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29.02.2008

Carême...

Afin de poursuivre notre effort de Carême, voici un beau texte issu de nos frères orthodoxes, commentaire sur la prière de Saint Ephrem.

 

LA PRIÈRE DE SAINT EPHREM

Parmi toutes les hymnes et prières de Carême se trouve une courte prière que l’on peut appeler la prière du Carême. La tradition l’attribue à l’un des grands maîtres de la vie spirituelle, saint Éphrem le Syrien (+373). En voici le texte :

Seigneur et Maître de ma vie,
l’esprit d’oisiveté, de découragement,
de domination et de vaines paroles,
éloigne de moi.
L’esprit d’intégrité, d’humilité,
de patience et de charité,
accorde à ton serviteur.
Oui, Seigneur et Roi,
donne-moi de voir mes fautes
et de ne pas juger mon frère,
car tu béni aux siècles des siècles. Amen.

Cette prière est lue deux fois à la fin de chaque office du Carême, du lundi au vendredi (on ne la dit pas le samedi et le dimanche, car les offices de ces deux jours ne suivent pas l’ordonnance du Carême). On la dit une première fois en faisant une métanie (prosternation) après chaque demande. Puis on s’incline douze fois en disant : " Ô Dieu, purifie-moi, pécheur ! " Enfin on répète toute la prière avec une dernière prosternation à la fin.

Pourquoi cette courte et si simple prière occupe-t-elle une place aussi importante dans la prière liturgique du Carême ? C’est qu’elle énumère d’une façon très heureuse tous les éléments négatifs et positifs du repentir, et constitue en quelque sorte un aide-mémoire pour notre effort personnel de Carême. Cet effort vise d’abord à nous libérer de certaines maladies spirituelles fondamentales qui imprègnent notre vie et nous mettent pratiquement dans l’impossibilité de commencer même à nous tourner vers Dieu.

La maladie fondamentale est l’oisiveté, la paresse. Elle est cette étrange apathie, cette passivité de tout notre être, qui toujours nous tire plutôt vers le bas que vers le haut, et qui, constamment, nous persuade qu’aucun changement n’est possible, ni par conséquent désirable. C’est, en fait, un cynisme profondément ancré qui, à toute invitation spirituelle, répond : " À quoi bon ? " et qui fait ainsi de notre vie un désert spirituel effrayant. Cette paresse est la racine de tout péché, parce qu’elle empoisonne l’énergie spirituelle à sa source même.

La conséquence de la paresse, c’est le découragement. C’est l’état d’acédie, ou de dégoût, que tous les Pères spirituels regardent comme le plus grand danger pour l’âme. L’acédie est l’impossibilité pour l’homme de reconnaître quelque chose de bon ou de positif : tout est ramené au négativisme et au pessimisme. C’est vraiment un pouvoir démoniaque en nous, car le diable est fondamentalement un menteur. Il ment à l’homme au sujet de Dieu et du monde ; il remplit la vie d’obscurité et de négation. Le découragement est le suicide de l’âme, car lorsque l’homme en est possédé, il est absolument incapable de voir la lumière et de la désirer.

Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est précisément la paresse et le découragement qui emplissent notre vie du désire de domination. En viciant entièrement notre attitude devant la vie, et en la rendant vide et dénuée de tout sens, ils nous obligent à chercher compensation dans une attitude radicalement fausse envers les autres. Si ma vie n’est pas orientée vers Dieu, ne vise pas les valeurs éternelles, inévitablement elle deviendra égoïste et centrée sur moi-même, ce qui veut dire que tous les autres êtres deviendront des moyens au service de ma propre satisfaction. Si Dieu n’est pas le Seigneur et Maître de ma vie, alors je deviens mon propre seigneur et maître, le centre absolu de mon univers, et je commence à tout évaluer en fonction de mes jugements. De cette façon, l’esprit de domination vicie à la base mes relations avec les autres , je cherche à me les soumettre. Il ne s’exprime pas nécessairement dans le besoin effectif de commander ou de dominer les autres. Il peut tout aussi bien tourner à l’indifférence, au mépris, au manque d’intérêt, de considération et de respect. C’est bien la paresse et le découragement, mais cette fois dans leur référence aux autres ; ce qui achève le suicide spirituel par un meurtre spirituel.

