14.11.2009
"Le Cri du Kot" de novembre!
Lors de la conférence précédente, nous avons eu la grâce de rencontrer quelques jeunes que le Seigneur a visiblement pris sous son aile! Il s'agit de jeunes étudiants namurois qui ont l'audace, que dis-je, l'outrecuidance!, de s'afficher non seulement catholique (arghh...l'affreux mot) mais en plus, ils osent distribuer un journal, mensuel de surcroît, où ils se permettent de dire la Vérité! Un vrai scandale! C'est au point qu'on arrache leurs affiches (tiens, nous aussi on a connu ça...), qu'on se moque d'eux, pire, qu'on les décause, notamment via Facebook, où un groupe Anti Cri du Kot a vu le jour (avec des réflexions d'un niveau affligeant...mais bon, c'est ça aussi l'université maintenant!)


Bref, le Christ dérange toujours autant, depuis deux mille ans, et c'est pas prêt de s'arrêter! Surtout, ce que nos ennemis (pour lesquels, sans doute à leur grand étonnement, nous prions tous les soirs!) ne parviennent pas à comprendre, c'est que notre patrie est dans le Ciel, et non ici bas. Si bien que les moqueries, les intimidations, voire les coups (oui, les coups, nous savons qu'un jour nous serons frappés pour notre foi) ne nous font rien, au contraire. Tout cela nous remplis de toujours plus d'Amour envers eux, envers ceux qui errent dans cette vallée de larmes bien camouflée sous les spotlights, les pubs, les plaisirs en tous genre, etc. Seul le Christ donne la Vie, pas le Mp3, et vous le savez quand, certains soirs, même après une bonne guindaille entre potes, la morosité vous rattrappe...
Allez, bonne lecture!
le_cri_du_kot_novembre_2009 [VERSION DEFINITIVE].pdf
00:46 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cri du kot, évangélisation
09.06.2009
Le quatrième pouvoir
Et après, on nous dira que de telles manipulations sont "rêvées" par des paranoïaques complotistes, et que c'est ainsi qu'on en reviendrait à des périodes sombres de l'Histoire que l'on aimeraient croire révolues...blablabla
Celui qui a fait 16,2%
Celui qui a fait 16,28% a déclaré cette ignominie en 1982. Comme l'a indiqué Jean-Yves Le Gallou ce soir sur Radio Courtoisie, l'UMP a utilisé Daniel Cohn-Bendit pour affaiblir le PS :
Sa campagne a été complaisamment relayée par les médias.
La dénonciation de François Bayrou a été condamnée (avant même la diffusion du débat), tant par Arlette Chabot que par Xavier Bertrand. C'est Bayrou qui a officiellement dérapé...
La diffusion du film écolo-catastrophe, salué par le ministre de la culture, vendredi soir n'est pas anodin.
Source: http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/
Quand Bayrou dit qu'ils sont amis, il faut le croire. Pourquoi? Parce que l'idéologie de Mr Cohn-Bendit est strictement néo-libérales. La preuve par l'intéressé lui-même!
Derrière le masque médiatique
Le vrai visage de Daniel Cohn-Bendit
Article paru dans La Décroissance n°56-février 2009 (reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur)
Sous des dehors de garçon rebelle à la mèche folle, les options politiques de Daniel Cohn-Bendit, telles qu’il les a exposées dans un livre paru en 1998, sont dans la droite ligne du néo-libéralisme financier. L’ex-leader de Mai 68 milite au Parlement européen pour l’entrée des entreprises dans les écoles, la privatisation des services publics et le travail le dimanche. Cohn-Bendit dans le texte.
Alors que Daniel Cohn-Bendit lance avec José Bové la liste Europe Écologie, que la tête de liste des Vert en Ile-de-France se pique d’employer de temps en temps le terme de « décroissance », il est bon de se replonger dans les écrits de l’ex-leader de Mai 68, et plus particulièrement dans un livre paru en 1998 : Une envie de politique (La Découverte). Ce livre d’entretiens servira de profession de foi pour le candidat lors de sa campagne pour les élections européennes de 1999. À l’époque, il était déjà élu au Parlement à Bruxelles par le biais des Grünen (Verts) allemands.
Une envie de politique (1998) est le cri de ralliement de l’enfant de Mai 68 à l’économie de croissance néo-libérale. « Je suis pour le capitalisme et l’économie de marché », confesse Daniel Cohn-Bendit. La société est à ses yeux « inévitablement de marché ».
Privatiser la Poste
Ce credo économique se décline dans tous les domaines. Daniel Cohn-Bendit défend la course au moins-disant social : « Si Renault peut produire moins cher en Espagne, ce n’est pas scandaleux que Renault choisisse de créer des emplois plutôt en Espagne, où, ne l’oublions pas, il y a plus de 20 % de chômage. » Sur la culture, Daniel Cohn-Bendit défend la vision selon laquelle « l’artiste doit trouver lui-même son propre marché », sans subventions. « Eurodisney, avoue-t-il, je m’en fiche. Cela relève de la politique des loisirs. Je suis allé à Eurodisney avec mon fils, je ne vais pas en faire une maladie. Eurodisney, c’est un faux problème. »
L’ex-étudiant de Nanterre n’a rien contre le fait que les jeunes soient payés moins que le SMIC « si en échange d’un salaire réduit pendant trois ou quatre ans, on leur donne la garantie d’accéder ensuite à un emploi ordinaire ». Daniel Cohn-Bendit se déclare pour l’autonomie des établissements scolaires, pour qu’ils fassent sans l’État leurs propres choix de professeurs et d’enseignements. Il n’est pas opposé à l’appel aux fonds privés pour ces établissements afin de créer de « véritables joint-ventures avec les entreprises » et ajoute que « naturellement, l’industrie participerait aussi à la définition des contenus de l’enseignement, contrairement à ce que nous disions en 1968 ». « Mieux qu’Allègre !, résume l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur (26-11-1998). Avec Cohn-Bendit le mammouth n’aurait plus que la peau sur les os. »
Daniel Cohn-Bendit ne conçoit pas l’économie autrement que l’économie des multinationales, de la pub, de la globalisation et des TGV. Il le dit lui-même avec franchise : « Je suis persuadé que si on dit non à l’économie planifiée socialiste, on dit oui à l’économie de marché. Il n’y a rien entre les deux » (Libération, 6-1-1999). Il reprend à son compte la litanie des ultra-libéraux contre la dépense publique : « Je suis très ferme sur le déficit public. Par principe, tout écologiste conséquent doit être pour une limitation des dépenses publiques. » Les marchés publics doivent être ouverts à la concurrence. « Des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État. » Il insiste : « Il n’y a pas de raison qu’il existe un service public de télévision. »
Travail le dimanche
