous en oublier toute humilité. Alors prenez cet article comme une correction fraternelle, et priez pour notre conversion, tout comme nous prions pour la vôtre.
Amitiés dans le Christ,
Jean.
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19.01.2010
Les catholiques se mobilisent autour de Mgr Léonard contre la presse anticatholique

Christian Laporte, le "quasi unique et "courageux chroniqueur" du journal ex-catholique La Libre Belgique
Esneux, le 18 janvier 2010.
Lettre ouverte à Monsieur Jean-Paul Duchâteau,
Rédacteur en chef de La Libre Belgique
Monsieur le Rédacteur en chef,
La Libre Belgique, un journal d’opinion : ainsi vos aînés se plaisaient-ils à présenter leur quotidien, par opposition, notamment, avec « le neutre de la capitale » (Le Soir). Il y a belle lurette que LLB a renié ses origines et qu’elle pratique des… « liaisons autrement dangereuses » (voir ici). Ainsi, de reniement en reniement, la Rédaction de LLB a négocié d’audacieux virages. Cela ne date pas d’hier, mais ledit quotidien est en train, sous votre « règne », d’exécuter un magistral tête-à-queue. Votre édito assassin sur « Le choix du Pape » (16-01-10) est une véritable déclaration de guerre à l’Église de Belgique en tant qu'Institution. Étrange hommage rendu à vos prédécesseurs d’il y a quelques décennies ! Que cela vous plaise ou non, c’est bien le Pape qui nomme les évêques, archevêques, primats et cardinaux ; « la base » (selon la terminologie en usage chez les progressistes autoproclamés) serait bien avisée de prendre, en ces matières, un profil bas. Las ! l’arrogance du discours politiquement correct est amplifiée par votre (quasi) unique et « courageux » chroniqueur, l’incontournable chouchou de « la base », qui, dans sa rage de mauvais perdant, finit par en oublier l’évangélique « Tu es Petrus ».
En lisant le point 2) de votre éditorial 1, on pense à ces pompiers pyromanes qui, profitant de leur statut, boutent le feu aux biens qu’ils feignent de protéger. Comme pour mieux vous assurer de l’ardeur d’un brasier qu’en fait vous appelez de vos vœux, vous prophétisez : l’arrivée de Mgr Léonard à l’archiépiscopat « divisera la communauté des chrétiens en Belgique ». On peut difficilement imaginer plus exécrable vilenie. Avec une odieuse délectation, vous jouez les cassandres, comme si votre qualité de journaliste vous octroyait tous les droits, y compris celui de torpiller toute entreprise qui n’a pas l’heur de recueillir votre assentiment, un assentiment qu’en l’occurrence, le Pape n’a pas à solliciter de « la base ». Si vous êtes thuriféraire de Mgr Danneels, c’est moins pour gratifier le Cardinal d’un encens qu’il mérite assurément que pour flétrir la figure de son successeur. Cela rappelle le scénario concocté lors de la nomination de l’abbé Léonard à la tête du diocèse de Namur : le journal Vers l’Avenir avait récolté des dizaines et des dizaines de signatures pour remercier les « sortants », histoire de promettre la vie dure au nouvel arrivant. Mal leur en prit, car Mgr Léonard, toujours facétieux, avait glissé sa signature parmi celle des rebelles. À malin, malin et demi. Méfiez-vous !
Pour votre gouverne, Mgr Danneels N’est PAS plus partisan de la libéralisation de l’avortement et de l’euthanasie que Mgr Léonard, et je doute fort que les manipulations effectuées à Leuven – Louvain-la-Neuve sur des embryons réifiés, honteusement qualifiés de « surnuméraires », soient davantage du goût de l’un que de l’autre. Vous voulez ratisser (encore) plus large ? Les actionnaires vous intiment de vendre davantage de papier ? Comme les cartes de Carmen annoncent « La Mort, toujours La Mort », votre « daimôn » vous serine-t-il « La base , toujours la base » ? Alors, ne perdez pas de temps ! Pour les futurs éditos de LLB, engagez sans plus tergiverser une certaine Vice-Première socialiste : son anticléricalisme atavique fera merveille dans un boulot par ailleurs indigne de vous. Mais c’est une « liaison » qui pourrait se révéler dangereuse…
Agréez, je vous prie, Monsieur le Rédacteur en chef, mes salutations attristées.
