31.05.2008

Un procès contre la nature

Voici une information intéressante trouvée sur le site du Figaro. La "judiciarisation" de la société, c'est aussi cela.

Le coq chantait, la voisine obtient 100 €

Exaspérée d'être réveillée la nuit par les chants du coq d'une ferme voisine, une femme a obtenu la condamnation du propriétaire du volatile à lui verser 100 euros de dommages et intérêts pour tapage nocturne.

"Si je tue Coco d'ici le 24 juin, je n'aurai pas à verser 100 euros de dommages et intérêts pour tapage nocturne", a commenté hier l'agriculteur Philippe Rosentritt, après la décision du tribunal de police de Mantes-la-Jolie (région parisienne).

Installé à Drocourt, un village de 400 habitants à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Paris, ce producteur de blé possède huit poules et un coq.

Depuis plusieurs années, sa voisine, dont la maison est accolée à sa ferme, porte régulièrement plainte pour tapage nocturne. "C'est l'éclairage public qui dérègle mes coqs: j'ai bien essayé de calfeutrer les fenêtres de la basse-cour mais apparemment ça ne lui suffit pas", explique l'agriculteur.

Selon le journal Le Parisien, la voisine affirme que le coq chante à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. "Je suis sous anxiolytiques et prends des médicaments pour dormir. Je n'en peux plus".

Résultat, après quatre assignations devant la justice, ce cultivateur a déjà versé 450 euros de dommages et intérêts. "Un coq qui chante à la campagne, c'est normal, non? Et les tourterelles qui roucoulent tous les matins sur les fils électriques, elle va faire un procès contre la nature, ou quoi?", a rétorqué M. Rosentritt."

16.05.2008

Les Orthodoxes appellent l'UE à se soucier de la Christianophobie

Le 5 mai, les divers représentants des religions en Europe ont rencontré les représentants des institutions européennes. Henri Védas rapportait alors les drôles d'idées des évêques catholiques de la COMECE (structure représentant les épiscopats européens à Bruxelles), étrangement complaisants à l'égard de ces institutions.

1252616016.gifOn apprend aujourd'hui que lors de cette même rencontre, le représentant orthodoxe a fait part, lui, de certaines préoccupations légitimes. Mgr Hilarion (photo ci-contre) a fait observer :

"La population chrétienne dans différentes parties de la planète a besoin d'une plus grande protection de la part de l'Union Européenne".

Il a appelé à une condamnation officielle des cas de christianophobie et de discrimination des chrétiens. Il a aussi appelé les dirigeants de l’Union européenne à faire plus pour la préservation du patrimoine chrétien notamment au Kosovo, «où les églises sont détruites de façon barbare, où des milliers de chrétiens sont laissés sans toit et sont contraints à l'exil», et à Chypre dont la partie nord «est illégalement occupée par l'armée turque, où les églises sont soumises à la destruction et où la population chrétienne souffre cruellement».

Concernant la Turquie, il a remarqué que si elle souhaite entrer dans l’Union européenne, elle méprise en même temps la population chrétienne.

"En grande partie, la politique antichrétienne actuelle de la Turquie est basée sur le refus de reconnaître les crimes perpétrés par le passé contre la population chrétienne, en particulier le génocide des Arméniens, des Grecs et des Assyriens."

Source: Le Salon Beige 

 

15.05.2008

Du col Mao au Rotary, ou les idiots utiles du capitalisme

ERIC ZEMMOUR
13/05/2008 | Mise à jour : 14:39 |

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La vague hédoniste de Mai 68 a favorisé la société de consommation. Et l'idéal libéral-libertaire a permis à certains soixante-huitards de faire carrière.

Karl Marx nous avait prévenus. Les événements historiques se répètent deux fois, la première en tragédie, la seconde en farce. Les enragés de Mai 68 avaient l'impression d'ajouter une page à celles, déjà glorieuses, des révolutions françaises : 1793, 1848, la Commune. En face, le général de Gaulle les avait précédés : mai 58 fut un Brumaire parfait. Et le voyage à Baden-Baden sera une fuite à Varennes réussie.

Un Mai 68 peut en cacher un autre : le combat décisif se déroule au sein de la gauche entre gauchistes et communistes, pour le contrôle de la classe ouvrière. Tout pousse communistes et gaullistes à une alliance objective : les souvenirs de la guerre ; la prédilection du grand frère soviétique pour la politique d'indépendance du Général ; et, plus profondément, une même conception du monde, qui repose sur le respect des hiérarchies, la famille patriarcale, le patriotisme. En face, les « gauchistes » sont de farouches internationalistes ; les dirigeants étudiants, qu'ils soient libertaires ou révolutionnaires puritains, croient encore pouvoir concilier les revendications sociales et sociétales. Leur rêve est d'entraîner la classe ouvrière derrière eux. Ce que ne tolèrent pas les communistes. La CGT leur ferme les portes de Renault Billancourt. Cette rencontre manquée est une des scènes fondatrices de notre modernité politique. Dépités, les chefs du mouvement étudiant conserveront un ressentiment profond, aggravé lorsque les ouvriers finiront par accepter les généreuses augmentations de salaires octroyées par les accords de Grenelle. Les ouvriers ne seront plus à leurs yeux que des petits-bourgeois. Ils avaient manqué à leur destin révolutionnaire. Il faudrait « dissoudre le peuple ». Les uns tourneront leurs regards (ils avaient commencé lors de la guerre d'Algérie) vers le sud de la Méditerranée, et ces nouveaux « damnés de la terre » ; les autres se tourneront vers les femmes, « l'opprimée de l'opprimé ». Karl Marx - encore lui ! - avait jadis analysé le rôle de « l'armée de réserve du capitalisme », qui accepte un salaire inférieur pour un travail similaire, et permet au patronat de contenir les revendications salariales des ouvriers en place. A partir des années 70, l'entrée massive des femmes et des immigrés sur le marché du travail tiendra ce rôle-là.

Mais les soixante-huitards n'en avaient cure. Ils étaient passés à autre chose. Les plus farouches, sans doute les Saint-Just ou les Baader qu'on n'aurait pas, s'en allèrent quérir auprès de Dieu la quête d'absolu que la politique n'avait pu leur donner. Les plus stratèges se convertirent à la religion des droits de l'homme, et, au nom de la lutte antitotalitaire, passèrent d'un maître à l'autre, d'un empire à l'autre, de l'URSS (avec un intermède chinois) à l'Amérique. Leur seule constante fut l'aversion pour la France, jetée aux poubelles de l'Histoire. Les plus talentueux, les plus soucieux de reconnaissance sociale, réussirent dans la publicité, les médias, la communication.