Et pour finir, les vaines paroles. De tous les êtres crées, seul l’homme a été doté du don de la parole. Tous les Pères y voient le " sceau " de l’image divine en l’homme, car Dieu lui-même s’est révélé comme Verbe (Jn 1,1). Mais du fait qu’il est le don suprême, le don de la parole est par là même le suprême danger. Du fait qu’il est l’expression même de l’homme, le moyen de s’accomplir lui-même, il est, pour cette raison, l’occasion de sa chute et de son autodestruction, de sa trahison et de son péché. La parole sauve et la parole tue ; la parole inspire et la empoisonne. La parole est instrument de vérité et la parole est moyen de mensonge diabolique. Ayant un extrême pouvoir positif, elle a, partant, un terrible pouvoir négatif. Véritablement, elle crée, positivement ou négativement. Déviée de son origine et de sa fins divines, la parole devient vaine. Elle prête main forte à la paresse, au découragement, à l’esprit de domination, et transforme la vie en enfer. Elle devient la puissance même du péché.

Voilà donc les quatre points négatifs visés par le repentir ; ce sont les obstacles qu’il faut éliminer ; mais seul Dieu peut le faire. D’où la première partie de la prière de Carême : ce cri du fond de notre impuissance humaine. Puis la prière passe aux buts positifs du repentir qui sont aussi au nombre de quatre.

Si l’on ne réduit pas la chasteté, comme on le fait souvent de façon erronée, à son acceptation sexuelle, la chasteté peut être considérée comme la contrepartie positive de la paresse. La traduction exacte et complète du terme grec sophrosyni et du russe tsélomoudryié devrait être  : " totale intégrité ". La paresse est avant tout dispersion, fractionnement de notre vision et de notre énergie, incapacité à voir le tout. Son contraire est alors précisément l’intégrité. Si par le terme de chasteté, nous désignons habituellement la vertu opposée à la dépravation sexuelle, c’est que le caractère brisé de notre existence n’est nulle part ailleurs plus manifeste que dans le désir sexuel, cette dissociation du corps d’avec la vie et le contrôle de l’esprit. Le Christ restaure en nous l’intégrité et il le fait en nous redonnant la vraie échelle des valeurs, en nous ramenant à Dieu.

Le premier fruit merveilleux de cette intégrité ou chasteté est l’humilité. Elle est par-dessus tout la victoire de la vérité en nous, l’élimination de tous les mensonges dans lesquels nous vivons habituellement. Seule l’humilité est capable de vérité, capable de voir et d’accepter les choses comme elles sont et donc de voir Dieu, sa majesté, sa bonté et son amour en tout. C’est pourquoi il nous est dit que Dieu fait grâce à l’humble et résiste au superbe (Pr 3,34 ; Jc 4,6 ; 1P 5,6).

La chasteté et l’humilité sont naturellement suivies de la patience. L’homme " naturel " ou " déchu " est impatient parce que, aveugle sur lui-même, il est prompt à juger et à condamner les autres. N’ayant qu’une vision fragmentaire, incomplète et faussée de toutes choses, il juge tout à partir de ses idées et de ses goûts. Indifférents à tous, sauf à lui-même, il veut que la vie réussisse ici-même et dès maintenant. La patience, d’ailleurs, est une vertu véritablement divine. Dieu est patient non pas parce qu’il est " indulgent ", mais parce qu’il voit la profondeur de tout ce qui existe, parce que la réalité interne des choses que, dans notre aveuglement, nous ne voyons pas, est à nu devant lui. Plus nous nous approchons de Dieu, plus nous devenons patients pour tous les êtres, qui est la qualité propre de Dieu.