Mutien-Omer Houziaux,
Ancien embryon, chrétien librement soumis à la Vox Romana.
P.S. Je ne doute pas que vous publierez cette lettre ouverte dans La Libre Belgique 2. Toutefois, comme deux précautions valent mieux qu’une, je ne manquerai pas de vous accorder dans cette tâche, grâce à mon (copieux) carnet d’adresses, une aide que vous ne manquerez pas d’apprécier.
1. " En choisissant Mgr Léonard, le Vatican ne pouvait ignorer que ce dernier divisera la communauté des chrétiens en Belgique. Il a donc fait un choix entre le consensus qui a présidé avec Mgr Danneels à la conduite de l'Eglise durant trente ans, et une nouvelle direction avec une personnalité qui n'a jamais mis son drapeau en poche. Cette attitude de Rome ne peut en fait surprendre personne, Benoît XVI n'ayant pas hésité, depuis son élection, à prendre des positions fortes et controversées." LLB du samedi 16 janvier 2010
2. De fait, cette lettre ouverte a été publiée ce jour, en page 10 de La Libre (Belgique)
11:29 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Lu dans La Libre: le prêtre Jacques Meurice n'est plus catholique
Toute cette confusion autour de la nomination de Monseigneur Léonard aura au moins ce mérite de révéler au grand jour les graves errements doctrinaux tapis au fond de l'âme de certains prêtres révolutionnaires. Tout le monde a assisté hier avec stupeur au journal de la RTBF à ces interviews d'anthologie de prêtres rebelles ne dissimulant même pas leur mépris pour le nouvel archevêque. L'agonie de leur mouvance pseudo-catholique engluée dans une idéologie idolâtrant le progrès leur fait dépasser littéralement toute mesure.
Nous avons lu aujourd'hui dans La Libre Belgique l'opinion du prêtre [l'est-il toujours ?] Jacques Meurice sur l'avenir de l'Eglise. Cela se passe de commentaires, il s'agit réellement du cri d'agonie d'un prêtre désorienté. Nous devons prier sincèrement pour son âme qui en a bien besoin. Nous sélectionnons ci-dessous les extraits les plus effarants et nous soulignons les passages qui témoignent d'une hérésie très grave. Oui l'Eglise est malade, depuis que de pareilles idées y ont fait leur lit et ont porté pierre. Nous citons les propos de Jacques Meurice :
"L’Eglise catholique est malade, gravement, elle va mourir. On la croyait éternelle ? Ce n’est pas vrai. Elle est humaine, spatio-temporelle comme les êtres humains. Ernest Renan avait raison de dire : le Christ avait promis le Royaume et c’est l’Eglise qui est arrivée. C’est pourquoi il est de plus en plus nécessaire et urgent de faire des distinctions importantes. Christianisme et Eglise catholique ce n’est pas la même chose. Quand on aura retiré des évangiles tout ce qui y a été rajouté durant les trois premiers siècles, on s’apercevra que Jésus n’a jamais voulu créer une organisation religieuse, sacrée et hiérarchisée, copiée sur celle du temple juif, mais qu’il a plutôt voulu une conversion du cœur et de l’esprit des hommes et des femmes en vue de transformer le monde." (...)
"Il y a donc du travail pour quelques générations de théologiens, car le ménage à faire est immense et radical. Mais ne nous faisons pas d’illusions, c’est un travail impossible pour eux, car révision et réforme exigent des acteurs entièrement libres, et depuis toujours il est interdit dans l’Eglise de toucher aux dogmes, ne fût-ce que pour les habiller autrement. C’est le caractère dogmatique de l’Eglise qui, profondément, empêche son évolution et son adaptation au monde moderne. Ce sont finalement ses dogmes qui tueront cette religion, par étouffement.
Il est grand temps que tous ceux qui un jour ont été touchés par les valeurs de l’Evangile prennent conscience du tournant qui est à effectuer. Pour ne pas perdre ce précieux héritage il faudra d’une façon ou d’une autre le libérer des structures qui l’entourent et le faire vivre au-dehors. On avait oublié que l’Evangile est un message de grand air, à vivre hors les murs. Exit Godfried, on regrettera sincèrement sa simplicité, sa bonhomie, sa recherche permanente du consensus, imprégnée de bonté, mais pas sa soumission souvent aveugle au système clérical. Exit Godfried, mais qu’ils sortent donc aussi de leurs églises, les chrétiens ! Tout est encore à faire."