Alors que Sarkozy a dû lui-même reculer sur cette question fin 2008, dix ans plus tôt, Daniel Cohn-Bendit se déclare pour le travail le dimanche. « Il faut admettre que les machines travaillent sept jours sur sept, donc admettre le travail du week-end. » La légalisation du travail le dimanche est avant tout profitable aux multinationales contre les entreprises de type familial. Mais l’eurodéputé met sur le même plan ces deux économies différentes, argument connu et honteux pour faire avaler cette destruction du droit au repos : « J’ai toujours été hostile aux horaires obligatoires d’ouverture des magasins (…) Tout le monde est scandalisé par le travail le dimanche, mais un Français serait aussi scandalisé de ne pouvoir faire son marché ou acheter son pain le dimanche. » Au travers de son argumentation sur le travail le dimanche, on comprend mieux la logique « libérale-libertaire » de Cohn-Bendit et l’immense danger qu’elle comporte sous couvert de modernité et de rébellion. Dans l’extrait suivant, le côté « libertaire » prend appui sur la critique de la famille traditionnelle et le désir du « jeune » de s’amuser pour mieux avancer ses pions ultra-libéraux : « Les parents ont besoin d’être avec leurs enfants, mais il ne faut pas réduire les besoins des gens à ceux de la famille traditionnelle, parents avec enfants (…). Bien des jeunes, qui n’ont pas de contraintes ou de besoins familiaux sont prêts à travailler en VSD (vendredi-samedi-dimanche) comme on dit, pour être libres à un autre moment, voire travailler sept jours d’affilée s’ils ont ensuite une semaine de congés pour aller faire de la marche, de l’escalade ou toute autre chose dont ils ont envie. »
Le moderne contre l'archaïque
Daniel Cohn-Bendit reprend la rhétorique connue du modernisme contre l’archaïsme : la protection sociale doit « évoluer », la gauche défend « une vision bloquée de la société », l’extrême-gauche est « une forme de réaction conservatrice »…
Concernant l’Europe, il faut savoir que Daniel Cohn-Bendit a été un grand défenseur de l’euro et de l’indépendance de la Banque centrale européenne, qui empêche tout contrôle des États membres sur leur politique monétaire. En 1998, avec Olivier Duhamel, professeur à Sciences-Po Paris, il publie un Petit Dictionnaire de l’euro (Le Seuil). On peut y lire : « Chacun demeure libre de rêver d’un monde sans marchés financiers internationaux, sans libéralisation des échanges, sans globalisation de l’économie. Mais que gagnerait l’Europe, et chacun de ses peuples, à s’inscrire dans cette nostalgie ? »
Les contempteurs de l’Union européenne seraient des nostalgiques. Dans une tribune publiée dans Le Monde du 26 novembre 1998 « Pour une révolution démocratique », Daniel Cohn-Bendit s’en prend aux « antieuropéens » : « Selon eux, l’Europe organiserait le démantèlement des États-providence et servirait de marchepied à la mondialisation sauvage, caractérisée par la libre circulation des marchandises, des capitaux et par le pouvoir absolu des marchés financiers. Face à une Europe qui ne serait qu’un facteur de régression sociale, le cadre national resterait le plus approprié pour défendre les droits des salariés menacés par le capitalisme. » L’ex-rebelle choisit son camp : « Les pro-européens (…), pour qui l’Europe rend possible le progrès social dans le cadre d’un espace d’intégration supranational. Pour nous, elle agit comme un bouclier face au libre-échangisme, prend progressivement la place des États-nations traditionnels dans le domaine social et, à leurs faiblesses, substitue une nouvelle capacité d’action économique et financière. » Ici encore, le côté libertaire – l’attaque de l’État-nation – sert avant tout à permettre de déposséder les peuples de leur destin politique.
BHL a tout compris
En somme, si l’on me permet cette comparaison publicitaire, Daniel Cohn-Bendit, c’est le Canada Dry de la politique : ça a la couleur de la rébellion, l’odeur de la rébellion, le goût de la rébellion, mais ce n’est pas de la rébellion ; c’est juste l’idéologie capitaliste classique sous une face souriante et décoiffée. Un produit marketing redoutable.
L’éditorialiste Bernard Guetta ne se trompe pas quand il voit en lui l’image d’une génération « radicale dans le ton mais consensuelle et modérée dans ses solutions »(Le Nouvel Observateur, 26-11-1998). Bernard-Henri Lévy, lui, résume le phénomène Cohn-Bendit de manière lumineuse : « Il tient à peu de chose près le discours des gentils centristes, mais de façon tellement plus séduisante et convaincante. Il dit ce que les centristes disent depuis des années. Il tient sur l’euro des propos qu’eux-mêmes hésitent parfois à tenir. Et, miracle de la musique politique : les mêmes mots qui, dans leur bouche sonnaient économiste, marchand... apparaissent dans la sienne ludiques, sympathiques, généreux » (Le Point, 21-11-1998).
Sur la scène politique française, Daniel Cohn-Bendit servira de fait à affaiblir les alliés de la gauche traditionnelle dans le gouvernement de Lionel Jospin : les communistes et les chevènementistes. Georges-Marc Benamou l’explique le 26 novembre 1998 : « [Cohn-Bendit] est-il à même de gagner son second pari : dépasser le Parti communiste, son rival de trente ans ? Ce serait un véritable séisme pour la gauche qui gouverne (…) En introduisant son libéral-libertarisme, son anti-étatisme, son réformisme économique, Cohn-Bendit fendille le bloc des certitudes de la gauche social-démocrate frileuse. »
Les éditorialistes parisiens oublient un détail : les Verts avaient déjà devancé les communistes en 1989, lors de la candidature d’Antoine Waechter aux élections européennes. Les écologistes avaient obtenu 10,5 % contre 7,7 % pour le PCF. Mais Robert Hue était repassé à nouveau devant les Verts à la présidentielle de 1995 (8 % contre 3 % pour Dominique Voynet). Le 13 juin 1999, Daniel Cohn-Bendit change une deuxième fois le rapport de force entre les Verts et le PCF, en obtenant 9,7 % des voix, contre 6,7 % pour Hue. L’ex-leader de 68, avec tout son arsenal médiatique, fera moins qu’Antoine Waechter. Un détail que les journalistes ne mentionnent pas.
Au vu des options politiques de Daniel Cohn-Bendit, il faut inscrire sa victoire dans la lutte interne du parti socialiste entre les tenants d’une politique sociale véritable et les défenseurs du « socialisme moderne ». Alain Madelin, président de Démocratie libérale, résume très bien cette perspective politique : « Il est clair que sur certains sujets, comme les privatisations d’EDF ou des chemins de fer, la retraite par capitalisation, la concurrence et la sélection dans les universités, l’autonomie des établissements scolaires, Daniel Cohn-Bendit développe une approche libérale en contradiction avec le PS et les Verts. Puisse cette évolution permettre l’arrivée d’un libéralisme de gauche dans ce pays » (Le Figaro, 1-12-1998). Lionel Jospin, et Ségolène Royal après lui, choisira la voie du social-libéralisme en 2002. Avec le succès que l’on sait.
Enrichissez-vous !
« Centriste » revendiqué, Cohn-Bendit signe avec François Bayrou (UDF) dans Le Monde du 14 juin 2000 un texte intitulé « Pour que l’Europe devienne une démocratie ». La lune de miel entre le centriste béarnais et le vert allemand continue en 2005, lorsque les deux hommes feront des meetings communs pour défendre le traité constitutionnel européen (TCE). Cohn-Bendit ne nous étonnera pas sur ce point : il avait déjà été favorable au traité de Maastricht treize ans plus tôt.
