09.06.2009
Le quatrième pouvoir
Et après, on nous dira que de telles manipulations sont "rêvées" par des paranoïaques complotistes, et que c'est ainsi qu'on en reviendrait à des périodes sombres de l'Histoire que l'on aimeraient croire révolues...blablabla
Celui qui a fait 16,2%
Celui qui a fait 16,28% a déclaré cette ignominie en 1982. Comme l'a indiqué Jean-Yves Le Gallou ce soir sur Radio Courtoisie, l'UMP a utilisé Daniel Cohn-Bendit pour affaiblir le PS :
Sa campagne a été complaisamment relayée par les médias.
La dénonciation de François Bayrou a été condamnée (avant même la diffusion du débat), tant par Arlette Chabot que par Xavier Bertrand. C'est Bayrou qui a officiellement dérapé...
La diffusion du film écolo-catastrophe, salué par le ministre de la culture, vendredi soir n'est pas anodin.
Source: http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/
Quand Bayrou dit qu'ils sont amis, il faut le croire. Pourquoi? Parce que l'idéologie de Mr Cohn-Bendit est strictement néo-libérales. La preuve par l'intéressé lui-même!
Derrière le masque médiatique
Le vrai visage de Daniel Cohn-Bendit
Article paru dans La Décroissance n°56-février 2009 (reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur)
Sous des dehors de garçon rebelle à la mèche folle, les options politiques de Daniel Cohn-Bendit, telles qu’il les a exposées dans un livre paru en 1998, sont dans la droite ligne du néo-libéralisme financier. L’ex-leader de Mai 68 milite au Parlement européen pour l’entrée des entreprises dans les écoles, la privatisation des services publics et le travail le dimanche. Cohn-Bendit dans le texte.
Alors que Daniel Cohn-Bendit lance avec José Bové la liste Europe Écologie, que la tête de liste des Vert en Ile-de-France se pique d’employer de temps en temps le terme de « décroissance », il est bon de se replonger dans les écrits de l’ex-leader de Mai 68, et plus particulièrement dans un livre paru en 1998 : Une envie de politique (La Découverte). Ce livre d’entretiens servira de profession de foi pour le candidat lors de sa campagne pour les élections européennes de 1999. À l’époque, il était déjà élu au Parlement à Bruxelles par le biais des Grünen (Verts) allemands.
Une envie de politique (1998) est le cri de ralliement de l’enfant de Mai 68 à l’économie de croissance néo-libérale. « Je suis pour le capitalisme et l’économie de marché », confesse Daniel Cohn-Bendit. La société est à ses yeux « inévitablement de marché ».
Privatiser la Poste
Ce credo économique se décline dans tous les domaines. Daniel Cohn-Bendit défend la course au moins-disant social : « Si Renault peut produire moins cher en Espagne, ce n’est pas scandaleux que Renault choisisse de créer des emplois plutôt en Espagne, où, ne l’oublions pas, il y a plus de 20 % de chômage. » Sur la culture, Daniel Cohn-Bendit défend la vision selon laquelle « l’artiste doit trouver lui-même son propre marché », sans subventions. « Eurodisney, avoue-t-il, je m’en fiche. Cela relève de la politique des loisirs. Je suis allé à Eurodisney avec mon fils, je ne vais pas en faire une maladie. Eurodisney, c’est un faux problème. »
L’ex-étudiant de Nanterre n’a rien contre le fait que les jeunes soient payés moins que le SMIC « si en échange d’un salaire réduit pendant trois ou quatre ans, on leur donne la garantie d’accéder ensuite à un emploi ordinaire ». Daniel Cohn-Bendit se déclare pour l’autonomie des établissements scolaires, pour qu’ils fassent sans l’État leurs propres choix de professeurs et d’enseignements. Il n’est pas opposé à l’appel aux fonds privés pour ces établissements afin de créer de « véritables joint-ventures avec les entreprises » et ajoute que « naturellement, l’industrie participerait aussi à la définition des contenus de l’enseignement, contrairement à ce que nous disions en 1968 ». « Mieux qu’Allègre !, résume l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur (26-11-1998). Avec Cohn-Bendit le mammouth n’aurait plus que la peau sur les os. »
Daniel Cohn-Bendit ne conçoit pas l’économie autrement que l’économie des multinationales, de la pub, de la globalisation et des TGV. Il le dit lui-même avec franchise : « Je suis persuadé que si on dit non à l’économie planifiée socialiste, on dit oui à l’économie de marché. Il n’y a rien entre les deux » (Libération, 6-1-1999). Il reprend à son compte la litanie des ultra-libéraux contre la dépense publique : « Je suis très ferme sur le déficit public. Par principe, tout écologiste conséquent doit être pour une limitation des dépenses publiques. » Les marchés publics doivent être ouverts à la concurrence. « Des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État. » Il insiste : « Il n’y a pas de raison qu’il existe un service public de télévision. »