Le triomphe du narcissisme

Ils furent les fers de lance du nouveau capitalisme, qui reposait sur la consommation, et non plus sur l'épargne, l'hédonisme et non le puritanisme, l'individualisme et non plus la famille. Dès les années 60, l'Américain Christopher Lasch avait bien montré comment le narcissisme individualiste servait les intérêts de la nouvelle aliénation capitaliste. Dès 1978, Régis Debray montrait comment les libertaires soixante-huitards, en détruisant la famille patriarcale, la nation, l'Etat, les frontières, avaient abattu les derniers remparts à la domination du marché.

Avec beaucoup plus d'efficacité que les révolutionnaires soixante-huitards, les patrons du CAC 40 et leurs délocalisations, les technocrates de Bruxelles et de l'OMC, imposeraient partout la mort des frontières et l'affaiblissement des Etats. Et rétabliraient ainsi des taux de profit minés par l'inflation et la hausse des salaires.

C'est ainsi que nos « enragés de mai » jouèrent le rôle finalement peu enviable - mais très profitable à la carrière de ses figures les plus médiatiques - « d'idiots utiles » du capitalisme.

Source: http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/05/10/01006-... 

05.05.2008

Mai 68...autre chose qu'une révolution de l'ego ?

Une initiative réalisée en collaboration avec le Service de Philosophie morale et politique de l'Université de Liège semble indiquer que l'"esprit de mai 68" a encore de beaux jours devant lui. Selon le communiqué de presse du comité organisateur du week-end "Actualités de Mai 68", l'initiative annoncée entend bouleverser les idées reçues  sur le joli mois de mai. Pour notre part, nous pensons que ce communiqué ne fait que confirmer l'analyse réalisée par P. de Plunkett et que nous avons publiée dans le précédent message posté sur ce blog. Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de presse en soulignant les passages du texte qui prouvent amplement que, quoi que l'on fasse, on ne peut sortir des clichés de Mai 68. Nous commentons ensuite notre choix sans concessions ni langue de bois afin de susciter le débat d'idées. Libre à nos détracteurs de venir s'exprimer sur ce blog s'ils l'estiment nécessaire.

" Les 30, 31 mai et 1er juin, à l'Université de Liège et à Périple en la Demeure (à Limerlé, près de Gouvy dans les Ardennes), le monde universitaire et le monde associatif se rencontrent pour un week-end autour de Mai 68. Entre conférences-débats, tables rondes, expositions, projections, discussions, concerts, spectacles, le week-end « Actualités de Mai 68 » vise à montrer ce que fut Mai 68 en réalité, au-delà des idées reçues. Il est ouvert à tous, quels que soient l'âge et le diplôme.

Présentation :

Le week-end « Actualités de Mai 68 » veut être avant tout une entreprise de démystification de deux clichés qui circulent actuellement sur les pratiques et les pensées issues de Mai 68. Mai 68 aurait été une destruction des règles, une suppression de l’ordre, une abolition des institutions conduites par une glorification du désir délié de toute norme, en vue d'une pure et simple libération de l'individu. On tiendrait là le ferment du néo-libéralisme consumériste qui nous est contemporain. D'autre part, Mai 68 serait réductible, in fine, à une révolte minime de la bourgeoisie étudiante parisienne, révolte qui aurait donné un peu d'air à une société trop ordonnée, hiérarchisée, renfermée.

À rebours de ces clichés, nous soutenons au contraire que les mouvements de Mai 68 ont fait l'expérience de formes de vie qui, si elles voulaient en finir avec les rapports hiérarchisés d'autorité et de domination, n'en proposaient pas moins la création de rapports sociaux et inter-individuels dont la règle est l'égalité. Nous affirmons d'autre part que Mai 68 ne saurait être réduit à une révolte étudiante parisienne et que, comme tout événement social et politique, il s'inscrit dans une histoire, et surtout dans un contexte international (guerre du Vietnam, révolution culturelle chinoise, émeutes raciales aux Etats-Unis, etc.) qui en détermine les significations et qu'il contribue en retour à transformer. En ce sens, loin de rompre avec les idéaux d’émancipation cosmopolite et de marquer la naissance du relativisme et de l’individualisme, Mai 68 en serait à l'inverse une réactivation originale, à la fois pratique et théorique.

C'est à partir de là que Mai 68 cesse d'être le simple souvenir d'une révolution idéale, donnant lieu à de grand-messes commémoratives. Comprendre ce qui s'est passé et ce qui s'est pensé en Mai 68 est la condition pour que, aujourd'hui, Mai 68 vive encore et se renouvelle : pour que Mai 68 continue de transformer notre monde. Voilà pourquoi nous tenons à ce que le week-end organisé à l'ULg et à Périple en la Demeure soit ouvert à tous ceux qui, dans leurs luttes et leurs pratiques d'aujourd'hui, maintiennent vivants et actualisent l'esprit et la force critiques des mouvements de Mai.

Programme résumé :

Vendredi à l'Université de Liège, de 10h00 à 17h00 : Les pensées 68 ou l'universalité en question

Vendredi soir à Périple en la Demeure, dès 20h00 : Autour du Front Populaire

Samedi matin à Périple en la Demeure, de 10h00 à 12h30 : Etudiants et intellectuels – entre 68 et 2008

Samedi après-midi à Périple en la Demeure, de 14h00 à 19h30 : Le 68 ouvrier

Samedi soir à Périple en la Demeure, dès 20h00 : Musique et littérature

Dimanche à Périple en la Demeure, de 9h00 à 19h00 : 68-2008 : un mouvement international "

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Nos commentaires personnels : 

Le terme "formes de vie" est admirablement bien choisi. En effet, voilà bien l'expression la plus aboutie du relativisme de l'idéologie soixante-huitarde : considérer que la vie n'a pas d'essence, de règles et de caractères permanents. Les "formes de vie" sont à réinventer continuellement et perpétuellement. Malgré les déclarations de bonnes intentions de l'initiative universitaire désirant dépasser le cliché "relativiste", plusieurs passages du communiqué indiquent clairement que ce relativisme est toujours revendiqué avec force par les néo soixante-huitards liégeois. Il faut que l'énergie de Mai 68 continue de "transformer le monde" dans les "luttes" et les "pratiques" d'aujourd'hui. La révolution doit être permanente sur le plan politique comme sur le plan individuel et l'égalité est un combat de tous les instants disait Trotsky, une des figures de référence de nombreux leaders étudiants de l'époque.