Mais le couronnement de Dany-le-Jaune se fera, avec tribunes, journalistes et petits fours, lors de la deuxième université du Medef, alors dirigé par Ernest-Antoine Seillière. Les 1er et 2 septembre 2000, les patrons se réunissent sur le thème très chabaniste « Nouvelle économie, nouvelle société » et invitent l’eurodéputé à débattre. L’ex-rebelle accourt. Je vous livre des extraits du compte rendu du Figaro du même jour : « Ils étaient tout contents, les trois mille patrons en chemisettes réunis hier sur le campus HEC de Jouy-en-Josas, de s’être offert pour leur université d’été du Medef l’insaisissable Dany qui, quelques jours plus tôt, boudait ses amis les Verts (…) “Votre question, commence Dany, le capitalisme est-il moral ?, ne m’intéresse pas. Arrêtez ! laissez ça aux curés ! Le souci des capitalistes, c’est de gagner et ils ont raison.” »
Sophie Divry
15:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : manipulation médiatique; médias
04.05.2009
Paroles de Vie et de Vérité
Nous avons découvert sur internet un sermon de Monseigneur Rey prononcé le 6 avril, dimanche des rameaux. Ce magnifique enseignement de quinze minutes résume à nos yeux les enjeux du combat chrétien dans le monde de ce temps. Merci Monseigneur.
Le courage de la vérité - Homélie de Mgr Rey
envoyé par J1017
14:31 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.03.2009
La théologie girouette...ou comment brader le Christ pour plaire au siècle.
L'interview du "théologien" Hans Küng est instructive à plus d'un titre. Tout d'abord parce qu'il nous dit clairement que le Concile Vatican II a intégré la Réforme et la Modernité. Ensuite parce que le pape n'aurait de compte à rendre à personne, si bien qu'il le considère comme plus puissant que le président des USA. Enfin, parce que l'Eglise devient une secte, et que ça, non non non, il ne faut pas! Or, comment faire pour éviter ce drame qui, il en est sûr, doit inquiéter la majeure partie de l'Europe, si pas du monde, voire de l'Univers? Mais pardi, en laissant les prêtres se marier, en permettant au peuple de voter pour son pape, etc. Voici son interview...hilarante! Après, vous trouverez la critique toujours juste, de Gérard Leclrec.
Hans Küng ou, comme Drewermann en son temps, quand la théologie sert la soupe à l'esprit du siècle!

| |
Comment analysez-vous la décision de Benoît XVI de lever l'excommunication de quatre évêques du courant intégriste de Mgr Lefebvre, dont l'un, Richard Williamson, est un négationniste affirmé ?
Je n'ai pas été surpris. Dès 1977, dans un entretien à un journal italien, Mgr Lefebvre indique que "des cardinaux soutiennent (son) courant" et que "le nouveau cardinal Ratzinger a promis d'intervenir auprès du pape pour (leur) trouver une solution". Cela montre que cette affaire n'est ni un problème nouveau ni une surprise. Benoît XVI a toujours beaucoup parlé avec ces personnes. Aujourd'hui, il lève leur excommunication, car il juge que le temps est venu. Il a pensé qu'il pourrait trouver une formule pour réintégrer les schismatiques, qui, tout en conservant leurs convictions, pourraient donner l'apparence qu'ils sont en accord avec le concile Vatican II. Il s'est bien trompé.
Comment expliquez-vous que le pape n'ait pas mesuré le tollé que sa décision allait susciter, au-delà même des propos négationnistes de Richard Williamson ?
La levée des excommunications n'a pas été un défaut de communication ou de tactique, mais elle a constitué une erreur de gouvernement du Vatican. Même si le pape n'avait pas connaissance des propos négationnistes de Mgr Williamson et même s'il n'est pas lui-même antisémite, chacun sait que les quatre évêques en question sont antisémites. Dans cette affaire, le problème fondamental, c'est l'opposition à Vatican II, et notamment le refus d'une relation nouvelle au judaïsme. Un pape allemand aurait dû considérer cela comme un point central et se montrer sans ambiguïté sur l'Holocauste. Il n'a pas mesuré le danger. Contrairement à la chancelière Angela Merkel, qui a vivement réagi.
Benoît XVI a toujours vécu dans un milieu ecclésiastique. Il a très peu voyagé. Il est resté enfermé au Vatican - qui est comme le Kremlin d'autrefois -, où il est préservé des critiques. Du coup, il n'a pas été capable de réaliser l'impact d'une telle décision dans le monde. Le secrétaire d'Etat, Tarcisio Bertone, qui pourrait être un contre-pouvoir, était son subordonné à la Congrégation pour la doctrine de la foi ; c'est un homme de doctrine, absolument soumis à Benoît XVI. On est face à un problème de structure. Il n'y aucun élément démocratique dans ce système, aucune correction. Le pape a été élu par des conservateurs, et aujourd'hui c'est lui qui nomme les conservateurs.
Dans quelle mesure peut-on dire que le pape est encore fidèle aux enseignements de Vatican II ?
Il est fidèle au concile, à sa manière. Il insiste toujours, comme Jean Paul II, sur la continuité avec la "tradition". Pour lui, cette tradition remonte à la période médiévale et hellénistique. Il ne veut surtout pas admettre que Vatican II a provoqué une rupture, par exemple, sur la reconnaissance de la liberté religieuse, combattue par tous les papes antérieurs au concile.
La conception profonde de Benoît XVI est qu'il faut accueillir le concile, mais qu'il convient de l'interpréter ; peut-être pas à la manière des lefebvristes, mais en tout cas dans le respect de la tradition et de manière restrictive. Il a par exemple toujours été critique sur la liturgie de Vatican II.
Au fond, Benoît XVI a une position ambiguë sur les textes du concile, car il n'est pas à l'aise avec la modernité et la réforme. Or Vatican II a représenté l'intégration du paradigme de la réforme et de la modernité dans l'Eglise catholique. Mgr Lefebvre ne l'a jamais accepté, et ses amis à la Curie non plus. En cela Benoît XVI a une certaine sympathie envers Mgr Lefebvre.
Par ailleurs, je trouve scandaleux que pour le cinquantième anniversaire du lancement du concile par Jean XXIII (en janvier 1959), le pape n'ait pas fait l'éloge de son prédécesseur, mais ait choisi de lever l'excommunication de personnes opposées à ce concile.
Quelle Eglise le pape Benoît XVI est-il en train de léguer à ses successeurs ?
Je pense qu'il défend l'idée du "petit troupeau". C'est un peu la ligne des intégristes, qui estiment que, même si l'Eglise perd beaucoup de ses fidèles, il y aura au final une Eglise élitiste, formée de "vrais" catholiques. C'est une illusion de penser que l'on peut continuer comme cela, sans prêtres, sans vocations. Cette évolution est clairement un mouvement de restauration. Cela se manifeste par la liturgie, mais aussi par des actes ou des gestes, par exemple lorsqu'il dit aux protestants que l'Eglise catholique est la seule vraie Eglise.
L'Eglise catholique est-elle en danger ?
L'Eglise risque de devenir une secte. Beaucoup de catholiques n'attendent plus rien de ce pape. Et c'est très douloureux.
Vous avez écrit : "Comment un théoricien aussi doué, aimable et ouvert que Joseph Ratzinger a pu changer à ce point et devenir le Grand Inquisiteur romain ?" Alors, comment ?
