« 2007-11 | Page d'accueil | 2008-01 »

31.12.2007

Deux millions?

Hier, dimanche 30 décembre 2007, dans les rues de Madrid, deux millions de personnes se sont réunies. Et normalement, vous n'en avez entendu parlez nulle part, ni dans les journaux télévisés, que ce soit ceux de la RTBF ou de RTL, ou encore ceux des chaînes françaises, ni dans la presse quotidienne, qu'il s'agisse d La Libre Belgique, de Le Soir ou même La Meuse. Idem pour les journaux français tels que Le Monde, Libé ou encore La Croix.

Pourtant, deux millions de personnes, cela représente un vingt-deuxième de la population espagnole, laquelle s'élève à 45 millions d'habitants. Pas tant que ça? Non, c'est vrai...mais c'est tout de même comme si 480.000 personnes défilaient dans les rues de Bruxelles... Pour rappel, nous étions 300.000 à défiler lors de la marche blanche...

"Mais pourquoi ont-ils défilé?" vous demandez-vous. Contre l'ETA? Pour soutenir le Pakistan? Non, rien de tout ça. Ils ont défilé pour la famille, tout simplement. Enfin, tout simplement, la famille entendue dans un sens chrétien. L'archevêché a lancé un appel suite aux nombreuses nouvelles lois prises par le gouvernement Zapatero allant contre le modèle de la famille traditionnelle, et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'appel a été entendu.  

 L'autre question, qui ne devrait pas manquer de nous tarauder, c'est "pourquoi les médias n'en parlent pas?" Là-dessus, je vous laisse réfléchir, et vous souhaite d'ores et déjà un bon réveillon et une bonne année 2008.

28.12.2007

Il s'est incarné...

« Nous avons vu sa gloire »


      "Le Christ devait venir dans notre chair ; ce n'était pas un autre, soit un ange, soit un ambassadeur, c'était le Christ lui-même qui devait venir pour nous sauver (Is 35,4) ... Il devait naître dans une chair mortelle : un petit enfant, déposé dans une crèche, enveloppé de langes, allaité, qui grandirait avec les années et enfin mourrait cruellement. Autant de témoignages d'humilité profonde. Qui nous donne ces exemples d'humilité ? Le Très-Haut.

      Quelle est donc sa grandeur ? Ne cherche pas sur la terre, monte au-dessus des astres. Lorsque tu seras parvenu jusqu'aux légions des anges, tu les entendras dire : Monte encore au-dessus de nous. Quand tu seras monté jusqu'aux Trônes, aux Dominations, aux Principautés, aux Puissances (Col 1,16), tu les entendras encore dire : Monte plus haut, nous sommes nous-mêmes des créatures ; « car toutes choses ont été faites par lui » (Jn 1,3). Élève-toi donc au-dessus de toute créature, de tout ce qui a été formé, de tout ce qui a reçu l'existence, de tous les êtres qui changent, corporels ou incorporels, en un mot, au-dessus de tout. Ta vue ne peut encore parvenir jusque-là ; c'est par la foi qu'il faut t'y élever, c'est à elle de te conduire jusqu'au Créateur ... C'est là que tu contempleras « le Verbe, qui était au commencement »...

      Or ce Verbe qui était en Dieu, ce Verbe qui était Dieu, par qui toutes choses ont été faites, sans qui rien n'a été fait, et en qui était la vie, est descendu jusqu'à nous. Qu'étions-nous ? Méritions-nous qu'il descende jusqu'à nous ? Non, nous étions indignes qu'il eût compassion de nous, mais lui était digne d'avoir pitié de nous."



Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 293,5

08.12.2007

Retour aux sources

              

 

8ade01dcd0af1d24d0cd3eecba8fe28e.jpg

 

 

Cercle Gustave Thibon                                                 Liège, le 3 Décembre 2007 a.D.

                                                Premier Dimanche de l’Avent

 

Chers membres et amis du cercle,

Je sais que les slogans « après l’effort, le réconfort » ou « tout travail mérite salaire » ne sont pas très catholiques ; il n’en reste pas moins vrai que si l’activité de fin d’année que je vous propose par cette missive n’est pas « méritée » au sens capitaliste du terme, je suis sûr que vous l’accueillerez, à l’instar de votre président, comme un repos salutaire et une bonne manière de clôturer cette année.