Les rapports sociaux "hiérarchisés" sont associés aux rapports de "domination". Effectivement, selon l'idéologie soixante-huitarde, notamment dans le domaine de la pédagogie, la transmission du savoir du "maître" vers le "disciple" n'est pas considérée comme une pratique éducative fondamentalement sage et naturelle. Que du contraire, le maître, malgré toute son expérience, n'a aucune prééminence sur son disciple, qui a autant de "richesses" à apporter à son instructeur que lui-même peut lui en apporter. Et si le Professeur, du haut de sa chaire, continue à considérer l'étudiant comme un individu à élever progressivement au rang de ses pairs professeurs, cela signifie indubitablement, aux yeux des héritiers de mai 68, que le maître exerce alors envers son disciple un rapport insupportable de domination. Ce rapport de domination doit donc être transformé en un rapport "inter-individuel dont la règle est l'égalité". Cette analyse est typique de l'utopie qui caractérise l'idéologie de 68, utopie allant jusqu'à nier le réel le plus basique. De par cette négation du réel, la concrétisation de l'idéologie soixante-huitarde ne peut d'ailleurs s'accompagner que d'une hypocrise gigantesque puisque le Professeur, acquis à cette néo-pédagogie, tentera de faire croire à son étudiant qu'il est son égal tandis que la réalité viendra continuellement démentir ce présupposé posé de façon purement arbitraire. La collaboration réciproque censée exister entre le Professeur et l'étudiant ne sera en défintive qu'une forme de manipulation déguisée, ce que les étudiants intelligents sont d'ailleurs loin d'ignorer dans les écoles. Cette lutte de Don Quichotte contre le réel, par essence "créateur d'inégalité", permet finalement d'expliquer assez bien ce besoin consubstantiel à l'idéologie néo-soixante-huitarde de vouloir continuellement  transformer le monde imparfait : nous assistons tout simplement aujourd'hui encore aux circonvolutions effrénées d'aventuriers à la recherche de la Sainte Egalité qui n'existe pas et à laquelle le bon peuple lui-même ne croit pas.

Nous pensons pour notre part avec Nietzche que l'égalité n'est rien d'autre qu'un concept abstrait revendiqué par ceux qui désirent que leur ego et leur soif d'exister socialement soient érigés en dogmes absolus. Plutôt que de chercher à se dépasser perpétuellement pour acquérir un degré supérieur d'être ("Le Surhomme"), le "dernier homme" préfère contourner l'obstacle et poser dès le départ que tout est égal à tout. Nous ne voyons sincèrement pas en quoi nous sortons ici des clichés relativistes et individualistes de la mythologie soixante-huitarde. Au contraire, l'égalité érigée en tant que nouveau principe dirigeant la société vient pour ainsi dire consacrer le triomphe de l'individualisme. Selon cette idéologie, chaque individu en vaut un autre et la pierre que chacun apporte à l'édifice sociétal est strictement identique en valeur absolue. Le problème étant que, s'il n'existe que des ouvriers égaux pour construire l'onirique édifice de la société à venir, le futur bâtiment risque bien de s'écrouler un jour ou l'autre faute d'architecte et de chef de chantier. Mais sans doute l'asbl "Périple en la demeure" a-t-elle prévu de faire précéder ici le travail des ouvriers d'UTOPIA par l'activité neuronale de l'avant-garde du Prolétariat qui se réunira lors des rencontres intellectuelles annoncées à Liège et à Limerlé pour fin mai ?

Enfin nous ne voyons décidemment pas en quoi le fait de ne pas rompre avec les idéaux "d'émancipation cosmopolite" serait un élément se démarquant de l'imagerie fantasmée de mai 68. Les luttes des années 60 et 70 contre les effets désastreux de l'ultralibéralisme ou de l'impérialisme américain permettaient effectivement de rompre avec certaines habitudes de la société bourgeoise et nous ne remettons pas en cause le caractère juste de certaines de ces luttes, au-delà des récupérations politiques qu'elles ont pu susciter. Mais en l'occurence, l'utilisation dans le communiqué des termes "émancipation cosmopolite" indique clairement ici que cette lutte ne se résume pas seulement au combat contre les dérives de la société marchande, société que le Cercle Gustave Thibon dénonce pour sa part avec virulence lors de ses conférences. A nouveau, l'idéal trotskyste d'une révolution mondiale destructrice des frontières et des identités traditionnelles semble ici clairement envisagé. A cela, il suffira d'opposer le témoignage d'un habitant de Katmandou interrogé récemment à la télévision sur les effets de l'"émancipation cosmopolite" tant prônée à l'époque par les Hippies auprès des jeunes Népalais : "Ce fut une catastrophe, nos jeunes ont été contaminés par leur comportement, ils ne respectaient plus les coutumes ancestrales, ne voulaient plus travailler et passaient leur temps à palabrer dans les rues, à se droguer ou à courir les filles sans songer à fonder une famille stable et durable. Beaucoup de jeunes Népalais rêvaient aussi de partir en Occident pour découvrir la société européenne. Nous en avons beaucoup souffert." Et le journaliste de demander benoitement : "Comment avez-vous réagi alors ?" Réponse : "Nous avons chassé les Hippies et tout est plus ou moins rentré dans l'ordre"...Gageons qu'il sera plus difficile de faire de même en Europe puisque ce sont les mêmes Hippies revenus de Katmandou qui sont désormais aux commandes tandis que leurs fils spirituels peuplent désormais nos universités.

 

 

24.03.2008

Par sa mort, Il a vaincu la mort

Le Christ guerrier,

scène centrale de la châsse de Saint Hadelin (XIe S),

collégiale de Visé, Belgique

 

 

SAINTE FETE DE PAQUES!

10.03.2008

Les chinois et Mammon

1172145819.jpgBible en chinois


 

À Nankin, Amity Printing Press, la principale maison d’édition chrétienne officielle en Chine, prévoit d'ouvrir, en 2008, une nouvelle imprimerie pouvant produire jusqu’à un million de bibles par mois. Cette nouvelle usine, qui sera la plus grande imprimerie de bibles au monde, vise principalement à répondre à la forte demande nationale. Ces vingt dernières années, la maison d’édition a pu imprimer quelque 50 millions de bibles; en 2007, 3,5 millions d’exemplaires sont sortis des rotatives, écoulés à 80 % sur le marché domestique.