Je pense que le choc des mouvements de protestation de 1968 a ressuscité son passé. Ratzinger était conservateur. Durant le concile, il s'est ouvert, même s'il était déjà sceptique. Avec 68, il est revenu à des positions très conservatrice, qu'il a gardées jusqu'à aujourd'hui.
Le pape actuel peut-il encore corriger cette évolution ?
Quand il m'a reçu en 2005, il a fait un acte courageux et j'ai vraiment cru qu'il trouverait le chemin pour réformer, même lentement. Mais, en quatre ans, il a prouvé le contraire. Aujourd'hui, je me demande s'il est capable de faire quelque chose de courageux. Déjà, il faudrait qu'il reconnaisse que l'Eglise catholique traverse une crise profonde. Ensuite, il pourrait très facilement faire un geste pour les divorcés et dire qu'à certaines conditions ils peuvent être admis à la communion. Il pourrait corriger l'encyclique Humanae Vitae (qui a condamné toutes formes de contraception en 1968) en disant que dans certains cas la pilule est possible. Il pourrait corriger sa théologie, qui date du concile de Nicée (en 325). Il pourrait dire demain : "J'abolis la loi du célibat pour les prêtres." Il est beaucoup plus puissant que le président des Etats-Unis ! Il n'a pas à rendre compte à une Cour suprême ! Il pourrait aussi convoquer un nouveau concile.
Un Vatican III ?
Cela pourrait aider. Une telle réunion permettrait de régler des questions auxquelles Vatican II n'a pas répondu, comme le célibat des prêtres ou le contrôle des naissances. Il faudrait aussi prévoir un nouveau mode d'élection des évêques, dans lequel le peuple aurait davantage son mot à dire. La crise actuelle a suscité un mouvement de résistance. Beaucoup de fidèles refusent de revenir à l'ancien système. Même des évêques ont été obligés de critiquer la politique du Vatican. La hiérarchie ne peut l'ignorer.
Votre réhabilitation pourrait faire partie de ces gestes forts ?
Elle serait en tout cas plus facile que la réintégration des schismatiques ! Mais je n'y crois pas, car Benoît XVI se sent plus proche des intégristes que des gens comme moi, qui ont travaillé et accepté le concile.
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/02/24/pour-le...
Le "grand théologien" Hans Küng
par Gérard Leclerc,
samedi 28 février 2009
Décidément, Le Monde (24 février) enfonce le clou ! Il ouvre, ce soir, largement ses colonnes à l’ineffable Hans Küng qui, du point de vue de la suffisance, est champion absolu. Dirais-je mon opinion sur ce « grand théologien » (Le Monde), je risque d’être taxé de mépris. L’homme est tellement encensé qu’il souffrira bien une exception à la règle. Hans Küng a du brio, des connaissances incontestables. Mais je n’ai jamais perçu qu’il était à la hauteur des grands inspirateurs de Vatican II. Je pense même qu’il ne restera pas grand-chose de son œuvre dans quelques années, tandis que ceux qu’il considérait comme ses pairs continueront et pour longtemps à nourrir les générations futures.
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/02/24/pour-le...
Il fallait s’attendre à ce que cet agitateur profite du charivari des dernières semaines pour exprimer sa rancœur à l’égard de son ancien collègue de Tübingen. On peut dire qu’il ne lésine pas sur les formules : « L’Église risque de devenir une secte ». Pas moins ! On apprend encore que Benoît XVI est resté enfermé au Vatican - qui est comme le Kremlin d’autrefois - où il est préservé de critiques ». Voilà au moins qui est nuancé… Mais Küng est ainsi fait qu’il tape comme un sourd sur l’objet de son exécration. Si l’on s’intéresse à sa pensée, elle se réduit au fond à peu de chose : « Vatican II a représenté l’intégration du paradigme de la Réforme et de la Modernité dans l’Église catholique. » Ces mots, d’une redoutable simplicité, jouent comme des interdits, en s’imposant comme des absolus et des idoles. Sans doute y a-t-il beaucoup de choses intéressantes à retenir de la Réforme et de la Modernité, mais elles ne sauraient se constituer en normes de la foi, d’autant que cette même foi pourrait jouer à leur égard comme analyseur salutaire. La modernité est un fourre-tout philosophique et sociologique où il y a autant à admirer qu’à élaguer. Ceux qui en font le socle incontesté de leur conviction ne provoquent pas mon admiration. Ils sont la proie d’une étrange contradiction : alors que la modernité s’est voulue principe critique par excellence, il voudrait l’imposer comme un bloc. C’est pourquoi, n’en déplaise à Hans Küng ou autre dévots en modernité, j’écouterai toujours avec intérêt la voix des gens qui ne s’en sont jamais laissé conter là-dessus, qu’ils s’appellent Péguy ou Bernanos, Ellul ou Anders, Baudrillard ou Muray.
Quant au programme de notre « grand » théologien, il est également d’une redoutable simplicité. Fin de la discipline canonique pour les divorcés-remariés, abolition du célibat ecclésiastique et, comme disait Clavel, reconnaissance de l’Immaculée contraception. Avec cela, nul doute que tout le monde tombera à genoux. Il n’y manque que l’accession à l’épiscopat des homosexuels déclarés, et la modernité, ainsi que la réforme, seront comblées. Et l’Église, sans doute, avec un grand ouf, échappera à la condition sectaire. Question : Pourquoi mon cher Küng, l’Église d’Angleterre qui a déjà, avec empressement, accédé à tous vos vœux, stagne-t-elle, ou plutôt recule-t-elle vers un déclin qui apparaît sans remède ? Pourtant elle a parfaitement intégré votre paradigme. Cela ne l’empêche pas d’avoir aujourd’hui moins de pratiquants dominicaux que l’´Êglise catholique anglaise, qui compte beaucoup moins de baptisés. Hans Küng est aussi tributaire d’une étrange ecclésiologie. Celle qui lui donne à penser que Benoît XVI est « beaucoup plus puissant que le président des États-Unis ! Il n’a pas à rendre compte à une Cour suprême ». C’est littéralement aberrant. Benoît XVI n’a que la puissance que l’Évangile lui accorde, que la tradition lui reconnaît. Il a beaucoup plus qu’une cour constitutionnelle au-dessus de lui, l’autorité de la foi dont il n’est que le transmetteur. Mais, malheureusement, Hans Küng n’est qu’un très conformiste essayiste qui a toujours eu peur d’être en décalage avec ce qu’il croyait être son temps. À tous égards, il demeure l’homme « des courbettes » discerné depuis bien longtemps par son collègue Ratzinger. En somme, un timoré à qui il aura manqué l’audace des grands découvreurs de Dieu.
Voir la réponse du cardinal Sodano à Hans Küng dans un entretien accordé à Radio Vatican :
http://www.zenit.org/article-20290 ?l=french
Le commentaire de La Tribune de Genève
http://www.tdg.ch/actu/monde/hans-kueng-fache-eglise-cath...
22:48 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.01.2009
Le vilain monde...
Nous avons reçu par mail le texte suivant. Il s'agit d'une carte blanche faisant suite au licenciement de la rédactrice en chef, ainsi que de trois journalistes de l'hebdomadaire "Le vif-L'Express". Dans cette carte blanche, rédigée par l'Association de Journalistes Professionnels et quelques professeurs d'universités francophones, on ne peut qu'appuyer l'ahurissement qui habite nos pourfendeurs du groupe Roularta, représenté par Mr Amid Faljaoui, devant une décision apparemment mue par des considérations plus idéologiques qu'économiques.