Au risque de choquer, nous n'avons qu'une seule chose à dire. Le diable finit toujours par révéler son vrai visage ! Depuis quand a-t-il obscurci à ce point le coeur de Jacques Meurice ? Jacques Meurice n'est plus un serviteur du Christ et de son Eglise depuis longtemps. L'a-t-il jamais été ? L'article est à lire dans son entièreté sur le site de La Libre Belgique. Ne manquez pas les commentaires des internautes qui critiquent tous l'opinion de l'auteur et prouvent que la vitalité n'est pas l'apanage d'une certaine frange de l'Eglise qui se dit progressite.

Nous n'avons pas besoin de prêtres révolutionnaires ayant perdu tout respect et tout espoir pour l'avenir de l'Eglise, nous avons besoin d'un berger courageux pour guider le troupeau à bon port
11:10 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
18.01.2010
Quand les « Politburos » du Soir et de la Libre Belgique rappellent les catholiques à l’ordre
C’est donc aujourd’hui que Monseigneur Léonard accède à sa fonction de primat de Belgique. La nouvelle étonne, stupéfie, désarçonne. Pour sûr, elle ne laisse pas indifférent. Bien entendu, notre presse, vendue depuis longtemps aux sirènes de l’anticléricalisme primaire a soigneusement fait son travail de sape. En analysant depuis samedi les articles parus sur l’Eglise dans nos deux grands quotidiens nationaux, Le Soir et La Libre Belgique, nous avons directement compris que quelques journalistes s’étaient donné le mot pour faire une ovation fraîche et joyeuse à notre nouvel archevêque. Petit rappel des faits.
Samedi : Selon Le Soir, Herman Van Rompuy a « des liaisons dangereuses » avec des catholiques qui considèrent que l’homosexualité est un péché [ndlr : pléonasme] ; Dimanche : Le Soir souligne avec délice les mots de Benoît XVI en visite à la synagogue de Rome : « Le Vatican a aidé les Juifs »… oui mais « de façon discrète et cachée »…[ndlr : sous-entendu Pie XII reste coupable car il aurait dû faire beaucoup plus ! Il est vrai que les résistants de la dernière heure du Soir crient toujours mieux et plus fort que les autres]. Le même jour, sur le plateau de la RTBF, Madame Onkelinx, dont on connaît les grandes compétences en matière de philosophie morale, juge que la position conservatrice [ndlr : c’est-à-dire simplement catholique] de Monseigneur Léonard sur des sujets comme l’avortement ou l’euthanasie risque de remettre en cause le « compromis belge » [ndlr : entendez celui où les catholiques belges ont juste le droit de se taire face à une société qui stigmatise de plus en plus leurs convictions ] ; aujourd’hui, lundi 18 janvier 2010, Monseigneur Léonard est nommé archevêque de Malines : victoire crie Le Soir pour exorciser cette mauvaise nouvelle : L’Université ex-catholique de Louvain s’affranchit bientôt de la tutelle obscurantiste de l’Eglise. Le quotidien sort également sa meilleure carte, usée jusqu’à la corde, à savoir l’avis du grand philosophe belge ex-catholique Gabriel Ringlet qui estime, avec l’arrivée de Monseigneur Léonard à Malines, que « l’opinion du peuple chrétien compte pour du beurre ». Tandis que lâchement, La Libre Belgique de ce jour se retranche derrière les avis autorisés des éditorialistes du Soir, du Standaard ou de Vers l’Avenir. Tous ces éditorialistes éclairés « insistent sur le fossé qui pourrait se creuser avec les chrétiens à la base ». Et La Libre Belgique d’exprimer de façon à peine voilée ses fantasmes sur la faillite programmée de l’ « Eglise de purs » qu’est censée incarner Monseigneur Léonard. Vive l’impureté ! Vive la révolution dans l’Eglise ! Elle en a tellement besoin si l'on en croit La Libre…

"L'Eglise des purs", bientôt en faillite si l'on en croit La Libre Belgique.