Travail le dimanche
Alors que Sarkozy a dû lui-même reculer sur cette question fin 2008, dix ans plus tôt, Daniel Cohn-Bendit se déclare pour le travail le dimanche. « Il faut admettre que les machines travaillent sept jours sur sept, donc admettre le travail du week-end. » La légalisation du travail le dimanche est avant tout profitable aux multinationales contre les entreprises de type familial. Mais l’eurodéputé met sur le même plan ces deux économies différentes, argument connu et honteux pour faire avaler cette destruction du droit au repos : « J’ai toujours été hostile aux horaires obligatoires d’ouverture des magasins (…) Tout le monde est scandalisé par le travail le dimanche, mais un Français serait aussi scandalisé de ne pouvoir faire son marché ou acheter son pain le dimanche. » Au travers de son argumentation sur le travail le dimanche, on comprend mieux la logique « libérale-libertaire » de Cohn-Bendit et l’immense danger qu’elle comporte sous couvert de modernité et de rébellion. Dans l’extrait suivant, le côté « libertaire » prend appui sur la critique de la famille traditionnelle et le désir du « jeune » de s’amuser pour mieux avancer ses pions ultra-libéraux : « Les parents ont besoin d’être avec leurs enfants, mais il ne faut pas réduire les besoins des gens à ceux de la famille traditionnelle, parents avec enfants (…). Bien des jeunes, qui n’ont pas de contraintes ou de besoins familiaux sont prêts à travailler en VSD (vendredi-samedi-dimanche) comme on dit, pour être libres à un autre moment, voire travailler sept jours d’affilée s’ils ont ensuite une semaine de congés pour aller faire de la marche, de l’escalade ou toute autre chose dont ils ont envie. »
Le moderne contre l'archaïque
Daniel Cohn-Bendit reprend la rhétorique connue du modernisme contre l’archaïsme : la protection sociale doit « évoluer », la gauche défend « une vision bloquée de la société », l’extrême-gauche est « une forme de réaction conservatrice »…
Concernant l’Europe, il faut savoir que Daniel Cohn-Bendit a été un grand défenseur de l’euro et de l’indépendance de la Banque centrale européenne, qui empêche tout contrôle des États membres sur leur politique monétaire. En 1998, avec Olivier Duhamel, professeur à Sciences-Po Paris, il publie un Petit Dictionnaire de l’euro (Le Seuil). On peut y lire : « Chacun demeure libre de rêver d’un monde sans marchés financiers internationaux, sans libéralisation des échanges, sans globalisation de l’économie. Mais que gagnerait l’Europe, et chacun de ses peuples, à s’inscrire dans cette nostalgie ? »
Les contempteurs de l’Union européenne seraient des nostalgiques. Dans une tribune publiée dans Le Monde du 26 novembre 1998 « Pour une révolution démocratique », Daniel Cohn-Bendit s’en prend aux « antieuropéens » : « Selon eux, l’Europe organiserait le démantèlement des États-providence et servirait de marchepied à la mondialisation sauvage, caractérisée par la libre circulation des marchandises, des capitaux et par le pouvoir absolu des marchés financiers. Face à une Europe qui ne serait qu’un facteur de régression sociale, le cadre national resterait le plus approprié pour défendre les droits des salariés menacés par le capitalisme. » L’ex-rebelle choisit son camp : « Les pro-européens (…), pour qui l’Europe rend possible le progrès social dans le cadre d’un espace d’intégration supranational. Pour nous, elle agit comme un bouclier face au libre-échangisme, prend progressivement la place des États-nations traditionnels dans le domaine social et, à leurs faiblesses, substitue une nouvelle capacité d’action économique et financière. » Ici encore, le côté libertaire – l’attaque de l’État-nation – sert avant tout à permettre de déposséder les peuples de leur destin politique.
BHL a tout compris
En somme, si l’on me permet cette comparaison publicitaire, Daniel Cohn-Bendit, c’est le Canada Dry de la politique : ça a la couleur de la rébellion, l’odeur de la rébellion, le goût de la rébellion, mais ce n’est pas de la rébellion ; c’est juste l’idéologie capitaliste classique sous une face souriante et décoiffée. Un produit marketing redoutable.