     En Chine, pays officiellement athée, la demande de bibles n’a fait que croître ces dernières années et, selon certains observateurs, cette tendance a un lien avec le boom économique du pays. « Alors qu’aujourd’hui, la société chinoise connaît un effondrement des valeurs morales au profit du pouvoir de l’argent, de plus en plus de Chinois se tournent vers le christianisme (Li Baiguang, militant chrétien et avocat).

Gérard Blais
directeur du Centre biblique Har'el
Saint-Augustin, QC  

(Source: http://www.interbible.org/)

 

"Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon" (Mt 6,24) Manifestement, ils sont quelques uns en Chine a avoir entendu cet avertissement!

La sécularisation des esprits

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08/03/2008 15:14
CITE DU VATICAN, 8 mars 2008 (AFP) - Benoît XVI: la sécularisation "nuit" au sein-même de l'Eglise

Le pape Benoît XVI a dénoncé samedi le phénomène de la sécularisation qui "dénature de l'intérieur la foi chrétienne", et qui via "l'hédonisme" et "le consumérisme" se manifeste "au sein même de l'Eglise" et vient "nuire à la vie ecclésiale".

"La sécularisation envahit tous les aspects de la vie quotidienne et permet le développement d'une mentalité dans laquelle Dieu est rendu absent, en partie ou en totalité, de l'existence et de la conscience humaine", a déclaré le pape devant l'assemblée plénière du conseil pontifical pour la Culture.

Cette sécularisation "n'est pas seulement une menace extérieure pour les croyants, mais elle se manifeste déjà depuis quelque temps au sein même de l'Eglise", a souligné Benoît XVI dans un discours communiqué par le Vatican.

"Elle dénature de l'intérieur et en profondeur la foi chrétienne, et, en conséquence, le style de vie et le comportement quotidien des croyants", a-t-il ajouté.

Le pape a notamment dénoncé "la mentalité hédoniste et consumériste prédominante qui favorise, chez les croyants comme chez leurs guides, une dérive vers la superficialité et un égocentrisme qui nuit à la vie ecclésiale".

(Source: http://www.la-croix.com/afp.static/pages/080308141402.0h0...)

 

Ce que dit le pape peut paraître choquant, et déjà j'entends certains croyants s'offenser d'une nouvelle déclaration "réactionnaire" de ce pape qui, pour beaucoup, ferait bien d'être rappelé au Ciel le plus rapidement possible. Cependant, c'est là une réalité que tout catholique peut constater: quand on ne voit plus l'hostie que comme un vulgaire morceau de pain, la messe que comme une réunion amicale et l'Eglise que comme une centrale de services ajoutant un supplément d'âme à sa vie, on se dit que la sécularisation de la société a, depuis longtemps, franchit le seuil des églises, des maisons, mais aussi des esprits...catholiques. Seulement, soyons justes: si de nombreuses forces se sont unies pour abattre l'Eglise au cours de ces derniers siècles, notons, avec lucidité, la part de responsabilité de cette dernière dans cette sécularisation externe, mais aussi interne. Or, il est bien plus facile de détruire que de construire. Résolument, nous sommes du côté de la reconstruction.

20.02.2008

La modernité déboussolée creuse sa propre tombe

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La modernité déboussolée creuse sa propre tombe... mais ce n'est pas une raison pour ne rien faire. Le Cercle Gustave Thibon se solidarise à cent pour cent avec la campagne d'"Action Famille" développée ci-dessous.  

URGENT : Ecrivez aujourd'hui aux sénateurs pour leur demander d'interdire le recours à la maternité de substitution et aux mères porteuses !

Madame, Monsieur,

En ce moment même, plusieurs propositions de loi sont en discussion au Sénat visant à autoriser le recours aux mères porteuses et la maternité de substitution (Patrik Vankrunkelsven, OpenVLD et Christine Defraigne, MR). Dans la gestation pour autrui, une femme accepte de porter un enfant – avec lequel elle a un lien génétique ou non - pour le donner immédiatement après sa naissance à une tierce personne ou à un couple, hétérosexuel ou homosexuel.

Action pour la famille asbl est en faveur de l'interdiction complète de la gestation pour autrui. Elle s'oppose fermement à l'autorisation de la maternité pour autrui sur la base d'un contrat ou d'une convention légale de quelque type que ce soit.

Nous sommes loin d'être insensibles à la souffrance des couples qui désirent avoir un enfant et la médecine actuelle permet fort heureusement de résoudre la majorité des cas de stérilité. Mais il n'existe pas de droit à l'enfant. Il faut en premier lieu tenir compte du bien-être de l'enfant et aussi des femmes qui accepteraient de porter un enfant pour s'en séparer immédiatement à la naissance.

D'un point de vue juridique l'autorisation de la gestation pour autrui – même dans des conditions très strictes – va à l'encontre de principes fondamentaux de notre droit. Juridiquement, la mère est la personne qui donne naissance à l'enfant. Une convention de gestation pour autrui mettrait en question le droit de la mère à déterminer la filiation de son enfant. De plus, le corps humain est indisponible et ne peut faire l'objet d'un contrat. Ce principe s'applique aussi bien à l'enfant à naître qu'à l'enfant déjà né qui serait, en vertu d'une convention, destiné à être cédé à autrui par sa mère.

D'un point de vue moral, la gestation pour autrui implique l'instrumentalisation du corps d'une femme qui est uniquement considéré comme un moyen de combler le désir d'un enfant. Naturellement, cette instrumentalisation est accrue lorsque le contrat prévoirait une rémunération ou même un dédommagement de la mère. Même si la loi interdisait toute rémunération et toute forme de commercialisation, comment pourra-t-on en pratique s'assurer du respect de la loi ? Comment éviter dans les faits que des femmes de milieux moins favorisés ne soient utilisées comme mères porteuses ? A tout cela s'ajoutent les risques physiques et médicaux inhérents à une fécondation in vitro et à toute grossesse.