Catholiques belges, vous voilà bien servis ! Et les jours qui viennent s’annoncent tout aussi palpitants. A défaut d’être informé correctement, notre petit parcours dans la presse « objective » de Belgique nous aura cependant permis de tirer quelques enseignements sur la manière dont les journalistes du Soir et de La Libre entendent dicter au bon peuple belge l’opinion juste, politiquement correcte. Sous couvert de citations bien choisies d’experts auto-patentés, il s’agit toujours de faire passer le même message manichéen : la hiérarchie vaticane est nécessairement réactionnaire et le fossé se creuse inexorablement avec la société civile naturellement progressiste, « en phase avec son temps ». Sauf que ceux qui contribuent le plus à creuser ce fossé sont justement les journalistes eux-mêmes, qui ne manquent jamais une occasion de saisir le manche de la pelle pour élargir la tranchée. Et on est bien obligé d’admettre que les journalistes du Soir et de La Libre Belgique, lorsqu’ils s’expriment sur Benoit XVI et le Vatican, ne sont plus des « baromètres » de l’opinion belge, ils sont plutôt des « faiseurs d’opinion ». Vous voulez des preuves de ce que nous avançons. Qu’il nous suffise de reprendre quelques-uns des articles consultés et de commenter les procédés et les extraits les plus hypocrites de leurs auteurs, sans concession ni langue de bois.
L’article du 16 janvier sur Herman Van Rompuy écrit par Pascal Martin a déjà été magistralement commenté sur un mode ironique par notre ami Jean (voir l’article précédent sur notre blog). Le procédé en est fort simple. Il est aujourd’hui interdit, sous peine de sanction médiatique immédiate, d’avoir des « liaisons dangereuses » avec des catholiques convaincus comme Monsieur Buttiglione. Pensez-donc, une conférence sur la doctrine sociale de l’Eglise à l’Université de Liège, quelle horreur ! Bouh bouh le vilain Van Rompuy ! Remarquons que Monsieur Martin n’est d’ailleurs pas très au fait de la sémantique lorsqu’il parle d’homophobie et qu’il s’aventure lui-même en terrain « dangereux ». Monsieur Buttilgione pourrait aisément lui intenter un procès pour diffamation. En effet, le fait que Monsieur Buttiglione ait qualifié l’homosexualité de « péché » au Parlement Européen en 2004 ne fait pas de lui un « homophobe ». Nous pouvons très bien considérer personnellement, en tant que catholique, un comportement sexuel comme antinaturel, sans pour autant stigmatiser ou rejeter la personne qui le pratique. Le danger d’articles comme ceux pondus par Monsieur Martin est qu’ils restreignent gravement le champ de la liberté d’expression et de pensée. Si l’on suit le raisonnement de Monsieur Martin, il est aujourd’hui des façons de raisonner et de penser qui n’ont plus le droit d’exister ; demain toute la Bible devra être mise à l’index parce qu'incompatible avec l'esprit du siècle. Comment ne pas voir en vérité dans l’article de Monsieur Martin autre chose que l’avertissement agressif d’un policier de la pensée bruxellois qui fait le gros doigt à l’actuel Président du Conseil européen en lui disant : « vos opinions catholiques sont aujourd’hui interdites pour cause de progrès de la société… défense de s’exprimer sur le sujet en public ». Nous voilà donc plongés dans des pratiques orwelliennes bien réelles sous le masque hypocrite d’une pseudo-neutralité. Est neutre celui qui ne croit pas en Dieu.

Les "liaisons dangereuses" de Herman Van Rompuy entouré de Mgr Schooyans et Rocco Buttiglione. Bouh le vilain !