Et enfin, la couronne et le fruit de toutes les vertus, de toute croissance et de tout effort, est la charité, cet amour qui ne peut être donné que par Dieu, ce don qui est le but de tout effort spirituel, de toute préparation et de toute ascèse.

Tout ceci se trouve résumé et rassemblé dans la demande qui conclut la prière de Carême et dans laquelle nous demandons " de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère ". Car, finalement, il n’y a qu’un danger : celui de l’orgueil. L’orgueil est la source du mal et tout mal est orgueil. Pourtant, il ne me suffit pas de voir mes propres fautes, car même cette apparente vertu peut tourner en orgueil. Les écrits spirituels sont remplis d’avertissements contre les formes subtiles d’une pseudo-piété qui, en réalité, sous couvert d’humilité et d’auto-accusation, peut conduire à un orgueil vraiment diabolique. Mais quand nous " voyons nos fautes " et " ne jugeons pas nos frères ", quand, en d’autres termes, chasteté, humilité, patience et amour ne sont plus qu’une même chose en nous, alors et alors seulement, le dernier ennemi - l’orgueil - est détruit en nous.

Après chaque demande de la prière, on se prosterne. Ce geste n’est pas limité à la prière de saint Éphrem, mais constitue une des caractéristiques de toute la prière liturgique quadragésimale. Ici, cependant, sa signification apparaît au mieux. Dans le long et difficile effort de recouvrement spirituel, l’Église ne sépare pas l’âme du corps. L’homme tout entier, dans sa chute, s’est détourné de Dieu ; l’homme tout entier devra être restauré ; c’est tout l’homme qui doit revenir à Dieu. La catastrophe du péché réside précisément dans la victoire de la chair - l’animal, l’irrationnel, la passion en nous, - sur le spirituel et le divin. Mais le corps est glorieux, le corps est saint, si saint que Dieu lui-même s’est fait chair (Jn 1,14). Le salut et le repentir ne sont donc pas mépris ou négligence du corps, mais restauration de celui-ci dans sa vraie fonction en tant qu’expression de la vie de l’esprit, en tant que temple de l’âme humaine qui n’a pas de prix. L’ascétisme chrétien est une lutte, non pas contre le corps mais pour le corps. Pour cette raison, tout l’homme - corps, âme et esprit - se repent. Le corps participe à la prière de l’âme, de même que l’âme prie par et dans le corps. Les prosternations, signes psychosomatiques du repentir et de l’humilité, de l’adoration et de l’obéissance, sont donc le rite quadragésimal par excellence.

Extrait d’Alexandre Schmemann, Le Grand Carême :
Ascèse et Liturgie dans l’Église orthodoxe.
Éditions de l'Abbaye de Bellefontaine, 1977.
Reproduit avec l'autorisation des
Éditions de l'Abbaye de Bellefontaine.

 

(Source: http://www.pagesorthodoxes.net/)

 

20.02.2008

La modernité déboussolée creuse sa propre tombe

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La modernité déboussolée creuse sa propre tombe... mais ce n'est pas une raison pour ne rien faire. Le Cercle Gustave Thibon se solidarise à cent pour cent avec la campagne d'"Action Famille" développée ci-dessous.  

URGENT : Ecrivez aujourd'hui aux sénateurs pour leur demander d'interdire le recours à la maternité de substitution et aux mères porteuses !

Madame, Monsieur,

En ce moment même, plusieurs propositions de loi sont en discussion au Sénat visant à autoriser le recours aux mères porteuses et la maternité de substitution (Patrik Vankrunkelsven, OpenVLD et Christine Defraigne, MR). Dans la gestation pour autrui, une femme accepte de porter un enfant – avec lequel elle a un lien génétique ou non - pour le donner immédiatement après sa naissance à une tierce personne ou à un couple, hétérosexuel ou homosexuel.

Action pour la famille asbl est en faveur de l'interdiction complète de la gestation pour autrui. Elle s'oppose fermement à l'autorisation de la maternité pour autrui sur la base d'un contrat ou d'une convention légale de quelque type que ce soit.