D’ailleurs, vous en conviendrez à la lecture du programme, l’activité proposée est loin de résonner avec l’esprit du siècle. J’aurais pu vous fixer en effet un rendez-vous au Kinepolis en après-midi pour aller voir le dernier « Fast and Furious 3 », et pourquoi pas aller manger ensuite « sur le pouce » un Big Mac bien saucé avec un grand coca avant de terminer la soirée « en beauté » au Millenium – il y aurait eu de la Vodka Red Bull, des « fixes » et des « cailles » à profusion. Cependant vous ne serez pas étonnés d’apprendre que je vous propose au contraire de vivre ensemble une journée inspirée par la pensée vivifiante de notre patron, Gustave Thibon, le paysan philosophe :

« L’homme actuel manque de bases, de racines ; il ne se sent plus relié à une nécessité nourricière. Aussi cet être mal rivé au sol a-t-il peur du vent, et il s’enveloppe d’assurances et de garanties contre tous les risques, comme un corps exsangue essaye de remplacer par des couvertures la chaleur interne. Mais l’être qu’aucune racine ne nourrit est aussi celui qu’aucune attache ne retient ; il n’a ni lieu ni but fixes, et, faute d’être canalisé, ce qui subsiste en lui d’instinct du risque le précipite dans l’aventure. (…) Le paysan a des racines. Parce qu’il a des racines, il ne redoute pas le vent, il n’a pas besoin d’assurances contre le vent. C’est là le sens du risque. Et parce qu’il a des racines aussi, il ne devient jamais le jouet du vent. Et c’est là le refus de l’aventure. (…) En toute hypothèse, le gage le plus sûr de la renaissance et de la continuité du peuple français [ndlr : et européen] réside dans la persistance d’une solide assise paysanne, et, pour les autres classes sociales, dans une communion profonde avec la terre et les mœurs, les vertus, les traditions qu’elle incarne. Hercule, luttant contre le géant qui, chaque fois qu’il touchait la terre retrouvait de nouvelles forces, dut, pour l’étouffer, le tenir soulevé au-dessus du sol. Ce mythe revêt aujourd’hui tout son sens. Il s’agit avant tout de ne pas perdre terre. Un peuple qui n’a plus de vrais contacts avec son sol est mûr pour l’esclavage extérieur et intérieur. Mais tant que nous conserverons nos racines, Hercule, de quelque nom qu’il se nomme, ne pourra pas nous ravir notre âme : la fidélité à la terre sera la gardienne de notre génie et de notre liberté. » (Gustave THIBON, Retour au réel.- Lyon, 1943, pp.23-32).

Oui mes camarades, être « dans le vent », voilà bien une ambition de feuille morte ! C’est pourquoi, ce dimanche 23 décembre 2007, si nous serons sans aucun doute exposés au vent rude du plateau fagnard, nous serons tout sauf « dans le vent » car nous plongerons tout entier nos maigres racines dans le terreau spirituel et culturel de nos contrées afin de les fortifier pour la nouvelle année qui s’annonce.

Je pense que le décor est bien planté, faisons place à présent au programme :

·        Rendez-vous à 9h30 place Jean Jaurès sur le parking de la maison communale d’Herstal. Juste à côté, comme défiant le temple de la cité des hommes, se trouve sur un promontoire la chapelle Saint-Oremus (XIIe siècle) qui portait d’ailleurs jadis le nom de chapelle Saint-Lambert, le saint patron de la principauté de Liège.

·        9h45 : Sainte Messe à la Chapelle.

·        10h45 : Départ vers Montjoie (Monschau).

·        11h45 : Début de la promenade.

·        13h00 : Pause midi – petit feu de bois pour nous réchauffer.

·        17h00 : Fin de la promenade. Crèche vivante dans la cour du Château de Montjoie.

·        Marché de Noël : vin chaud ou cacao chaud.

·        Repas convivial dans une auberge de Montjoie.

Matériel à emporter : De bonnes chaussures de marche étanches, des vêtements chauds, un repas de midi, quelques boissons et de la bonne humeur dans une gourde bien hermétique. Pour ceux qui le désirent, une soupe chaude dans un thermos, du café ou quelques châtaignes à faire péter sur les braises sont les bienvenus. Enfin, 20 euros devraient suffire pour le marché de Noël et le repas, sauf si vous comptez faire des achats particuliers sur le marché qui est bien achalandé.

Pour le mot de la fin, je vais oser à nouveau une petite métaphore, me pardonneront les authentiques poètes ou ceux que mon lyrisme laisserait indifférents : « Puisse le chêne que figure notre cercle accueillir bientôt sous ses frondaisons régénérées par cette activité de nombreux autres semis afin qu’ils y poussent, indifférents à la tempête du monde. »

In Christo,

Votre Président, Christophe.       