Il n'empêche...Considérer ces licenciements comme plus qu'une péripétie douloureuse face à ceux qui se déroulent tous les jours en Belgique nous semble être un argument léger. Pourquoi est-ce pire? Parce qu'il s'agit de la presse? Et que la presse est garante de notre démocratie? Parce que les journalistes sont, selon l'expression convenue, les chiens de garde de la démocratie?
Dire que ce magazine avait fondé sa crédibilité sur sur "une totale indépendance d’analyse et de jugement, tant à l’ égard de ses propres actionnaires – le groupe flamand Roularta– que vis-à-vis des différents pouvoirs, politiques comme économiques, de la société belge" nous fait quelque peu sourire. Pourquoi? Parce que nous gardons à l'esprit le dossier que Le Vif consacra à la disparition des cathos, dossier qui se voulait d'une réelle objectivité, puisqu'il ne faisait, in fine , que reprendre les clichés, les stéréotypes et les préjugés les plus éculés sur l'Eglise Catholique. Mgr Harpigny était jugé comme un vilain parce que "rattaché à Rome", ce qui ne peut que faire rire quand on parle d'un évêque! On préférait interviewer le gentil prêtre progressiste pour qui l'Eglise, malheureusement, retournait en arrière (en arrière de quoi, on se le demande bien...pas le journaliste). On affirmait enfin, sans rire, que les cathos allaient disparaître, surtout si ils continuaient sur cette voie, celle tracée par un pape qui, quand même, a été dans les jeunesses hitlériennes...
Jamais nous ne remercierons assez Le Vif pour cette annalyse tonique, lucide et objective qui montre combien notre sort les interpelle! Surtout, on se demande vraiment où se trouve leur soi-disant totale indépendance face aux pouvoirs politiques quand, sur un tel sujet, ils ne font que reprendre et amplifier les visées politiques de nos idéologues en loge quand à la destruction des dernières miettes de la civilisation chrétienne. Que Le Vif devienne un magazine "aligné", cela est depuis longtemps, à nos yeux, le cas. Que l'on vienne crier combien le monde est vilain nous remplis d'une joie certaine tant ceux-là même qui le crient ne se rendent pas compte combien ils ont contribués à l'avènement de cette société libérale-libertaire...
A mort Le Vif? Non, car on ne frappe pas une dépouille...
MERCI DE FAIRE CIRCULER LARGEMENT
A la suite du licenciement brutal de quatre journalistes, y compris la rédactrice en chef, du principal hebdomadaire belge francophone d'actualité, Le Vif-L'Express (groupe Roularta), une "carte blanche" (texte ci-dessous) a été rédigée par l'Association des Journalistes Professionnels et par des professeurs d'université responsables des principales écoles de journalisme à Bruxelles et en Wallonie.
La publication de ce texte a été refusée par les deux quotidiens de référence en Belgique francophone, Le Soir et La Libre Belgique. Les auteurs de ce texte sont aussi consternés par ce refus que par les faits qui ont suscité le texte.
Contournant ce refus de même engager le débat, nous avons entrepris de faire circuler ce texte par tous les moyens disponibles en dehors des médias dont l'auto-censure ne fait que démontrer par l'absurde les constats très inquiétants soulignés par le texte.
Nous vous invitons à diffuser largement ce texte. Sa circulation virale démontrera la futilité des efforts de ceux qui pensent qu'il est encore possible aujourd'hui d'étouffer la circulation d'idées qui dérangent ceux qui, par ailleurs, se posent en défenseurs d'une société du dialogue et du débat.
_______________________________________________________________________________________________
La carte blanche rédigée par l'Association des Journalistes Professionnels et des professeurs d'université à propos du conflit au Vif et refusée par Le Soir et la Libre Belgique.
Un journalisme mis au pas
Le brutal licenciement signifié sans motif, le jeudi 22 janvier, à quatre journalistes chevronnées de l’hebdomadaire Le Vif /L’Express n’est pas qu’une péripétie douloureuse au sein d’une grande entreprise, comme il s’en déroule hélas chaque jour dans le pays. La mise à l’écart de collaboratrices qui comptent jusqu’à vingt ans d’ancienneté au sein du magazine, et qui en ont forgé les valeurs autant que la réputation, relève en l’occurrence d’une épuration dont les intentions manifestes sont inquiétantes pour la liberté rédactionnelle du Vif en particulier et pour le journalisme en général.
Le directeur du Vif/L’Express, qui s’était déjà signalé antérieurement à Trends/Tendances par une propension à distribuer des C4, et qui en est, au Vif, à 6 licenciements, 2 départs et 2 déplacements imposés, l’a précisé lui-même : aucune raison économique ne l’a poussé à congédier la rédactrice en chef et 3 rédactrices spécialisées l’une en politique intérieure, l’autre en sciences, la troisième en culture. Invoquant des relations dégradées entre l’équipe de rédaction et la rédactrice en chef, la direction – qui n’a pas réussi à résoudre ces problèmes – a choisi la manière la plus radicale d’y mettre fin. Le prétexte est non seulement léger mais, en outre, il ne concerne pas toutes les journalistes concernées.
La valse des licenciements, entamée au Vif voici bientôt trois ans, traduit en réalité une obsession constante : mettre au pas la rédaction du premier magazine d’information générale de la Communauté française, qui avait précisément fondé sa crédibilité sur une totale indépendance d’analyse et de jugement, tant à l’ égard de ses propres actionnaires – le groupe flamand Roularta– que vis-à-vis des différents pouvoirs, politiques comme économiques, de la société belge.
Durant plus de deux décennies, Le Vif/L’Express a pu défendre un journalisme exigeant, soucieux d’abord de la pertinence et de l’utilité, pour ses lecteurs, des sujets qu’il abordait. Au nom de cette éthique, il pouvait parfois estimer nécessaire de fâcher un annonceur, de heurter un ministre ou de consacrer une couverture à un thème moins vendeur. Tout cela n’est plus allé de soi dès l’instant où, inquiétée par une légère érosion des ventes, la haute direction de Roularta s’est laissée convaincre qu’il fallait remplacer les journalistes expérimentés, couper les têtes qui dépassent, et faire de la docilité aux impératifs économiques de l’entreprise un credo admissible.
L’éditeur du Vif n’est pas le seul à déposséder ainsi la rédaction de sa capacité à penser ses priorités et à définir ses champs d’action. En Belgique comme à l’étranger, trop d’entrepreneurs de presse choisissent, parfois sous le prétexte des difficultés économiques, d’appauvrir les contenus, de réduire les effectifs, de se priver de plumes critiques et d’esprits libres, de mettre au placard des talents fougueux, et de préférer des chefs et sous-chefs soumis.
Le Vif n’est pas le seul, mais il est l’unique hebdomadaire d’information générale largement diffusé en Communauté française. Ceux qui l’épuisent aujourd’hui de l’intérieur portent à cet égard une responsabilité devant l’ensemble de l’opinion.
