18.02.2008
Le profit tue la beauté de la nature
"De surcroît, là où l'étendue de la terre russe n'est plus qu'une plaine unie et désertique, sans arbres, adieu la poésie de l'ancien temps, la poésie de nos aïeux et de nos pères, la poésie de notre propre jeunesse. Bientôt, nos enfants ne comprendront plus des expressions comme "Silence, forêt sombre, verte chênaie", de même qu'ils ne comprendront plus le trésor de notre poésie mythologique ou moderne née des fourrés épais de nos forêts récemment encore impénétrables, mystérieuses, tour à tour redoutables, inspirées ou d'une gravité charmante. Et ce sera un appauvrissement énorme des trésors spirituels de notre peuple poétique. Où s'est caché le chant admirable à mille voix, louange à Dieu, chant des oiseaux et de tous les animaux qui résonnait il n'y a pas si longtemps dans nos fourrés verts, en fleurs, intacts, et dans nos délicieux matin de mai? La terre russe désertée, dénudée par l'appât d'un profit obtus, s'enfonce dans un silence sourd, tombal. Ce profit tuera bientôt la goût même des charmes de la nature, comme il a tué sa beauté. Il faut craindre que la terre ne ressemble bientôt à une toile d'araignée géante enserrant tout le globe terrestre où seul surnage un homme émacié, omnivore, semblable à une araignée affamée qui n'a plus rien à dévorer car il a lui-même tout avalé, tué, dépecé tout être vivant à la surface de la terre entière."
Evêque Niconor, dans La revue orthodoxe, décembre 1884
Merci à JesusFranco du site Zentropa pour cette note de lecture vivifiante. Pas besoin de préciser que ce texte s'applique hélas merveilleusement à notre pays.
Autoroute betteravière en Hesbaye - Grand-Leez - Belgique
22:55 Publié dans Dieu aime le Beau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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