Pour l'enfant aussi, les risques ne sont pas minces. On sait que des liens très forts se tissent déjà en cours de grossesse entre la mère et son enfant. La mère de substitution se devra de combattre sa tendance à créer un lien avec l'enfant pour éviter de subir un dommage psychologique lors de la séparation. Cette situation peut être préjudiciable à l'enfant. De plus, comment l'enfant réagira-t-il lorsqu'on lui dira (si on le fait) qu'il a été porté par une femme pour être ensuite donné à autrui ?

D'avantage d'informations sont disponibles sur le site d'Action pour la famille http://www.actiegezin-actionfamille.be/index.asp

Ecrivez dès aujourd'hui aux sénateurs pour marquer votre opposition à la gestation pour autrui ! (Voir adresses courriel ci-dessous).

Michel Ghins, président
Kris Vleugels, vice-président
Pierre-Alexandre de Maere d'Aertrycke, trésorier
Luc Borkes, collaborateur

Courriels des sénateurs francophones membres de la Commission des affaires sociales et de la Commission de la justice.

Mme. Sfia Bouarfa (PS) sbouarfa@parlbru.irisnet.be
M. Jacques Brotchi (MR) moulia@mr.polgroups.senate.be
Mme. Anne Delvaux (CdH) delvaux@senators.senate.be
Mme. Isabelle Durant (ECOLO) isabelle.durant@ecolo.be
M. Richard Fournaux (MR) fournaux@senators.senate.be
Mme. Dominique Tilmans (MR) tilmans@senators.senate.be
Mme. Christiane Vienne (PS) contact@christianevienne.be
M. Berni Collas (PS) collas@senators.senate.be
M. Georges Dallemagne (CdH) dallemagne@senators.senate.be
Mme. Christine Defraigne (MR) contact@christinedefraigne.be
M. Alain Destexhe (MR) destexhe@senators.senate.be
M. Josy Dubié (ECOLO) josy.dubie@ecolo.be
M. Marc Elsen (CdH) marc.elsen8@gmail.com
Mme. Joëlle Kapompolé (PS) kapompole@senators.senate.be
M. Philippe Mahoux (PS) courrier@philippe-mahoux.be
M. Philippe Monfils (MR) philippe.monfils@skynet.be
Mme. Carine Russo (ECOLO) carine.russo@ecolo.be
Mme. Olga Zrihen (PS) zrihen@senators.senate.be
Mme. Marie-Hélène Crombé-Berton (MR) crombe@senators.senate.be
M. Christophe Collignon (PS) contact@christophe-collignon.be
M. Alain Courtois (MR) alaincourtois@hotmail.com
M. Jean-Paul Procureur (CdH) jean-paul@jpprocureur.be
M. José Daras (ECOLO) jose.daras@ecolo.be
M. Francis Delpérée (CdH) delperee@senators.senate.be
M. Philippe Moureaux (PS) pmoureaux@molenbeek.irisnet.be
M. François Roelants du Vivier (MR)  roelantsduvivier@senators.senate.be

Soutenez notre action en effectuant un virement sur le compte
310-1948222-63

 

PS : Si vous ne désirez plus recevoir les courriels d'Action pour la Famille, veuillez nous le faire savoir en nous renvoyant un e-mail avec comme titre "Désincription"

14.02.2008

Incorrigibles!

Bigre! On ne croyait pas si bien dire en annoncant hier, avec une certaine hésitation, le possible début des "hostilités" de la part des médias envers l'Eglise pendant le carême!

En effet, Le Soir et La Meuse reprenait une info de l'hebdomadaire Dag Allemaal comme quoi le neveu du Cardinal Danneels aurait, de par sa profession, empêché l'élection de celui-ci sur le siège papal. Pour rappel, ce neveu est...acteur porno!

Hier également, c'est la diffusion d'un reportage intitulé "Sex crimes and the Vatican", lors de l'émission Questions à la Une" (de l'inoxydable Jean-Claude Defossé) qui semblait marquer la deuxième salve. Le porte-parole des évêques de Belgique, l'Abbé Eric de Beukelaer, s'est fendu d'un communiqué de presse, afin d'apporter quelques éclaircissements sur ce reportage. Et vous verrez combien ils sont nécessaires!

En ce qui nous concerne, nous ne pouvons que condamner fermement ces actes qui, de la part de prêtres ou religieux, plongent de nombreuses âmes dans l'abîme plutôt que de les mener au Christ. Mais nous ne pouvons que regretter une désinformation permanente sur la réalité des abus sexuels quand leur recension semble se focaliser uniquement sur la figure du prêtre. Nous renvoyons, à la fin de ce post, vers une étude diffusée par la Catholic League (USA) sur les abus sexuels envers les enfants. Avec surprise, on constatera un fait rarement mis en avant: les plus grand nombre de pédophiles sont d'abord à chercher dans...les familles! Viennent ensuite les enseignants et éducateurs, puis les psychologues, les rabbins et les pasteurs, puis...les prêtres catholiques. On regrettera de ne pas avoir de chiffre pour le clergé orthodoxe. 

 

«Sex crimes and the Vatican»– Du vrai… pas neuf et du neuf… pas vrai

Eric de Beukelaer, porte-parole des Evêques

Résumé

  • «Sex crimes and the Vatican», documentaire produit par la BBC, sera diffusé ce mercredi 13 février à 20h 20 dans de la le cadre du magazine «Questions à la Une» sur les antennes de la Une (RTBF). D’après la présentation qu’en fait ces jours-ci la presse TV, ce documentaire démontrerait de façon accablante qu’en la personne du pape actuel, le Vatican aurait – et cela depuis des années – sciemment mis en place une procédure pour protéger les prêtres pédophiles. La présente information à la presse a pour objectif de recadrer les choses.
  • Le documentaire dénonce à juste titre un drame, qui n’est malheureusement pas un «scoop»: Trop longtemps a sévi une culture du silence – voire de la complaisance – par rapport à la pédophilie. Elle a sévi dans toute la société, mais n’a pas épargné l’Eglise. Et cela est grave, vu la confiance que des jeunes victimes mettaient dans les religieux.
  • Là où le documentaire dérape, c’est quand il dénonce un complot proprement mafieux ayant pour parrain suprême le pape actuel: Complot qui viserait à sciemment étouffer le scandale de la pédophilie dans l’Eglise et à protéger les abuseurs. L’instruction de 1962, « Crimen sollicitationis » que le documentaire accuse d’orchestrer cela, est en fait un document qui ne visait pas avant tout les actes de pédophilie et n’entendait en rien faire obstacle à l’action de la justice étatique.