A l’inquiétude pour l’avenir de ses journalistes chassés, mais aussi de ceux qui restent, s’ajoute la stupéfaction face à la brutalité sociale : convoquées un soir par un SMS sur leur portable, les quatre licenciées ont été renvoyées sur le champ de grand matin, avec interdiction formelle de repasser par la rédaction pour emporter des effets personnels. Deux heures sous surveillance leur ont été concédées, le samedi suivant, pour cette besogne. De quelle faute gravissime, de quel délit, ces quatre là étaient-elles donc coupables pour mériter un tel mépris ? Rien ne justifie une telle violence dans les relations sociales, qui en l’occurrence se double d’un réel mépris pour le droit du travail et contraste avec l’image de la paisible entreprise familiale qu’aime à se donner Roularta. La réaction de la Société des Journalistes du Vif – qui observait dès jeudi un arrêt de travail – comme le soutien inconditionnel de l’Association des Journalistes Professionnels et des syndicats, indiquent que la limite de l’acceptable a été franchie.
La crise financière, la chute des revenus publicitaires, la diversification technologique des médias et les investissements qu’elle réclame ne pourront jamais justifier à nos yeux que le journalisme soit réduit à sa seule valeur économique, que les journalistes ne soient plus les chiens de garde de la démocratie mais seulement des petits soldats zélés chargés de vendre des contenus formatés pour les impératifs commerciaux à court terme.
Nous avons besoin de rédactions expérimentées, en effectif suffisant, libres et indépendantes. Comme nous avons davantage besoin de matière grise, d’expertise, de culture et de réflexion journalistique étayée que de mise en scène spectaculaire de papiers vulgarisés à l’extrême pour plaire au plus grand nombre. Les comportements de certains managers et les plans d’économie concoctés au nord comme au sud du pays ne vont pas dans ce sens. Maintenons à nos médias leurs capacités intellectuelles : respectons les journalistes !
- Martine Simonis, Secrétaire Nationale de l'Association des Journalistes Professionnels
- Pascal Durand, Professeur ordinaire à l'ULg
- Benoit Grevisse, directeur de l'école de journalisme de Louvain (UCL)
- François Heinderyckx, Professeur ordinaire à l'ULB
- Claude Javeau, Professeur émérite de l'ULB
- Jean-Jacques Jespers, directeur de l'école universitaire de journalisme de Bruxelles (ULB)
- Hugues le Paige, journaliste
- Gabriel Ringlet, Professeur émérite de l'UCL
- Marc Sinnaeve, Président du Département journalisme de l'IHECS
00:16 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, censure, le vif
01.09.2008
Rentrée académique du CDF
Nous relayons avec plaisir l'annonce de la rentrée académique du Centre Diocésain de Formation.

Celle-ci se déroulera le lundi 8 septembre 2008, à partir de 18h, heure à laquelle Mgr Jousten célèbrera l'eucharistie. Il bénira également les finalistes du CDF, ainsi que l'admission au Séminaire de Ghislain Katambwa. Enfin, nous assisterons au lectorat des candidats au diaconat permanent.
A 19 heures, séance académique suivie, à 19h15, de la conférence inaugurale donnée par l'abbé J. Spronck sur le thème de "L'attente du messie dans le christianisme".
Enfin, à 19h45, verre de l'amitié et petite restauration.
18:19 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.05.2008
Un procès contre la nature
Voici une information intéressante trouvée sur le site du Figaro. La "judiciarisation" de la société, c'est aussi cela.
Le coq chantait, la voisine obtient 100 €
Exaspérée d'être réveillée la nuit par les chants du coq d'une ferme voisine, une femme a obtenu la condamnation du propriétaire du volatile à lui verser 100 euros de dommages et intérêts pour tapage nocturne.
"Si je tue Coco d'ici le 24 juin, je n'aurai pas à verser 100 euros de dommages et intérêts pour tapage nocturne", a commenté hier l'agriculteur Philippe Rosentritt, après la décision du tribunal de police de Mantes-la-Jolie (région parisienne).
Installé à Drocourt, un village de 400 habitants à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Paris, ce producteur de blé possède huit poules et un coq.
Depuis plusieurs années, sa voisine, dont la maison est accolée à sa ferme, porte régulièrement plainte pour tapage nocturne. "C'est l'éclairage public qui dérègle mes coqs: j'ai bien essayé de calfeutrer les fenêtres de la basse-cour mais apparemment ça ne lui suffit pas", explique l'agriculteur.
Selon le journal Le Parisien, la voisine affirme que le coq chante à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. "Je suis sous anxiolytiques et prends des médicaments pour dormir. Je n'en peux plus".
Résultat, après quatre assignations devant la justice, ce cultivateur a déjà versé 450 euros de dommages et intérêts. "Un coq qui chante à la campagne, c'est normal, non? Et les tourterelles qui roucoulent tous les matins sur les fils électriques, elle va faire un procès contre la nature, ou quoi?", a rétorqué M. Rosentritt."
15:02 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : nature, loi, justice, non-sens, coq
16.05.2008
Les Orthodoxes appellent l'UE à se soucier de la Christianophobie
Le 5 mai, les divers représentants des religions en Europe ont rencontré les représentants des institutions européennes. Henri Védas rapportait alors les drôles d'idées des évêques catholiques de la COMECE (structure représentant les épiscopats européens à Bruxelles), étrangement complaisants à l'égard de ces institutions.
On apprend aujourd'hui que lors de cette même rencontre, le représentant orthodoxe a fait part, lui, de certaines préoccupations légitimes. Mgr Hilarion (photo ci-contre) a fait observer :
"La population chrétienne dans différentes parties de la planète a besoin d'une plus grande protection de la part de l'Union Européenne".
Il a appelé à une condamnation officielle des cas de christianophobie et de discrimination des chrétiens. Il a aussi appelé les dirigeants de l’Union européenne à faire plus pour la préservation du patrimoine chrétien notamment au Kosovo, «où les églises sont détruites de façon barbare, où des milliers de chrétiens sont laissés sans toit et sont contraints à l'exil», et à Chypre dont la partie nord «est illégalement occupée par l'armée turque, où les églises sont soumises à la destruction et où la population chrétienne souffre cruellement».
Concernant la Turquie, il a remarqué que si elle souhaite entrer dans l’Union européenne, elle méprise en même temps la population chrétienne.
"En grande partie, la politique antichrétienne actuelle de la Turquie est basée sur le refus de reconnaître les crimes perpétrés par le passé contre la population chrétienne, en particulier le génocide des Arméniens, des Grecs et des Assyriens."
Source: Le Salon Beige
09:24 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianophobie, turquie, europe, génocide arménien, hilarion
15.05.2008
Du col Mao au Rotary, ou les idiots utiles du capitalisme
ERIC ZEMMOUR
13/05/2008 | Mise à jour : 14:39 |
La vague hédoniste de Mai 68 a favorisé la société de consommation. Et l'idéal libéral-libertaire a permis à certains soixante-huitards de faire carrière.
Karl Marx nous avait prévenus. Les événements historiques se répètent deux fois, la première en tragédie, la seconde en farce. Les enragés de Mai 68 avaient l'impression d'ajouter une page à celles, déjà glorieuses, des révolutions françaises : 1793, 1848, la Commune. En face, le général de Gaulle les avait précédés : mai 58 fut un Brumaire parfait. Et le voyage à Baden-Baden sera une fuite à Varennes réussie.