Nous sommes loin d'être insensibles à la souffrance des couples qui désirent avoir un enfant et la médecine actuelle permet fort heureusement de résoudre la majorité des cas de stérilité. Mais il n'existe pas de droit à l'enfant. Il faut en premier lieu tenir compte du bien-être de l'enfant et aussi des femmes qui accepteraient de porter un enfant pour s'en séparer immédiatement à la naissance.

D'un point de vue juridique l'autorisation de la gestation pour autrui – même dans des conditions très strictes – va à l'encontre de principes fondamentaux de notre droit. Juridiquement, la mère est la personne qui donne naissance à l'enfant. Une convention de gestation pour autrui mettrait en question le droit de la mère à déterminer la filiation de son enfant. De plus, le corps humain est indisponible et ne peut faire l'objet d'un contrat. Ce principe s'applique aussi bien à l'enfant à naître qu'à l'enfant déjà né qui serait, en vertu d'une convention, destiné à être cédé à autrui par sa mère.

D'un point de vue moral, la gestation pour autrui implique l'instrumentalisation du corps d'une femme qui est uniquement considéré comme un moyen de combler le désir d'un enfant. Naturellement, cette instrumentalisation est accrue lorsque le contrat prévoirait une rémunération ou même un dédommagement de la mère. Même si la loi interdisait toute rémunération et toute forme de commercialisation, comment pourra-t-on en pratique s'assurer du respect de la loi ? Comment éviter dans les faits que des femmes de milieux moins favorisés ne soient utilisées comme mères porteuses ? A tout cela s'ajoutent les risques physiques et médicaux inhérents à une fécondation in vitro et à toute grossesse.

Pour l'enfant aussi, les risques ne sont pas minces. On sait que des liens très forts se tissent déjà en cours de grossesse entre la mère et son enfant. La mère de substitution se devra de combattre sa tendance à créer un lien avec l'enfant pour éviter de subir un dommage psychologique lors de la séparation. Cette situation peut être préjudiciable à l'enfant. De plus, comment l'enfant réagira-t-il lorsqu'on lui dira (si on le fait) qu'il a été porté par une femme pour être ensuite donné à autrui ?

D'avantage d'informations sont disponibles sur le site d'Action pour la famille http://www.actiegezin-actionfamille.be/index.asp

Ecrivez dès aujourd'hui aux sénateurs pour marquer votre opposition à la gestation pour autrui ! (Voir adresses courriel ci-dessous).

Michel Ghins, président
Kris Vleugels, vice-président
Pierre-Alexandre de Maere d'Aertrycke, trésorier
Luc Borkes, collaborateur

Courriels des sénateurs francophones membres de la Commission des affaires sociales et de la Commission de la justice.

Mme. Sfia Bouarfa (PS) sbouarfa@parlbru.irisnet.be
M. Jacques Brotchi (MR) moulia@mr.polgroups.senate.be
Mme. Anne Delvaux (CdH) delvaux@senators.senate.be
Mme. Isabelle Durant (ECOLO) isabelle.durant@ecolo.be
M. Richard Fournaux (MR) fournaux@senators.senate.be
Mme. Dominique Tilmans (MR) tilmans@senators.senate.be
Mme. Christiane Vienne (PS) contact@christianevienne.be
M. Berni Collas (PS) collas@senators.senate.be
M. Georges Dallemagne (CdH) dallemagne@senators.senate.be
Mme. Christine Defraigne (MR) contact@christinedefraigne.be
M. Alain Destexhe (MR) destexhe@senators.senate.be
M. Josy Dubié (ECOLO) josy.dubie@ecolo.be
M. Marc Elsen (CdH) marc.elsen8@gmail.com
Mme. Joëlle Kapompolé (PS) kapompole@senators.senate.be
M. Philippe Mahoux (PS) courrier@philippe-mahoux.be
M. Philippe Monfils (MR) philippe.monfils@skynet.be
Mme. Carine Russo (ECOLO) carine.russo@ecolo.be
Mme. Olga Zrihen (PS) zrihen@senators.senate.be
Mme. Marie-Hélène Crombé-Berton (MR) crombe@senators.senate.be
M. Christophe Collignon (PS) contact@christophe-collignon.be
M. Alain Courtois (MR) alaincourtois@hotmail.com
M. Jean-Paul Procureur (CdH) jean-paul@jpprocureur.be
M. José Daras (ECOLO) jose.daras@ecolo.be
M. Francis Delpérée (CdH) delperee@senators.senate.be
M. Philippe Moureaux (PS) pmoureaux@molenbeek.irisnet.be
M. François Roelants du Vivier (MR)  roelantsduvivier@senators.senate.be