Le procédé utilisé par La Libre Belgique d’aujourd’hui est somme toute identique, mais comme le journal est encore lu par un grand nombre de catholiques qui pourraient s’offusquer des attaques contre Monseigneur Léonard, il est plus pervers encore. Sur deux pages, le quotidien ex-catholique cite essentiellement des avis d’experts sur Monseigneur Léonard. Et devinez quoi… tous les avis cités sont hostiles. Même pas une petite ligne favorable sur l’action passée de Monseigneur Léonard. On y rappelle par exemple dans la colonne de gauche les propos d’hier de Laurette Onkelinx et surtout les paroles de la ministre qui menaçait le nouvel archevêque de représailles s'il s’avisait de critiquer certaines lois anticatholiques : « Cela dépend de lui ». Belle illustration de la liberté d’expression dans notre pays démocratique. Le même avertissement sentencieux est utilisé dans les articles du commissaire Laporte qui cite goulument en fin d’un premier article l’ancienne parlementaire CDV et religieuse Monica Van Kerrebroeck : « …elle a donc émis l’espoir qu’il mettra tout en œuvre pour être l’archevêque de tous les chrétiens et aussi qu’il entrera en dialogue avec la société belge, désormais multiculturelle et multireligieuse car sinon ce sera la crise ». Dans un second article, le triste sire Laporte renchérit avec gourmandise en citant Frédéric Antoine du mensuel catholique L’Appel : « Le choix de Monseigneur Léonard ce n’est pas une nouvelle ; il n’y a rien d’inattendu. Mais cela ne nous empêche pas d’exprimer de réelles craintes que cela ne renforce le divorce entre la hiérarchie et le peuple de Dieu ». Bref, tout le gratin catholique en col mao est de sortie dans La Libre Belgique pour commenter l’événement.

Christian Laporte. Journaliste "catholique" de la Libre Belgique. Les vieilles barbes ne sont pas toujours celles qu'on croit...
L’objectif, vous l’aurez compris, est de construire artificiellement le tableau d’une société civile belge entièrement hostile à Monseigneur Léonard. Il s’agit aussi de faire croire que les catholiques belges eux-mêmes sont largement réfractaires à cette nomination. Jamais il n’est venu à l’idée du commissaire Laporte et de son politburo bruxellois que si Monseigneur Léonard a été choisi, c’est peut-être aussi parce qu’il s’agit de l’Evêque qui affiche en Belgique le bilan le plus positif. Le séminaire Notre-Dame de Namur est celui qui compte en Belgique le plus grand nombre de séminaristes. Les autres diocèses francophones ont par exemple été obligés de délocaliser leur séminaire au sein d’un même organisme « Bruxelles-Louvain-la-Neuve ». Un choix stratégique qui cache mal leur manque de vocations. Et la situation n’est guère plus reluisante au nord du pays. Quant au caractère sclérosé de la foi en Belgique, il est évident aux yeux des analystes honnêtes que c’est dans le diocèse de Namur que la pratique y est la plus vivante. Tous ces éléments ne sont pas passés inaperçus au Vatican. Mais à leur évocation, La Libre est tout d’un coup frappée de cécité aggravée et préfère parler de collusion idéologique entre le pape et l’évêque de Namur pour expliquer sa nomination. Le commissaire Laporte et son politburo entretiennent ainsi l’illusion d’un évêque rétrograde entouré de quelques vieilles barbes réactionnaires qui plaisent à Benoit XVI. C’est à se demander si ces journalistes soi-disant progressistes sont vraiment les hommes de terrain qu’ils prétendent être ! Les vieilles barbes ne sont pas toujours celles qu’on croit !

Le séminaire de Namur, un succès de Monseigneur Léonard "malencontreusement" occulté par les journalistes.
L’erreur la plus funeste est faite aujourd’hui par Gabriel Ringlet dans Le Soir. Cet apôtre infatigable de la « foi en mouvement » commet des erreurs théologiques très graves pour quelqu’un censé être, selon les termes mêmes du Soir, « une figure qui compte au sein de la communauté catholique » : « Nous nous trouvons face à un très grand décalage entre l’évolution de la société globale – qui par bien des côtés est beaucoup plus mûre, jusque dans la plus petite paroisse (sic !) – et des responsables lointains, qui continuent à entretenir l’héritage, comme si l’héritage n’était pas constamment à réinterroger, afin qu’il vive, qu’il ait un avenir. (…) La doctrine catholique doit pouvoir être interrogée de fond en comble ! » Ainsi, si l’on suit bien l’absolutisme progressiste de Gabriel Ringlet, la foi est quelque-chose d’éminemment relatif, qui dépend toujours du monde extérieur où elle évolue. La foi catholique doit être soumise en permanence aux caprices sans fin des interrogations du moment. Toute personne un minimum sensée est bien obligée d’admettre que construire l’Eglise sur de pareils sables mouvants est une aberration philosophique. Car si tout est relatif à l’évolution de la société, à quoi bon continuer à croire puisque demain nos convictions seront déjà dépassées. A dire vrai, l’on se demande sincèrement si l’objectif de Monsieur Ringlet depuis tant et tant d’années n’est pas plutôt celui de la Tabula Rasa ! Une Eglise vidée de toute son histoire où il sera vraisemblablement élu pape par « l’opinion du peuple chrétien » acquis à sa cause. A force de « réinterroger » de « fond en comble » des pans entiers de la foi catholique, Monsieur Ringlet est sans nul doute à classer parmi ceux qui ont le plus contribué en Belgique à vider les églises au cours de ces dernières années.