Un Mai 68 peut en cacher un autre : le combat décisif se déroule au sein de la gauche entre gauchistes et communistes, pour le contrôle de la classe ouvrière. Tout pousse communistes et gaullistes à une alliance objective : les souvenirs de la guerre ; la prédilection du grand frère soviétique pour la politique d'indépendance du Général ; et, plus profondément, une même conception du monde, qui repose sur le respect des hiérarchies, la famille patriarcale, le patriotisme. En face, les « gauchistes » sont de farouches internationalistes ; les dirigeants étudiants, qu'ils soient libertaires ou révolutionnaires puritains, croient encore pouvoir concilier les revendications sociales et sociétales. Leur rêve est d'entraîner la classe ouvrière derrière eux. Ce que ne tolèrent pas les communistes. La CGT leur ferme les portes de Renault Billancourt. Cette rencontre manquée est une des scènes fondatrices de notre modernité politique. Dépités, les chefs du mouvement étudiant conserveront un ressentiment profond, aggravé lorsque les ouvriers finiront par accepter les généreuses augmentations de salaires octroyées par les accords de Grenelle. Les ouvriers ne seront plus à leurs yeux que des petits-bourgeois. Ils avaient manqué à leur destin révolutionnaire. Il faudrait « dissoudre le peuple ». Les uns tourneront leurs regards (ils avaient commencé lors de la guerre d'Algérie) vers le sud de la Méditerranée, et ces nouveaux « damnés de la terre » ; les autres se tourneront vers les femmes, « l'opprimée de l'opprimé ». Karl Marx - encore lui ! - avait jadis analysé le rôle de « l'armée de réserve du capitalisme », qui accepte un salaire inférieur pour un travail similaire, et permet au patronat de contenir les revendications salariales des ouvriers en place. A partir des années 70, l'entrée massive des femmes et des immigrés sur le marché du travail tiendra ce rôle-là.
Mais les soixante-huitards n'en avaient cure. Ils étaient passés à autre chose. Les plus farouches, sans doute les Saint-Just ou les Baader qu'on n'aurait pas, s'en allèrent quérir auprès de Dieu la quête d'absolu que la politique n'avait pu leur donner. Les plus stratèges se convertirent à la religion des droits de l'homme, et, au nom de la lutte antitotalitaire, passèrent d'un maître à l'autre, d'un empire à l'autre, de l'URSS (avec un intermède chinois) à l'Amérique. Leur seule constante fut l'aversion pour la France, jetée aux poubelles de l'Histoire. Les plus talentueux, les plus soucieux de reconnaissance sociale, réussirent dans la publicité, les médias, la communication.
Le triomphe du narcissisme
Ils furent les fers de lance du nouveau capitalisme, qui reposait sur la consommation, et non plus sur l'épargne, l'hédonisme et non le puritanisme, l'individualisme et non plus la famille. Dès les années 60, l'Américain Christopher Lasch avait bien montré comment le narcissisme individualiste servait les intérêts de la nouvelle aliénation capitaliste. Dès 1978, Régis Debray montrait comment les libertaires soixante-huitards, en détruisant la famille patriarcale, la nation, l'Etat, les frontières, avaient abattu les derniers remparts à la domination du marché.
Avec beaucoup plus d'efficacité que les révolutionnaires soixante-huitards, les patrons du CAC 40 et leurs délocalisations, les technocrates de Bruxelles et de l'OMC, imposeraient partout la mort des frontières et l'affaiblissement des Etats. Et rétabliraient ainsi des taux de profit minés par l'inflation et la hausse des salaires.
C'est ainsi que nos « enragés de mai » jouèrent le rôle finalement peu enviable - mais très profitable à la carrière de ses figures les plus médiatiques - « d'idiots utiles » du capitalisme.
Source: http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/05/10/01006-...
10:19 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.05.2008
Mai 68...autre chose qu'une révolution de l'ego ?
Une initiative réalisée en collaboration avec le Service de Philosophie morale et politique de l'Université de Liège semble indiquer que l'"esprit de mai 68" a encore de beaux jours devant lui. Selon le communiqué de presse du comité organisateur du week-end "Actualités de Mai 68", l'initiative annoncée entend bouleverser les idées reçues sur le joli mois de mai. Pour notre part, nous pensons que ce communiqué ne fait que confirmer l'analyse réalisée par P. de Plunkett et que nous avons publiée dans le précédent message posté sur ce blog. Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de presse en soulignant les passages du texte qui prouvent amplement que, quoi que l'on fasse, on ne peut sortir des clichés de Mai 68. Nous commentons ensuite notre choix sans concessions ni langue de bois afin de susciter le débat d'idées. Libre à nos détracteurs de venir s'exprimer sur ce blog s'ils l'estiment nécessaire.
" Les 30, 31 mai et 1er juin, à l'Université de Liège et à Périple en la Demeure (à Limerlé, près de Gouvy dans les Ardennes), le monde universitaire et le monde associatif se rencontrent pour un week-end autour de Mai 68. Entre conférences-débats, tables rondes, expositions, projections, discussions, concerts, spectacles, le week-end « Actualités de Mai 68 » vise à montrer ce que fut Mai 68 en réalité, au-delà des idées reçues. Il est ouvert à tous, quels que soient l'âge et le diplôme.
Présentation :
Le week-end « Actualités de Mai 68 » veut être avant tout une entreprise de démystification de deux clichés qui circulent actuellement sur les pratiques et les pensées issues de Mai 68. Mai 68 aurait été une destruction des règles, une suppression de l’ordre, une abolition des institutions conduites par une glorification du désir délié de toute norme, en vue d'une pure et simple libération de l'individu. On tiendrait là le ferment du néo-libéralisme consumériste qui nous est contemporain. D'autre part, Mai 68 serait réductible, in fine, à une révolte minime de la bourgeoisie étudiante parisienne, révolte qui aurait donné un peu d'air à une société trop ordonnée, hiérarchisée, renfermée.
À rebours de ces clichés, nous soutenons au contraire que les mouvements de Mai 68 ont fait l'expérience de formes de vie qui, si elles voulaient en finir avec les rapports hiérarchisés d'autorité et de domination, n'en proposaient pas moins la création de rapports sociaux et inter-individuels dont la règle est l'égalité. Nous affirmons d'autre part que Mai 68 ne saurait être réduit à une révolte étudiante parisienne et que, comme tout événement social et politique, il s'inscrit dans une histoire, et surtout dans un contexte international (guerre du Vietnam, révolution culturelle chinoise, émeutes raciales aux Etats-Unis, etc.) qui en détermine les significations et qu'il contribue en retour à transformer. En ce sens, loin de rompre avec les idéaux d’émancipation cosmopolite et de marquer la naissance du relativisme et de l’individualisme, Mai 68 en serait à l'inverse une réactivation originale, à la fois pratique et théorique.
C'est à partir de là que Mai 68 cesse d'être le simple souvenir d'une révolution idéale, donnant lieu à de grand-messes commémoratives. Comprendre ce qui s'est passé et ce qui s'est pensé en Mai 68 est la condition pour que, aujourd'hui, Mai 68 vive encore et se renouvelle : pour que Mai 68 continue de transformer notre monde. Voilà pourquoi nous tenons à ce que le week-end organisé à l'ULg et à Périple en la Demeure soit ouvert à tous ceux qui, dans leurs luttes et leurs pratiques d'aujourd'hui, maintiennent vivants et actualisent l'esprit et la force critiques des mouvements de Mai.