Revue de presse accablante

La presse TV annonce la diffusion de «Sex crimes and the Vatican» sans s’encombrer de nuances : «Pédophilie et Eglise sont-elles encore liées par des liens sacrés? Réalisé par la BBC, ce sujet s’intéresse au fameux «crimen sollicitationis», le décret mis en place par le Vatican pour étouffer les abus sexuels d’enfants commis par des prêtres dans tous les pays. La personne responsable de la mise en application de cette loi du silence, c’est le cardinal Ratzinger, l’actuel pape Benoît XVI. Cette enquête affligeante démontre comment, depuis des décennies, l’Eglise met tout en œuvre pour protéger des prêtres violeurs d’enfants, alors que rien n’est fait pour aider les victimes de ces crimes sexuels. Bonne soirée quand même…» (Télémoustique) «C’est une sorte de pacte signé par des prêtres catholiques. Ceux-ci promettent de passer sous silence certains actes pédophilies et crimes sexuels en tous genres afin de conserver une image positive du catholicisme en général et de ne pas éclabousser l’Eglise. Par cette convention, tout est clairement mis en œuvre pour que les crimes commis par les évêques (sic!) soient jugés par le Vatican et non par l’instance du pays dans lequel ils œuvrent. Ainsi, leur protection est assurée. Les enquêteurs démontrent par des preuves affligeantes comment, depuis des dizaines d’années l’Eglise met tout en œuvre pour protéger des prêtres violeurs d’enfants, des criminels sans scrupule qui se cachent derrière leur robe afin de commettre l’irréparable.» (Ciné Télé Revue) «Depuis vingt ans, le Vatican a mis au point une procédure, un décret qui permet d’étouffer les abus sexuels d’enfants commis par des prêtres dans tous les pays. La personne responsable de la mise en application de cette loi du silence, c’est le cardinal Joseph Ratzinger, l’actuel pape Benoît XVI.» (Télépro)

Du vrai… qui n’est pas neuf

«Sex crimes and the Vatican» fut produit en 2006 par «Panorama», le magazine d’investigation de la BBC. Le documentaire peut être visionné sur le site de la BBC (http://news.bbc.co.uk/player/nol/newsid_5400000/newsid_54...). Partant du calvaire vécu par les victimes, l’émission rappelle une vérité qui – si lourde soit-elle – n’est pas nouvelle: Des ministres ou religieux catholiques se sont rendus coupables d’abus sur des mineurs d’âge. Dans plusieurs cas, les autorités ecclésiastiques étaient averties et n’ont pas réagi en prenant les mesures qui s’imposaient. Cela alla parfois même jusqu’à la complaisance irresponsable – voire coupable – par rapport aux abuseurs. Comment expliquer cela? Le documentaire répond avec exactitude: Une culture du silence régnait au nom du «bien supérieur de l’Eglise». Afin de ne pas scandaliser les fidèles, certaines autorités ecclésiales jugeaient qu’il valait mieux déplacer le prêtre coupable sans trop ébruiter l’affaire et demander la discrétion à tous. Pareille façon d’agir n’était pas propre à l’Eglise. On la retrouvait également au sein des familles, dans le monde scolaire et même chez des intellectuels (Rappelons-nous l’écrivain Gabriel Matzneff reçu le 12 septembre 1975 chez Bernard Pivot). Si la culture ambiante de l’époque permet donc de mieux comprendre les silences, elle n’excuse rien : Le service de l’Evangile doit faire primer dans l’Eglise la défense des plus faibles avant toute autre considération.

Le documentaire ignore par contre que – à l’instar de toute la société – l’état d’esprit a changé dans l’Eglise et que des mesures ont été prises à tous les niveaux. Rappelons les paroles que le cardinal Ratzinger prononça au Colisée à l’occasion de sa méditation du chemin de croix 2005: «Les vêtements et le visage si sales de ton Eglise nous effraient. Mais c'est nous-mêmes qui les salissons! C'est nous-mêmes qui te trahissons chaque fois, après toutes nos belles paroles et nos beaux gestes. Prends pitié de ton Eglise...». Evidemment, aucune mesure n’est parfaite et le scandale des abus sexuels sur les enfants n’est pas pour la cause un chapitre clos dans l’Eglise catholique. Il est donc normal que la presse veille au grain. C’est ce que fit ce 2 février l’émission radio de Jean-Pol Hecq (RTBF – «la Première»): «Et Dieu dans tout ça?». Elle aborda le sujet de la pédophilie dans l’Eglise catholique sans complaisance, mais avec une rigueur journalistique qui fait honneur à la profession. On ne peut malheureusement pas en dire autant du présent documentaire, comme le démontre ce qui suit.

Du neuf (pas si neuf que ça) … qui n’est pas vrai

Le documentaire de la BBC dérape quand il insinue que la culture du silence qui régnait dans l’Eglise fut sciemment orchestrée depuis le Vatican et plus particulièrement pilotée par celui qui deviendra pape sous le nom de Benoît XVI. Pour étayer leur thèse, «Sex crimes and the Vatican» se base sur deux documents émanant de la Congrégation dirigée un temps par le futur Benoît XVI. D’après l’émission, ces écrits visaient à étouffer toute dénonciation d’abus sur des mineurs. De quels documents s’agit-il? Le plus récent est la lettre « Ad exequendam ». Ce texte fut envoyé en 2001 par le cardinal Ratzinger aux évêques de toute l’Eglise catholique. Manœuvre d’étouffement, comme l’induit l’émission? Il s’agissait au contraire de s’assurer que diverses graves infractions – dont les cas les cas d’abus sexuels – soient pris en charge de manière appropriée par les autorités ecclésiastiques locales, parfois trop complaisantes avec les abuseurs. A cette fin, le document ordonne que le Vatican soit informé de chaque affaire pour pouvoir veiller à ce qu’elle soit correctement traitée. Ajoutons que ce document n’entendait, en aucune manière, faire obstacle aux enquêtes des autorités civiles, mais simplement mieux faire fonctionner les procédures d’Eglise.