 

LA SEMENCE ET LE TERRAIN

« Le semeur, dit-il, sortit pour semer. Et pendant qu’il semait, des grains tombèrent le long du chemin, et les oiseaux du ciel  vinrent et les mangèrent. D’autres grains tombèrent sur un sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre, et il levèrent aussitôt parce que la terre était peu profonde. Mais le soleil s’étant levé, la plante, frappée de ses feux et n’ayant pas de racine, sécha. D’autres tombèrent parmi les épines, et les épines crurent et les étouffèrent. D’autres tombèrent dans la bonne terre, et ils produisirent du fruit, l’un cent, un autre soixante, et un autre trente. Que celui qui a des oreilles entende. » (Matthieu, XIII, 3-9)

------------------------------------------------------------------------------------------

« Il m’est arrivé plusieurs fois, lorsque je dénonçais les méfaits issus d’une certaine forme de civilisation (affaiblissement biologique et moral des individus, perte du sens de l’effort et des disciplines sociales, dénatalité, etc.), de m’attirer la réplique suivante : ces maux ne sont pas intrinsèquement liés à la structure actuelle de la cité, ils procèdent seulement du déclin de la charité chrétienne ; remettons Dieu à sa place, rendons l’amour à nos frères et quelle que soit la forme de l’organisation sociale, l’humanité remontera la pente.

Ce surnaturalisme fait vraiment trop bon marché de la parabole évangélique de la semence et du terrain. Dieu seul nous sauvera, proclame-t-on. C’est vrai, mais on oublie que Dieu est partout et que ce don de Dieu qu’est la grâce a besoin, pour s’épanouir, de cette œuvre de Dieu qu’est la nature. (…)

Il est un monde – le monde du libéralisme ou de l’étatisme absolus, du travail anonyme et irresponsable, de l’isolement et de la promiscuité des individus, de l’essor effréné de la technique sans égard aux nécessités physiques et morales de l’être humain – qui est définitivement condamné. Dieu même ne le sauvera pas, car la grâce n’est pas faite pour étayer l’antinature et le surhumain ne s’adapte pas à l’inhumain comme le tuteur à la plante. Sans doute des individus privilégiés, des âmes héroïques (et restées saines à travers la déroute générale des mœurs) peuvent-elles se sauver et s’épanouir dans cette atmosphère viciée. Mais pour que le monde et la chrétienté continuent, il faut que, tôt ou tard, cette atmosphère disparaisse. Ainsi le christianisme a pu germer et grandir dans le monde romain décadent (si semblable, avec ses villes hypertrophiées, son capitalisme, son étatisme et sa dénatalité au monde actuel qui se défait), mais le christianisme, malgré son triomphe politique au IVe siècle, n’a pas empêché l’empire latin de s’écrouler. Il a fallu que l’humanité retrouvât, dans la vie terrible, mais saine et accrochée aux nécessités élémentaires, du haut Moyen Age, les vertus naturelles indispensables à son salut, et par voie de conséquence, à une nouvelle floraison du christianisme.

Car, il faut bien le répéter, la grâce se greffe sur la nature. Si le porte-greffe est sain, on n’a pas à s’en occuper. Mais s’il est malade, c’est à lui qu’il faut songer d’abord.

Cet état de choses explique et légitime dans la ligne même de l’apostolat chrétien l’existence de préoccupations biologiques, sociales et politiques. A ceux qui nous accuseraient de matérialisme nous répondrons que l’homme moderne a besoin de remèdes au moins autant que de sermons. (…)

Notre tâche est d’enseigner l’amour, certes. Mais elle est aussi de contribuer à aménager le monde de façon que l’amour puisse y germer.  Il faut rendre aux hommes des conditions normales d’existence, il faut leur rendre une âme humaine, afin de pouvoir greffer efficacement en eux une âme divine.  Si c’est là du matérialisme nous acceptons l’épithète comme une louange. Car nous savons bien qu’on peut mettre autant d’amour à préparer le terrain qu’à lancer la graine. Et nous savons aussi que, sans l’effort plus lent et plus rude du laboureur penché sur la terre, le geste aérien du semeur qui marche la tête haute serait inutile. »

THIBON (Gustave), Retour au réel, Bruxelles, éditions universitaire, 1946, pp.148-152.

Noël 2007

NOEL : LE VERBE S'EST FAIT CHAIR 

 

« Le Verbe s’est fait chair. » Noël célèbre ces paroles inaugurales de l’Evangile de saint Jean. Aux yeux des Chrétiens, comme Benoît XVI l’a montré dans son Jésus de Nazareth, ce texte n’exprime pas une idée abstraite, mais narre un fait historique : dans l’obscurité d’une grotte, au creux d’une crèche, à une date déterminée, naît le Verbe fait chair en Jésus, qui cumule les deux natures humaine et divine dans la seule Personne du Fis de Dieu.