Soutenez notre action en effectuant un virement sur le compte
310-1948222-63

 

PS : Si vous ne désirez plus recevoir les courriels d'Action pour la Famille, veuillez nous le faire savoir en nous renvoyant un e-mail avec comme titre "Désincription"

Prochaine conférence du cercle à l'ULG : Vérité et Université - Mercredi 16 avril 2008

 

A vos agendas ! 

Après plusieurs réunions de réflexion sur le discours "manqué" du pape à la Sapienza (Université romaine), dans lequel Sa Sainteté Benoît XVI aborde la question du rôle de la religion catholique et du pape dans le monde universitaire et plus largement dans la société civile, le cercle vous engage d'ores et déjà à bloquer la date du mercredi 16 avril 2008 pour une conférence donnée par le Frère Marie-Jacques, docteur en philosophie (Communauté des Frères de Saint-Jean à Banneux) à l'Université de Liège (place du XX août) sur le thème :

 

VERITE et UNIVERSITE

 

 

Chesterton, le retour de Don Quichotte

"Toute votre machine est devenue si inhumaine qu'elle en est devenue naturelle. En devenant une seconde nature, elle est devenue aussi lointaine, aussi différente, aussi cruelle que la nature. Le chevalier chevauche à nouveau par les forêts. Seulement c'est parmi les roues qu'il se perd, et non parmi les bois. Vous avez construit votre système sans vie à si grande échelle que vous ne savez pas vous-même comment ni où il frappera. Voilà le paradoxe! Tout est devenu incalculable à force d'être calculé. Vous avez attachés les hommes à des outils si gigantesques qu'ils ne savent pas à qui les coups sont portés. Vous avez justifié le cauchemar de Don Quichotte. Les moulins sont effectivement devenus des géants."
 
G.K. Chesterton, Le retour de Don Quichotte, 1927

Source : Zentropa 

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Bourse de Wall Street - New York

 

18.02.2008

Le profit tue la beauté de la nature

"De surcroît, là où l'étendue de la terre russe n'est plus qu'une plaine unie et désertique, sans arbres, adieu la poésie de l'ancien temps, la poésie de nos aïeux et de nos pères, la poésie de notre propre jeunesse. Bientôt, nos enfants ne comprendront plus des expressions comme "Silence, forêt sombre, verte chênaie", de même qu'ils ne comprendront plus le trésor de notre poésie mythologique ou moderne née des fourrés épais de nos forêts récemment encore impénétrables, mystérieuses, tour à tour redoutables, inspirées ou d'une gravité charmante. Et ce sera un appauvrissement énorme des trésors spirituels de notre peuple poétique. Où s'est caché le chant admirable à mille voix, louange à Dieu, chant des oiseaux et de tous les animaux qui résonnait il n'y a pas si longtemps dans nos fourrés verts, en fleurs, intacts, et dans nos délicieux matin de mai? La terre russe désertée, dénudée par l'appât d'un profit obtus, s'enfonce dans un silence sourd, tombal. Ce profit tuera bientôt la goût même des charmes de la nature, comme il a tué sa beauté. Il faut craindre que la terre ne ressemble bientôt à une toile d'araignée géante enserrant tout le globe terrestre où seul surnage un homme émacié, omnivore, semblable à une araignée affamée qui n'a plus rien à dévorer car il a lui-même tout avalé, tué, dépecé tout être vivant à la surface de la terre entière."
 