Gabriel Ringlet déçu par le choix de Monseigneur Léonard : "La foi catholique doit pouvoir être interrogée de fond en comble"
Ces paroles convenues de Gabriel Ringlet sont d’ailleurs symptomatiques de l’erreur la plus fréquente commise par tous les journalistes lorsqu’ils s’expriment sur l’Eglise et subsidiairement sur le choix de Monseigneur Léonard : celle de faire croire à leurs lecteurs que le dogme catholique peut changer ; que ce dogme est juste une question de personne. Bref, que si un jour un pape progressiste arrive au Vatican, il pourra faire dire aux textes du Nouveau Testament ce qu’il veut et les « adapter » à l’évolution de la société, quitte à démentir ses prédécesseurs. Selon ces apôtres de la « religion en perpétuel devenir », ce qui a été affirmé jadis, en se basant sur les Ecritures elles-mêmes, concernant le mariage, la sexualité, la morale, sont des objets qui peuvent être soumis à un débat permanent. Ce faisant, ils confondent l’Eglise avec leur propre profession de « faiseurs d’opinion » et de polémistes. Or, il n’est jamais inutile de leur rappeler que les hommes d’Eglise comme Benoit XVI ou Monseigneur Léonard ne possèdent aucun copywright qui leur permettrait de disposer à leur guise des principes fondamentaux de la foi. Leur mission de pape ou d’évêque est de transmettre un message révélé il y a deux mille ans, en l’approfondissant certes au fil des siècles, mais en veillant surtout à ne jamais le travestir. On ne peut pas faire dire au Christ et à ses disciples ce qu’ils n’ont jamais dit ! Encore moins leur faire dire ce qu’ils ont explicitement condamnés !

Le rôle de Benoit XVI n'est pas d'"adapter" le message du Christ à la société mais de le transmettre sans travestissement ni trahison. L'erreur la plus fréquente des "faiseurs d'opinion" est de croire que le dogme évolue alors qu'il peut juste être approfondi.
Christophe
17:51 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : monseigneur léonard, malines, van rompuy, propagande anticatholique
16.01.2010
C'est trop beau...
Oh oui, c'est trop beau pour être vrai! Il faut que je vous raconte...
Ce matin, je suis allé prier à la cathédrale Saint-Paul. Chapelet en main (mais bien caché dans ma poche, parce que bon, quand même, je suis encore un peu tiède dans l'expression de ma foi...pardonnez-moi, Seigneur), je parcours les rues de Liège au rythme des Ave Maria et des Pater Noster tandis que les grains s'égrènent entre mes doigts. Je contourne Saint-Pholien, me dirigeant vers le pont des Arches. A la fenêtre d'une modeste maison, une dame âgée jette quelques miettes aux pigeons. Par la fenêtre entr'ouverte, j'apercois une belle statue de la Vierge. Cette dame d'apparence si simple récite sans doute l'Ave Maria tous les jours...Je la salue de coeur.
J'arrive place Cathédrale. Il faut lever les yeux au dessus de ces affreuses terrasses chauffées qui ont envahi l'espace pour admirer cet édifice. Oh, ce n'est pas le plus beau de Liège, mais quand même, il a de l'allure. Arrivé devant l'entrée, je jette un oeil à cette inscription sur le linteau: "Sancta Legia, Ecclesiae Romanae Filia". Sainte Liège, Fille de l'Eglise Romaine. "Ca a quand même de la cogne, cette inscription!", me dis-je au fond de moi-même. Seulement, Liège n'a plus grand'chose de saint! Si seulement les liégeois savaient le don de Dieu! Ce sera l'objet de ma prière.