Une note dans « ad exequendam » sort de l’oubli un autre document qu’il remplace: «Crimen sollicitationis » (trad. le «crime de sollicitation») date de 1962, soit vingt ans avant l’arrivée du cardinal Ratzinger à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi (1982). Cet écrit donnait des instructions aux évêques sur la manière de procéder en cas de «crime de sollicitation». Comme le rappelle l’introduction du document, ce crime «prend place quand un prêtre tente un pénitent, quel qu’il soit, dans le cadre ou à l’occasion du sacrement de la confession, ou immédiatement avant ou après, afin de solliciter de lui une faveur de nature impure ou obscène». (Pour une traduction privée du document en anglais, pas toujours précise, consulter: http://www.bishop-accountability.org/resources/resource-f...) Sans les exclure, le «crime de sollicitation» ne vise donc pas avant tout les actes de pédophilie, mais concerne l’ensemble des fautes commises dans le domaine sexuel en lien avec le sacrement de confession par un prêtre et ceci à l’égard de quiconque: adulte ou mineur, de l’un ou l’autre sexe. «Crimen sollicitationis» n’invite en aucune manière à faire obstruction au travail de la justice d’un pays. La confidentialité entourant les procédures ecclésiastique visait à protéger le secret de confession, la réputation des parties en cause et celle de l’Eglise par peur du scandale. Le journaliste américain John Allen, éminent expert en affaires catholiques, étudia la question dans un écrit d’août 2003: «Que Crimen Solliicitationis n’avait pas pour objectif d’étouffer les abus sexuels, apparaît dans le paragraphe 15 du document, qui oblige – sous peine d’excommunication – toute personne ayant la connaissance d’un prêtre qui abuse du confessionnal dans ce but, de le dénoncer, de peur qu’un tel délit reste occulte et impuni, causant de la sorte de graves dommages aux âmes.» (Consulter : 1962 document orders secrecy in sex cases). «Crimen sollicitationis» ne fut que fort peu appliqué et perdit sa pertinence légale avec l’entrée en vigueur du nouveau Code de droit canonique en 1983. Finalement, l’instruction fut remplacée en 2001 par « ad exequendam ».

Reste alors le trouble causé par les déclarations du père Tom Doyle – canoniste ayant travaillé au Vatican – déclarations sur lesquelles se fonde une bonne part de l’argumentation du documentaire. Dans «Sex crimes and the Vatican» cet ecclésiastique affirme: «Ce que vous avez ici est une politique explicite d’étouffement des affaires d’abus sexuels sur des mineurs commis par des membres du clergé.» Ces paroles ont sans doute dépassé la pensée de son auteur, car dans une lettre adressée le 13 octobre 2006 au journaliste John Allen, le père Doyle fait marche arrière en expliquant: «Bien que j’aie été un consultant pour les producteurs de ce documentaire, je crains qu’ont été perdues certaines distinctions que j’avais faites à propos du document de 1962. Je ne crois pas et n’ai jamais cru qu’il fallait y voir la preuve d’une conspiration explicite, au sens propre du terme, visant à étouffer les affaires d’abus sexuels.» (Consulter: http://ncrcafe.org/node/530).

Réactions

Diffusé pour la première fois le 1er octobre 2006 sur les antennes de la BBC, ce documentaire a entraîné une réaction énergique du cardinal Cormac Murphy-O’Connor, archevêque de Westminster et président de la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles. Il envoya une lettre au directeur général de la BBC « pour exprimer l’immense déception et l’inquiétude de la communauté catholique » du fait de la diffusion de cette émission: « Personne ne peut nier les effets dévastateurs des abus d’enfants dans notre société et le mal qui est infligé aux victimes et à leurs familles. Ceci est particulièrement honteux lorsque ces abus sont commis par un prêtre et il est évidemment légitime de diffuser les éléments déchirants relatifs à ce mal », avait reconnu le cardinal. « Toujours est-il que votre émission cherche à nuire gravement au pape Benoît XVI, guide d’un milliard de catholiques à travers le monde. Il me semble plutôt clair que le principal objectif de l’émission est de chercher à créer un lien entre le pape Benoît XVI et le fait de couvrir des abus sur enfants dans l’Eglise catholique. C’est un acte malveillant ne correspondant pas à la vérité, et qui est basé sur une présentation erronée des documents de l’Eglise. Je ne comprends pas pourquoi personne de votre société n’a fait la moindre tentative de contacter l’Eglise catholique de ce pays pour demander de l’aide dans la recherche d’informations exactes sur cette question », avait encore dénoncé le cardinal.

De son côté, le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège s’exprima le 1er juin 2007 sur les antennes de Radio Vatican, en déclarant le documentaire de la BBC «gravement injuste quand il dirige ses critiques sur les motivations des documents ecclésiaux dont la nature et la finalité est dénaturée et quand il prend pour cible la figure du cardinal Ratzinger, aujourd’hui Benoît XVI». Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a aussi souligné combien, «dans l’Eglise, il y a une volonté forte de regarder en face les problèmes et de les affronter avec loyauté». Il y a des prêtres qui s’engagent «avec compétence et dévouement sur le front de la lutte contre la pédophilie», a-t-il ajouté. «Les dénonciations peuvent certainement pousser à affronter et résoudre les problèmes sous-évalués ou cachés», a continué le père Lombardi. «En même temps, ils ne doivent pas devenir une contre vérité, jusqu’à être instrumentalisés pour détruire plutôt que pour construire», a-t-il souligné.

Il va sans dire que les évêques de Belgique souscrivent à ces analyses. «Sex crimes and the Vatican» peut être visionné par tous sur internet depuis plus d’un an. Ce documentaire est donc – médiatiquement parlant – loin d’être nouveau. Ses dérapages, non plus. Il est loisible aux téléspectateurs de donner leur opinion sur cette question auprès du service médiation de la RTBF: mediation@rtbf.be. (ou : Médiation RTBF, 52, boulevard Reyers, 1044 Bruxelles).

SIPI – Bruxelles, mardi 12 février 2008

Contact : Administrateur Portail Catho.be

(Source:  http://www.catho.be/single.aspx?id=3051&lng=fr )

 

Pour l'étude de la Catholic League: http://www.catholicleague.org/research/abuse_in_social_co...

13.02.2008

Première salve?

Vous le savez, si nous avions invité l'Abbé Eric de Beukelaer a présenter une conférence sur le catholicisme et les médias, c'est parce que nous sommes de plus en plus sceptique quant à l'objectivité de ces derniers sur les sujets touchant au catholicisme. Vous avez pu le constater par vous même à propos de la manifestation de Madrid qui, le 30 décembre dernier, a réuni deux millions de citoyens afin de défendre le modèle de la famille traditionnelle. On en a si peu parlé qu'on se demande même si il y a jamais eu autant de monde. Sans doute n'était-ce pas assez "croustillant" comme information!