La Parole divine se fait humaine. Cet événement, inouï, jette un pont entre l’homme et Dieu. L'homme n'est pas "seul sur sa planète voyageuse". Il est relié à la source de l'existence par le fil de la grâce qui relaie la nature. Dieu n'a pas créé l'homme pour le "jeter dans le monde", l'abandonner à lui-même en le livrant à la recherche d'un bonheur illusoire et fini. Il l'a créé pour un bonheur véritable et infini, qu'il trouvera seulement en Dieu. 

Mais les ponts peuvent se briser. Quand, par exemple, l’homme cherche son bonheur dans les idoles qu'il se fabrique (l’Argent, le Pouvoir, le Plaisir), quand il tente de faire son salut par ses seules forces. Le savoir scientifique se présente alors à lui comme le modèle du savoir sauveur et le pouvoir politique et économique comme le moyen de le réaliser : la raison humaine se fait divine.

Mais peut-on se soulever au-dessus de terre en se tirant par les cheveux ?

Il se trouve que, quand la parole humaine se fait divine, elle ne renvoie plus ni à Dieu ni à l'homme. Elle tourne sur elle-même, vit de sa propre production, invente le réel. La parole qui exprime la pensée de l’homme prométhéen n'arrive plus à s'incarner, elle devient un jeu intellectuel, une combinatoire universelle qui atomise le monde pour mieux le recomposer. La raison calculante réduit tout au calcul, au "caillou", qui servait aux marchands égyptiens de l'antiquité à compter.

L'esprit devenu mesurant transforme l'homme en mesure de toute chose.

Une fois que tout est réduit au chiffre - mot dont l'origine arabe "Zîfr" a donné notre zéro - reste le goût amer du néant. La parole humaine en se faisant divine ne fait pas œuvre créatrice et salvatrice, mais destructrice et nihiliste. Car la raison scientifique et technique fait en défaisant, elle détruit pour construire du nouveau, comme le Docteur Frankenstein s’appliquait à réorganiser un homme nouveau en désorganisant les organes de l'homme ancien.

Ainsi, au Logos divin qui s’est fait chair pour sauver le monde en ramenant la création au Créateur, fait face la raison humaine qui en se divinisant déréalise le réel, désincarne la chair, et perd l'homme qu'elle voulait sauver sans Dieu. "Si la nature humaine n'a rien de sacré (…), il n'y a pas de raison qu'elle ne soit radicalement modifiée", écrit H. T. Engelhardt dans The Foundations of Bioethics...

La déesse raison finit par danser une danse macabre au-dessus de l'abîme.

Le XXème siècle a réagi contre le terrorisme de la raison divinisée. Il a fait l'éloge de la folie, il a exalté la chair. Puis , la chair sans la raison a rendu charnel l'esprit. La vie a cessé d’avoir un sens en dehors de celui qu'elle s'invente : elle se projette, elle se jette au-dehors, elle sort de soi et devient souci de soi. Elle renonce au salut.

Noël célèbre la Raison divine qui en se faisant humaine sauve l'homme. Elle jette un pont, institue une vraie relation avec le réel, avec soi, avec autrui, avec le divin. L'Incarnation du Verbe sauve l'homme de la chute dans le néant spirituel, en ne l'abandonnant pas à la loi de la chair, à la désincarnation de l'esprit. En se faisant chair, le Verbe justifie la chair et rattrape le monde qui tombait.

Noël célèbre l'homme qui devient fils de Dieu grâce au Fils de Dieu qui se fait homme. En s'incarnant dans la nature humaine, dans cet individu historique Jésus, le Verbe divin renoue le fil brisé, qui reliait l'homme à Dieu par le rayon de la grâce qui fait resplendir la lumière du soleil de Dieu dans la nuit des hommes.