Evêque Niconor, dans La revue orthodoxe, décembre 1884

Merci à JesusFranco du site Zentropa pour cette note de lecture vivifiante. Pas besoin de préciser que ce texte s'applique hélas merveilleusement à notre pays.

 

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Autoroute betteravière en Hesbaye - Grand-Leez - Belgique

17.02.2008

Textes - comptes-rendus

19 novembre 2007/ULG 

Conférence de l'Abbé Eric de Beukelaer : Le catholicisme face au langage des médias (Compte-rendu)

17 octobre 2007/ULG

Conférence de Monsieur Hervé Pasqua : La Technique et la Grâce (en cours de rédaction)

 

29 septembre 2007/église du Saint-Sacrement

 Conférence de Monseigneur Léonard : Le "Jésus" de Benoît XVI (Texte intégral)

 

26 mars 2007/ULG

Conférence de l'Abbé Barthe : Après la leçon de Ratisbonne : Benoît XVI et le recentrage du dialogue interreligieux (Texte intégral)

 

 

 

16.02.2008

L'île

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Sur une île du nord de la Russie, un moine orthodoxe trouble la vie de sa communauté. Est-il fou ? Est-il saint ? Les pèlerins accourent. Mais lui souffre d’être un pécheur impardonnable. Un film à ne pas manquer, avant qu'il ne soit trop tard... LP

ILS LE DISENT TOUS avec les mêmes mots : « Il y a eu un ordre. » « Prends et lis… » « Mange cette herbe… » « Allonge-toi sur le sol, face contre terre, les bras en croix… »

Ils le disent tous. Presque avec les mêmes mots. L’ordre était donné avec une immense douceur, un regard empreint d’une céleste bonté, un sourire si bienveillant, une main tendue, des bras ouverts…

Irrésistible élan. Obéissance parfaite et sans délai.

Ensuite ? La joie qui inonde, qui emporte toutes les digues de l’amour propre, de l’ambition, de la vanité, de la peur, de la peur surtout…

Après ? Après l’aveuglement, la vision claire et nette ; après le mutisme, la parole qui jaillit ; après la stérilité, la gestation ; après la surdité la suavité de la céleste musique…

Encore après, vient la « réformation ». La lente abdication des désirs de l’homme ancien, le long et progressif renoncement, la main qui s’ouvre, lâchant peu à peu ce qu’elle croyait tenir.

Pour faire de la place. Pour faire toute la place. Sans savoir à quoi servira l’instrument ainsi purifié, préparé, rénové. Parfois à l’incompréhensible. À la vision du bien et du mal, ailleurs que là ou on l’avait vu ou cru deviner jusque là. À la divination parfois. À la guérison même, victoire sur les démons, qui s’en vont en criant, comme les porcs de l’Évangile, du corps supplicié de la jeune folle.

Dieu agit. Dieu guide. Dieu inspire. Dieu fait parler les statues, illumine les grottes, embrase les buissons, fait gémir de douceur à Gubbio le plus terrible des loups.

Et le purifié parfois se roule dans la fange, mange la boue. Parfois noir de suie de fumée, il étreint les corolles enneigées des fleurs des prés. Mais ainsi devenu terrifiant ou risible, il saura dire non à l’intrus, au destructeur de la vie, à l’ami du confort, du moelleux édredon et des bottes fourrées. Il saura dire oui à la maladresse qui cache la vraie bonté. Il saura sauver l’enfant de la femme désespérée, condamné à mourir.

Ils en témoignent tous, chacun avec leurs mots, de cette succession de larmes amères et de joie profonde, de lamentations, face contre terre comme pour entrer dans l’humus et y cacher sa honte, puis d’allégresse, les yeux au ciel, comme portés par les ailes de l’espérance…

Tous ils le disent, l’écrivent, le racontent, de la petite pauvresse des Pyrénées au grand professeur de rhétorique de Milan et de Carthage, de la belle jeune fille noble d’Avila aux petits paysans de Pontmain, du pape immaculé de la via romana à l’higoumène de "l’Île"…

Tous ils le disent, et personne ne hurle de joie ? Personne n’exhibe leur témoignage, bien haut, comme un phare dans la nuit, pour que tout le monde le voie ? Personne ne rêve de se laisser retourner comme eux par ce soc de charrue neuf, brillant, affûté, qui prépare l’accueil orgasmique de la semence féconde ?