L’éditorialiste Bernard Guetta ne se trompe pas quand il voit en lui l’image d’une génération « radicale dans le ton mais consensuelle et modérée dans ses solutions »(Le Nouvel Observateur, 26-11-1998). Bernard-Henri Lévy, lui, résume le phénomène Cohn-Bendit de manière lumineuse : « Il tient à peu de chose près le discours des gentils centristes, mais de façon tellement plus séduisante et convaincante. Il dit ce que les centristes disent depuis des années. Il tient sur l’euro des propos qu’eux-mêmes hésitent parfois à tenir. Et, miracle de la musique politique : les mêmes mots qui, dans leur bouche sonnaient économiste, marchand... apparaissent dans la sienne ludiques, sympathiques, généreux » (Le Point, 21-11-1998).
Sur la scène politique française, Daniel Cohn-Bendit servira de fait à affaiblir les alliés de la gauche traditionnelle dans le gouvernement de Lionel Jospin : les communistes et les chevènementistes. Georges-Marc Benamou l’explique le 26 novembre 1998 : « [Cohn-Bendit] est-il à même de gagner son second pari : dépasser le Parti communiste, son rival de trente ans ? Ce serait un véritable séisme pour la gauche qui gouverne (…) En introduisant son libéral-libertarisme, son anti-étatisme, son réformisme économique, Cohn-Bendit fendille le bloc des certitudes de la gauche social-démocrate frileuse. »
Les éditorialistes parisiens oublient un détail : les Verts avaient déjà devancé les communistes en 1989, lors de la candidature d’Antoine Waechter aux élections européennes. Les écologistes avaient obtenu 10,5 % contre 7,7 % pour le PCF. Mais Robert Hue était repassé à nouveau devant les Verts à la présidentielle de 1995 (8 % contre 3 % pour Dominique Voynet). Le 13 juin 1999, Daniel Cohn-Bendit change une deuxième fois le rapport de force entre les Verts et le PCF, en obtenant 9,7 % des voix, contre 6,7 % pour Hue. L’ex-leader de 68, avec tout son arsenal médiatique, fera moins qu’Antoine Waechter. Un détail que les journalistes ne mentionnent pas.
Au vu des options politiques de Daniel Cohn-Bendit, il faut inscrire sa victoire dans la lutte interne du parti socialiste entre les tenants d’une politique sociale véritable et les défenseurs du « socialisme moderne ». Alain Madelin, président de Démocratie libérale, résume très bien cette perspective politique : « Il est clair que sur certains sujets, comme les privatisations d’EDF ou des chemins de fer, la retraite par capitalisation, la concurrence et la sélection dans les universités, l’autonomie des établissements scolaires, Daniel Cohn-Bendit développe une approche libérale en contradiction avec le PS et les Verts. Puisse cette évolution permettre l’arrivée d’un libéralisme de gauche dans ce pays » (Le Figaro, 1-12-1998). Lionel Jospin, et Ségolène Royal après lui, choisira la voie du social-libéralisme en 2002. Avec le succès que l’on sait.
Enrichissez-vous !
« Centriste » revendiqué, Cohn-Bendit signe avec François Bayrou (UDF) dans Le Monde du 14 juin 2000 un texte intitulé « Pour que l’Europe devienne une démocratie ». La lune de miel entre le centriste béarnais et le vert allemand continue en 2005, lorsque les deux hommes feront des meetings communs pour défendre le traité constitutionnel européen (TCE). Cohn-Bendit ne nous étonnera pas sur ce point : il avait déjà été favorable au traité de Maastricht treize ans plus tôt.
Mais le couronnement de Dany-le-Jaune se fera, avec tribunes, journalistes et petits fours, lors de la deuxième université du Medef, alors dirigé par Ernest-Antoine Seillière. Les 1er et 2 septembre 2000, les patrons se réunissent sur le thème très chabaniste « Nouvelle économie, nouvelle société » et invitent l’eurodéputé à débattre. L’ex-rebelle accourt. Je vous livre des extraits du compte rendu du Figaro du même jour : « Ils étaient tout contents, les trois mille patrons en chemisettes réunis hier sur le campus HEC de Jouy-en-Josas, de s’être offert pour leur université d’été du Medef l’insaisissable Dany qui, quelques jours plus tôt, boudait ses amis les Verts (…) “Votre question, commence Dany, le capitalisme est-il moral ?, ne m’intéresse pas. Arrêtez ! laissez ça aux curés ! Le souci des capitalistes, c’est de gagner et ils ont raison.” »
Sophie Divry
15:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : manipulation médiatique; médias
04.05.2009
Paroles de Vie et de Vérité
Nous avons découvert sur internet un sermon de Monseigneur Rey prononcé le 6 avril, dimanche des rameaux. Ce magnifique enseignement de quinze minutes résume à nos yeux les enjeux du combat chrétien dans le monde de ce temps. Merci Monseigneur.