Hervé Pasqua

Directeur de l’Institut Catholique de Rennes

Auteur de "La docte ignorance" de Nicolas de Cues, éd. Payot/Rivages (en librairie à partir du 9 janvier)

06.12.2007

Li latin sins dîre âmèn'

Qui connaît le Musée en Piconrue, à Bastogne? Sans doute pas grand monde, et c'est bien dommage! Ce musée, dont la création est déjà toute une histoire en soi, s'occupe de l'art religieux et des croyances populaires en Ardenne et Luxembourg, et même au-delà. Leurs expositions, et les ouvrages-catalogues qui les accompagnent, abordent des thèmes aussi divers que les saints de saison (quatre tomes magnifiques), les façons de naître autrefois, ou encore les pratiques populaires de guérison. Ces ouvrages sont un savant mélange de textes d'amateurs éclairés, de jeunes chercheurs, de folkloristes passionnés comme de professeurs universitaires.

b699482ee6fef2a3dd1dcf91043cc262.jpgLe dernier ouvrage paru est par contre le fait d'un seul auteur, Mr Maurice Gillet, qui traite ici d'un sujet passionnant: la récupération par la langue wallonne du latin ecclésiastique et ses mots savants, afin de "les détourner, les parodier, les réinterpréter à sa façon", le tout dans un esprit frondeur bien de chez nous! C'est donc tout "ce patrimoine guailleur de la piété populaire, dans ses expressions jubilatoires, ses travers truculents, ses dérives, railleries, calembours et caricatures" qu'il nous propose de (re)découvrir, le tout agrémenté de scènes paysannes du peintre André Bosmans et de dessins de Christine Sepulchre.

 

Sortie prévue le 21 décembre 2007.  

 

A découvrir sur le site du Musée en Piconrue:

http://www.bastogne.be/piconrue/frames/fr_ecran.htm

01.12.2007

Conférence de l'Abbé de Beukelaer

072d2c33503e2ebe77b3e16dc3887c3c.jpg

C'est ce lundi 19 novembre 2007 que le cercle Gustave Thibon a eu l'honneur de recevoir Monsieur l'Abbé Eric de Beukelaer, porte-parole des évêques de Belgique, afin de nous parler du catholicisme face au langage des médias.

df1be81fc0b1c9c9a325778045d6ea98.jpg

Dès le début, le ton était donné: "Non, les médias ne sont pas de vilains cocos! Ils ne sont que le miroir grossissant de ce que nous sommes, du moins de ce que nous sommes tous en partie." En effet, et c'est le premier point qui fut développé: nous aimons tous raconter des histoires. Et on a souvent tendance à exagérer certains traits, tel le poisson du pêcheur marseillais! Ainsi, il est certain qu'il est plus intéressant d'opposer un Mgr Léonard de "droite", ravi de l'élection de Benoît XVI, et un Cardinal Daneels de "gauche", que cette élection n'enthousiasme guère! Savoir que ces deux hommes, dans la réalité, s'entendent à merveille et apprécient mutuellement l'humour de l'autre n'est pas très bon pour raconter une histoire...il faut de la dualité, de l'opposition, du manichéisme!

Le deuxième point, c'est que, qu'on le veuille ou non, les médias, "ben il faut faire avec!" Et quelque part, tant mieux si ils prennent la peine de contacter un responsable de l'Eglise catholique romaine afin d'avoir son avis sur une question de société. Tout le problème étant de choisir les mots justes et, surtout, de parvenir à faire passer un message dans les quelques secondes extraitent d'un entretien de dix minutes! Exercice difficile si il en est, mais qui, selon notre conférencier, en vaut la peine puisqu'il permet de toucher une multitude de personnes qui n'entend nulle part ailleurs parler du catholicisme.

Troisème point: comprendre que l'Eglise et les médias, c'est deux modes différents de fonctionnement, c'est deux 50f91c265f1d61d1be36642cd37b6df3.jpgcultures à part entière. Pour les médias, seul le court terme compte: une info donnée un jour trop tard est une info inexistante. L'Eglise fonctionne sur le long terme. D'un côté, une temporalité fondée sur l'éternité, de l'autre, une temporalité fondée sur l'immédiateté. Aussi, l'Eglise met en avant une vérité objective, tandis que les médias proposent une vérité subjective, fondée sur l'apparence, sur l'impression. Le pape Jean-Paul II peut n'avoir jamais dit qu'il ne fallait pas porter de préservatifs (vérité objective), peu importe: seule compte l'impression laissée aux public. Ici, selon l'abbé de Beukelaer, nulle mauvaise volonté des médias, mais bien plutôt le signe que sa culture est une culture quelque peu manichéenne. "Vous êtes pour ou vous êtes contre?", "Pour vous, c'est blanc ou c'est noir?" Le court terme ferme la porte à la subtilité, à la nuance, à la profondeur. L'éternité ne se donne pas en un claquement de doigts. La vérité non plus. Elle demande patience, écoute, effort de toute l'intelligence. Le contraire de l'immédiateté qui n'est qu'impatience, bruit et flemme.

Merci à Nicolas pour ses notes!

9147c60621f1c2e854a250a698549940.jpg

Toutes les notes