Pourquoi partout ces citadelles du mal, obstacles permanents à l’action de la grâce ? Pourquoi sont elles dressées comme des murs aveugles cassant la beauté des tapis de fleurs ? Pourquoi cette action divine bienfaisante et si puissante s’arrête-t-elle, comme un géant face à un gnome, devant nos minuscules libertés ?

Il faut aller voir l’Ile. Il faut le rendre obligatoire dans les écoles en lieu et place de cet horrible film sur l’avortement décrété leçon obligatoire dans les lycées français en septembre dernier, par des pédagos en folie [1].

Il faut aller le voir. Et il faut se dépêcher. Parce que la grâce divine est comme une jeune fille délicate et pure qui ne s’offrira qu’une fois, et partira pour jamais si elle est dédaignée.

Et parce que les monstres cupides de la production cinématographique ont déjà retiré ce film non commercial de presque toutes les salles parisiennes…



Catherine Rouvier,
le 11 février 2008
,
150e anniversaire de la première apparition de Marie à Bernadette à Lourdes.




Pour en savoir plus :

L’Île, film russe de Pavel Lounguine, sur les écrans depuis le 9 janvier.
■ Bande annonce : Allocine.fr
■ Le film est actuellement joué dans 9 salles :


[1] 4 mois, 3 semaines, 2 jours, film roumain de Christian Mungiu, Palme d’or Cannes 2007. Cf. Peut-on tout montrer ? L’avortement dans les salles de classe, Décryptage, 13 juillet 2007.

( Source: http://www.libertepolitique.com/public/decryptage/article... )

14.02.2008

Deux mondes...

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Incorrigibles!

Bigre! On ne croyait pas si bien dire en annoncant hier, avec une certaine hésitation, le possible début des "hostilités" de la part des médias envers l'Eglise pendant le carême!

En effet, Le Soir et La Meuse reprenait une info de l'hebdomadaire Dag Allemaal comme quoi le neveu du Cardinal Danneels aurait, de par sa profession, empêché l'élection de celui-ci sur le siège papal. Pour rappel, ce neveu est...acteur porno!

Hier également, c'est la diffusion d'un reportage intitulé "Sex crimes and the Vatican", lors de l'émission Questions à la Une" (de l'inoxydable Jean-Claude Defossé) qui semblait marquer la deuxième salve. Le porte-parole des évêques de Belgique, l'Abbé Eric de Beukelaer, s'est fendu d'un communiqué de presse, afin d'apporter quelques éclaircissements sur ce reportage. Et vous verrez combien ils sont nécessaires!

En ce qui nous concerne, nous ne pouvons que condamner fermement ces actes qui, de la part de prêtres ou religieux, plongent de nombreuses âmes dans l'abîme plutôt que de les mener au Christ. Mais nous ne pouvons que regretter une désinformation permanente sur la réalité des abus sexuels quand leur recension semble se focaliser uniquement sur la figure du prêtre. Nous renvoyons, à la fin de ce post, vers une étude diffusée par la Catholic League (USA) sur les abus sexuels envers les enfants. Avec surprise, on constatera un fait rarement mis en avant: les plus grand nombre de pédophiles sont d'abord à chercher dans...les familles! Viennent ensuite les enseignants et éducateurs, puis les psychologues, les rabbins et les pasteurs, puis...les prêtres catholiques. On regrettera de ne pas avoir de chiffre pour le clergé orthodoxe. 