Depuis deux ans, à cette période, un semblant de rituel paraît se mettre en place dans les médias: durant la période la plus importante du calendrier chrétien, à savoir Carême et surtout Pâques, paraissent des informations (interview, reportages télévisés) qui s'en prennent automatiquement à l'Eglise catholique. On se souvient du reportage de Mr Jean-Claude Defossé (RTBF) sur Lourdes, ou encore l'interview tronquée de Mgr Léonard parue dans Télémoustique. Nous étions donc impatient de voir ce que nous réservait cette nouvelle année!

Et voilà que la premièe salve semble lancée! Et elle est des plus croustillante! L'info figure dans La Meuse (édition régionale) du jour, ainsi que dans Le Soir (édition nationale): le neveu du cardinal Daneels est le roi du porno! Agé de 36 ans, Dries Breyne (surnommé "Byrne") a été acteur avant de devenir producteur à Prague. Il est apparemment respecté dans le milieu, et les rapports avec la famille se passent le mieux du monde. Même avec son cardinal d'oncle! Mais pourquoi faire un article là-dessus dès lors?

Tout est dans le titre (voir ci-dessous): Danneels était un des favoris (voire le favori...) pour succéder à Jean-Paul II, mais le métier de son neveu aurait empêché son élection. Remarquons que La Meuse titre dans le même sens: " Le neveu de Danneels est le roi du porno. Cela aurait privé le cardinal du titre de pape" (La Meuse, 13/02/2008, p.3) Mais lorsqu'on lit le contenu de l'article (identique dans les deux journaux), on se demande vraiment pourquoi un tel titre, puisque le neveu lui-même avance que "c'est totalement insensé. Ce ne sont que des rumeurs. Mon métier d'acteur porno n'a influencé aucun membre du conclave." Si pour notre homme son métier n'a eu aucune influence sur la non élection du Cardinal Danneels, on s'attend, légitimement, à trouver un supplément d'information justifiant le titre de l'article, quelque chose du genre: "ce n'est pourtant pas ce que pense untel, qui sait de source sûre etc." Non, l'article se termine ainsi, en eau de boudin, ne semblant délivré qu'une information: le neveu du cardinal est le roi du porno.

"Semblant" disons-nous car, à y regarder de plus près, il y a au moins une autre information qui passe, contenue entièrement dans le titre. Le sens connoté de celui-ci n'est pas neutre, il nourrit un préjugé savamment distillé dans le commun des mortels: l'Eglise est rétrograde, elle n'est pas adaptée à notre époque. Les cardinaux réprésentent de façon métonymique l'Eglise, et on nous dit qu'ils ont probablement été choqués. L'Eglise est donc choquée par le métier du neveu du cardinal. Vu le type de "métier" (peut-on parler de métier...), l'Eglise aurait refusé la succession de Jean-Paul II. Ce qui sous-entend que l'Eglise reste décidemment toujours crispée sur la question du sexe.  Dans le même temps, agissant ainsi, elle rendrait responsable le cardinal de tous les actes posés par sa famille. Ce qui renvoie à l'idée d'institution totalitaire, qui pèse d'une chappe de plomb sur vous, votre vie, mais aussi  celle de votre entourage.

Au final passe le message que l'Eglise (à travers ses cardinaux) est toujours en froid avec le sexe (au point d'empêcher l'élection du cardinal) et qu'en plus, elle se veut toujours "totalitaire" (puisqu'elle imputerait au cardinal une responsabilité dans les actes de son neveu). Quand on sait que nombre de lecteurs survolent les titres d'un quotidien, sans s'attarder sur le contenu des articles, on ne peut que s'interroger sur la raison d'être de cet article.   

 

mercredi 13 février 2008, 10:21

Godfried Danneels était l’un des favoris pour succéder à Jean-Paul II. Mais le côté progressiste du primat de Belgique aurait gêné certains représentants de l’Eglise catholique. A moins qu’ils n’aient été choqués par le métier qu’exerce le neveu de Mgr Danneels: acteur porno.

Souvenez-vous: en avril 2005 décédait le pape Jean-Paul II, des suites d’une longue maladie. Le conclave, qui réunissait plus de 100 cardinaux, devait lui trouver un successeur. Parmi les favoris, le Belge Godfried Danneels.

La suite de l’histoire est connue: Mgr Danneels n’est pas élu et c’est le cardinal Ratzinger qui devient chef de l’Eglise catholique, sous le nom de Benoît XVI. De nombreux analystes se penchent sur l’“ échec ” de Godfried Danneels. Pour eux, l’esprit progressiste et les prises de positions du primat de Belgique auraient pu refroidir les ardeurs de certains cardinaux.

Mais nos collègues de l’hebdomadaire Dag Allemaal avancent, cette semaine, une nouvelle hypothèse. Ils ont en effet découvert que le neveu de Mgr Danneels n’est autre que la plus grande star flamande du porno. Ce qui aurait pu choquer certains membres du conclave.

Âgé aujourd’hui de 36 ans, Dries Breyne (aussi connu, dans le monde du X, sous le pseudonyme “ Byrne ”) est né dans le Nord de la France, à Lille. Abandonné dès sa naissance par sa mère, le bambin est recueilli par Paul Breyne et son épouse, Godelieve Danneels, sœur du primat.

Accepté par la famille

Depuis lors, le petit Dries a bien grandi. Il est devenu un acteur porno réputé et un producteur respecté dans le milieu.

S’il réside actuellement à Prague (l’une des capitales du porno), Dries Breyne revient fréquemment en Belgique, notamment lorsque se tiennent des réunions de familles.

“ Et contrairement à ce que vous pourriez penser ”, confiait-il à nos collègues néerlandophones, “ cela n’a jamais posé le moindre problème. Les temps ont changé, les mentalités ont évolué. L’époque où ma famille était gênée par mon métier est révolue. ”

Quant à l’impact qu’aurait pu avoir son métier dans la nomination du cardinal Ratzinger en lieu et place de son oncle, Dries Breyne est catégorique: “ C’est totalement insensé. Ce ne sont que des rumeurs. Mon métier d’acteur porno n’a influencé aucun membre du conclave. ”

(Source: Le Soir.  http://www.lesoir.be/actualite/belgique/mon-dieu-le-neveu... )

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