Le courage de la vérité - Homélie de Mgr Rey
envoyé par J1017
14:31 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.04.2009
SOLEIL VERT
Madame, Monsieur, amis et sympathisants du Cercle Gustave Thibon,
Le Cercle Gustave Thibon vous invite à la projection du film « Soleil Vert » le mercredi 6 mai 2009, 19h00, Université de Liège, place du XX août, salle Gothot (entrée gratuite, fléchage à partir de l'entrée principale). Sans vouloir dévoiler l’intrigue du film pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, il nous suffira de faire ici cette citation de Gustave Thibon qui vous mettra sur la piste :
« Vous êtes devenus un peuple de vieux », me disait un jour avec tristesse un étranger. L’expression prête à équivoque. Elle peut signifier que la proportion de vieillards est trop grande dans notre population à cause de la dénatalité ; elle peut vouloir dire aussi, ce qui est plus grave, que nos jeunes portent en eux des âmes de vieillards. Encore une fois, gardons-nous des condamnations massives. Mais il est trop vrai que la vertu de jeunesse s’en allait de nous. Comme l’arbre, l’homme déraciné tend à se flétrir.
A qualité d’âme égale, un paysan reste plus jeune qu’un habitant des cités. D’abord parce qu’il est en contact direct avec la vie, parce qu’il brasse perpétuellement des choses vivantes : un peu de cette jeunesse éternelle qui l’entoure passe nécessairement en lui. Ensuite, parce que sa destinée est toujours bordée d’imprévu : cette atmosphère d’espérance et de crainte qu’il respire, cette nécessité constante de faire effort, de s’adapter à des circonstances nouvelles alimentent en lui cette faculté d’attente, d’étonnement et de lutte, qui est l’essence même de la jeunesse. La route du paysan est sûre : suivant le rythme des mêmes saisons, il s’incline jusqu’à la mort sur les mêmes tâches. Mais ce n’est pas une route kilométrée par avance avec un distributeur automatique à chaque station : aucune année ne ressemble à une autre et chaque récolte est menacée. Or, on ne comprendra jamais assez quelle source de rajeunissement peut être pour l’homme le fait d’avoir toujours quelque-chose à sauver. La chose menacée et sauvée revêt une sorte de caractère sacré ; elle est douée d’une vertu mystérieuse qui fait vibrer l’âme dans ses fibres les plus profondes et réveille en nous l’enfant éternel. Le vieillard est celui qui n’a plus rien à sauver. C’est avec une émotion presque religieuse qu’un paysan déclare : « J’ai sauvé ma récolte. » On conçoit plus mal un commerçant qui dit : « J’ai sauvé mon bénéfice », et on ne conçoit plus du tout un employé qui dirait : « J’ai sauvé mon traitement. » Ces différences s’inscrivent d’ailleurs avec évidence dans les faits : il n’est que de comparer la vitalité physique et morale d’un vieux paysan, dont l’âme est sans cesse réchauffée par la communion avec la terre, à celle d’un vieux retraité sclérosé par la monotonie et la sécurité de son existence. (…)
Là où finit l’Etat, écrit Frédéric Nietzsche, là commence le chant de la nécessité. Une société où tout le monde attendrait tout de l’Etat serait celle où l’Etat ne pourrait plus rien donner à personne. Le paysan, parce qu’il est celui qui s’appuie le plus sur la nécessité, est aussi celui qui compte le moins sur l’Etat. Et par là, il est celui dont l’Etat a le plus besoin. L’Etat organise et distribue, il ne crée rien, et il n’est pas de plus sûr moyen de le détruire que de le traiter en providence absolue, que de le charger de suppléer à la paresse et aux défaillances des citoyens. (…) Hercule, luttant contre le géant qui, chaque fois qu’il touchait la terre retrouvait de nouvelles forces, dut, pour l’étouffer, le tenir soulevé au-dessus du sol. Ce mythe revêt aujourd’hui tout son sens. Il s’agit avant tout de ne pas perdre terre. Un peuple qui n’a plus de vrais contacts avec son sol est mûr pour l’esclavage… »
THIBON (Gustave), Retour au réel. Nouveaux diagnostics, Lyon, Editions Universitaires, 1946 (1943), p. 25-31.

15:35 Publié dans Activités du cercle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : soleil vert, meilleur des mondes, totalitarisme