Programme résumé :
Vendredi à l'Université de Liège, de 10h00 à 17h00 : Les pensées 68 ou l'universalité en question
Vendredi soir à Périple en la Demeure, dès 20h00 : Autour du Front Populaire
Samedi matin à Périple en la Demeure, de 10h00 à 12h30 : Etudiants et intellectuels – entre 68 et 2008
Samedi après-midi à Périple en la Demeure, de 14h00 à 19h30 : Le 68 ouvrier
Samedi soir à Périple en la Demeure, dès 20h00 : Musique et littérature
Dimanche à Périple en la Demeure, de 9h00 à 19h00 : 68-2008 : un mouvement international "
-----------------------------------------
Nos commentaires personnels :
Le terme "formes de vie" est admirablement bien choisi. En effet, voilà bien l'expression la plus aboutie du relativisme de l'idéologie soixante-huitarde : considérer que la vie n'a pas d'essence, de règles et de caractères permanents. Les "formes de vie" sont à réinventer continuellement et perpétuellement. Malgré les déclarations de bonnes intentions de l'initiative universitaire désirant dépasser le cliché "relativiste", plusieurs passages du communiqué indiquent clairement que ce relativisme est toujours revendiqué avec force par les néo soixante-huitards liégeois. Il faut que l'énergie de Mai 68 continue de "transformer le monde" dans les "luttes" et les "pratiques" d'aujourd'hui. La révolution doit être permanente sur le plan politique comme sur le plan individuel et l'égalité est un combat de tous les instants disait Trotsky, une des figures de référence de nombreux leaders étudiants de l'époque.
Les rapports sociaux "hiérarchisés" sont associés aux rapports de "domination". Effectivement, selon l'idéologie soixante-huitarde, notamment dans le domaine de la pédagogie, la transmission du savoir du "maître" vers le "disciple" n'est pas considérée comme une pratique éducative fondamentalement sage et naturelle. Que du contraire, le maître, malgré toute son expérience, n'a aucune prééminence sur son disciple, qui a autant de "richesses" à apporter à son instructeur que lui-même peut lui en apporter. Et si le Professeur, du haut de sa chaire, continue à considérer l'étudiant comme un individu à élever progressivement au rang de ses pairs professeurs, cela signifie indubitablement, aux yeux des héritiers de mai 68, que le maître exerce alors envers son disciple un rapport insupportable de domination. Ce rapport de domination doit donc être transformé en un rapport "inter-individuel dont la règle est l'égalité". Cette analyse est typique de l'utopie qui caractérise l'idéologie de 68, utopie allant jusqu'à nier le réel le plus basique. De par cette négation du réel, la concrétisation de l'idéologie soixante-huitarde ne peut d'ailleurs s'accompagner que d'une hypocrise gigantesque puisque le Professeur, acquis à cette néo-pédagogie, tentera de faire croire à son étudiant qu'il est son égal tandis que la réalité viendra continuellement démentir ce présupposé posé de façon purement arbitraire. La collaboration réciproque censée exister entre le Professeur et l'étudiant ne sera en défintive qu'une forme de manipulation déguisée, ce que les étudiants intelligents sont d'ailleurs loin d'ignorer dans les écoles. Cette lutte de Don Quichotte contre le réel, par essence "créateur d'inégalité", permet finalement d'expliquer assez bien ce besoin consubstantiel à l'idéologie néo-soixante-huitarde de vouloir continuellement transformer le monde imparfait : nous assistons tout simplement aujourd'hui encore aux circonvolutions effrénées d'aventuriers à la recherche de la Sainte Egalité qui n'existe pas et à laquelle le bon peuple lui-même ne croit pas.
Nous pensons pour notre part avec Nietzche que l'égalité n'est rien d'autre qu'un concept abstrait revendiqué par ceux qui désirent que leur ego et leur soif d'exister socialement soient érigés en dogmes absolus. Plutôt que de chercher à se dépasser perpétuellement pour acquérir un degré supérieur d'être ("Le Surhomme"), le "dernier homme" préfère contourner l'obstacle et poser dès le départ que tout est égal à tout. Nous ne voyons sincèrement pas en quoi nous sortons ici des clichés relativistes et individualistes de la mythologie soixante-huitarde. Au contraire, l'égalité érigée en tant que nouveau principe dirigeant la société vient pour ainsi dire consacrer le triomphe de l'individualisme. Selon cette idéologie, chaque individu en vaut un autre et la pierre que chacun apporte à l'édifice sociétal est strictement identique en valeur absolue. Le problème étant que, s'il n'existe que des ouvriers égaux pour construire l'onirique édifice de la société à venir, le futur bâtiment risque bien de s'écrouler un jour ou l'autre faute d'architecte et de chef de chantier. Mais sans doute l'asbl "Périple en la demeure" a-t-elle prévu de faire précéder ici le travail des ouvriers d'UTOPIA par l'activité neuronale de l'avant-garde du Prolétariat qui se réunira lors des rencontres intellectuelles annoncées à Liège et à Limerlé pour fin mai ?
Enfin nous ne voyons décidemment pas en quoi le fait de ne pas rompre avec les idéaux "d'émancipation cosmopolite" serait un élément se démarquant de l'imagerie fantasmée de mai 68. Les luttes des années 60 et 70 contre les effets désastreux de l'ultralibéralisme ou de l'impérialisme américain permettaient effectivement de rompre avec certaines habitudes de la société bourgeoise et nous ne remettons pas en cause le caractère juste de certaines de ces luttes, au-delà des récupérations politiques qu'elles ont pu susciter. Mais en l'occurence, l'utilisation dans le communiqué des termes "émancipation cosmopolite" indique clairement ici que cette lutte ne se résume pas seulement au combat contre les dérives de la société marchande, société que le Cercle Gustave Thibon dénonce pour sa part avec virulence lors de ses conférences. A nouveau, l'idéal trotskyste d'une révolution mondiale destructrice des frontières et des identités traditionnelles semble ici clairement envisagé. A cela, il suffira d'opposer le témoignage d'un habitant de Katmandou interrogé récemment à la télévision sur les effets de l'"émancipation cosmopolite" tant prônée à l'époque par les Hippies auprès des jeunes Népalais : "Ce fut une catastrophe, nos jeunes ont été contaminés par leur comportement, ils ne respectaient plus les coutumes ancestrales, ne voulaient plus travailler et passaient leur temps à palabrer dans les rues, à se droguer ou à courir les filles sans songer à fonder une famille stable et durable. Beaucoup de jeunes Népalais rêvaient aussi de partir en Occident pour découvrir la société européenne. Nous en avons beaucoup souffert." Et le journaliste de demander benoitement : "Comment avez-vous réagi alors ?" Réponse : "Nous avons chassé les Hippies et tout est plus ou moins rentré dans l'ordre"...Gageons qu'il sera plus difficile de faire de même en Europe puisque ce sont les mêmes Hippies revenus de Katmandou qui sont désormais aux commandes tandis que leurs fils spirituels peuplent désormais nos universités.
10:59 Publié dans Actualités, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note