Je reste une heure à prier. Saint-Lambert d'abord, longuement. Forcément, c'est grâce à lui que Liège existe, ou plutôt, c'est grâce au Christ en qui il avait foi que Liège est devenue, de village marécageux, cette fille de l'Eglise romaine. Il ne tient qu'à notre volonté de faire de notre cité ardente une flamme ardente de foi pour Notre Seigneur. Ce sera d'ailleurs Lui que je prierai en second (ordre peu protocolaire, je le concède!), devant le tabernacle ou se trouve le Saint-Sacrement. Ah! le Saint-Sacrement, quel mystère, quelle grandeur que cette présence de Notre Seigneur dans l'hostie! Et puis, quelle fête que celle qui célèbre cette présence! La Fête du Saint-Sacrement, ou Fête-Dieu, initiée par une liégeoise, Sainte-Julienne de Cornillon. On peut en être fier, car Saint Thomas d'Aquin (notre patron des étudiants) a lui-même composé la liturgie de cette fête! Mais je m'égare.
Je passe à la librairie, et là, que vois-je? La "une" du Soir où apparaissait ce titre: "Les liaisons dangereuses d'un président", avec la tête de Herman Van Rompuy. Je frémis. Notre président du cercle nous avait bien parlé d'un journaliste qui lui avait téléphoné pour se renseigner sur cette conférence. Etrange intérêt, trois mois après les faits. Si c'est pour une recension de l'évènement, les journalistes du Soir sont pire que des tortues! Parce que des communiqués de presse, on en a envoyé! Alors?

J'achète l'exemplaire, je fonce me coincer devant un bon café, le sourire aux lèvres à l'idée de ce que j'allais lire. Oui, le sourire, parce que je ne pouvais pas imaginer quoi que ce soit de bienveillant de la part de journalistes. Je lis donc...et je fus déçu. Non pas qu'ils étaient bienveillants, oh non. Il était méchant, comme peuvent l'être des journalistes aux ordres. Ils avaient eu vent que les interventions des trois invités allaient paraître aux éditions Fidélité, et ils s'étonnaient de ce que le nom de Van Rompuy soit associé à celui de Buttiglione. Pourquoi? Parce que Buttiglione, en 2004, a dit de vilaines choses sur les homosexuels. Quoi? Que l'homosexualité est un péché. C'est grave. Extrêmement grave. Médiatiquement, il s'est fait fusiller. Médiatiquement, il est mort. Alors comment expliquer sa présence à Liège, le 19 octobre dernier? Comment expliquer la parution d'un ouvrage sur lequel son nom apparaît? Et qui plus est, aux côtés de Van Rompuy? Incompréhensible. Oui, pour un capo de la bien-pensance, il y a là un mystère, qui l'agace de surcroit.
Je fus déçu. Pourquoi? Parce que je m'attendais à "du lourd", à des révélations croustillantes, à des attaques au lance-flammes, un déluge de napalm, bref, une mise à mort en bonne et due forme: Van Rompuy blessé, Buttiglione enterré, le cercle bombardé! Or, rien de tout ça! Une pitchnette, un petit pipi, aussi mou que celui du Manneken Pis! A peine un crachat dans l'oeil, et encore, un postillon! Non mais quoi? Buttiglione l'intégriste, ca aurait été super! Le cercle des réactionnaires, un titre du tonnerre! Van Rompuy, salaud de catho! Et pour terminer, Léonard, y'en a marre! Je sais pas moi, quelque chose qui sentait un peu la testostérone bon sang... Non, au lieu de ça, un mou "Bouh, c'est pas bien ça! Vilains...". Impressionnant.
Le plus comique dans l'histoire, c'est le côté "France-Dimanche" de l'annonce: les liaisons dangereuses. OUFTI!
Attention, sais-tu, ami lecteur! Nous allons te révéler des choses iiiiiiiiinnnnnnnnnnnncroyables, que même qu'on est les premiers à le dire! semble nous dire Le Soir. Van Rompuy avec un catholique, c'est dingue, non?
Bref, je suis rentré hilare, en remerciant le Seigneur de ce bon moment. Surtout, je prie pour la conversion de ces journalistes, englué dans l'esprit de ce siècle, dont le joug est bien plus lourd à porter que le joug de la foi en Notre Seigneur!
Jean

15:12 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : van rompuy; buttiglione