 

«Sex crimes and the Vatican»– Du vrai… pas neuf et du neuf… pas vrai

Eric de Beukelaer, porte-parole des Evêques

Résumé

  • «Sex crimes and the Vatican», documentaire produit par la BBC, sera diffusé ce mercredi 13 février à 20h 20 dans de la le cadre du magazine «Questions à la Une» sur les antennes de la Une (RTBF). D’après la présentation qu’en fait ces jours-ci la presse TV, ce documentaire démontrerait de façon accablante qu’en la personne du pape actuel, le Vatican aurait – et cela depuis des années – sciemment mis en place une procédure pour protéger les prêtres pédophiles. La présente information à la presse a pour objectif de recadrer les choses.
  • Le documentaire dénonce à juste titre un drame, qui n’est malheureusement pas un «scoop»: Trop longtemps a sévi une culture du silence – voire de la complaisance – par rapport à la pédophilie. Elle a sévi dans toute la société, mais n’a pas épargné l’Eglise. Et cela est grave, vu la confiance que des jeunes victimes mettaient dans les religieux.
  • Là où le documentaire dérape, c’est quand il dénonce un complot proprement mafieux ayant pour parrain suprême le pape actuel: Complot qui viserait à sciemment étouffer le scandale de la pédophilie dans l’Eglise et à protéger les abuseurs. L’instruction de 1962, « Crimen sollicitationis » que le documentaire accuse d’orchestrer cela, est en fait un document qui ne visait pas avant tout les actes de pédophilie et n’entendait en rien faire obstacle à l’action de la justice étatique.

Revue de presse accablante

La presse TV annonce la diffusion de «Sex crimes and the Vatican» sans s’encombrer de nuances : «Pédophilie et Eglise sont-elles encore liées par des liens sacrés? Réalisé par la BBC, ce sujet s’intéresse au fameux «crimen sollicitationis», le décret mis en place par le Vatican pour étouffer les abus sexuels d’enfants commis par des prêtres dans tous les pays. La personne responsable de la mise en application de cette loi du silence, c’est le cardinal Ratzinger, l’actuel pape Benoît XVI. Cette enquête affligeante démontre comment, depuis des décennies, l’Eglise met tout en œuvre pour protéger des prêtres violeurs d’enfants, alors que rien n’est fait pour aider les victimes de ces crimes sexuels. Bonne soirée quand même…» (Télémoustique) «C’est une sorte de pacte signé par des prêtres catholiques. Ceux-ci promettent de passer sous silence certains actes pédophilies et crimes sexuels en tous genres afin de conserver une image positive du catholicisme en général et de ne pas éclabousser l’Eglise. Par cette convention, tout est clairement mis en œuvre pour que les crimes commis par les évêques (sic!) soient jugés par le Vatican et non par l’instance du pays dans lequel ils œuvrent. Ainsi, leur protection est assurée. Les enquêteurs démontrent par des preuves affligeantes comment, depuis des dizaines d’années l’Eglise met tout en œuvre pour protéger des prêtres violeurs d’enfants, des criminels sans scrupule qui se cachent derrière leur robe afin de commettre l’irréparable.» (Ciné Télé Revue) «Depuis vingt ans, le Vatican a mis au point une procédure, un décret qui permet d’étouffer les abus sexuels d’enfants commis par des prêtres dans tous les pays. La personne responsable de la mise en application de cette loi du silence, c’est le cardinal Joseph Ratzinger, l’actuel pape Benoît XVI.» (Télépro)

Du vrai… qui n’est pas neuf

«Sex crimes and the Vatican» fut produit en 2006 par «Panorama», le magazine d’investigation de la BBC. Le documentaire peut être visionné sur le site de la BBC (http://news.bbc.co.uk/player/nol/newsid_5400000/newsid_54...). Partant du calvaire vécu par les victimes, l’émission rappelle une vérité qui – si lourde soit-elle – n’est pas nouvelle: Des ministres ou religieux catholiques se sont rendus coupables d’abus sur des mineurs d’âge. Dans plusieurs cas, les autorités ecclésiastiques étaient averties et n’ont pas réagi en prenant les mesures qui s’imposaient. Cela alla parfois même jusqu’à la complaisance irresponsable – voire coupable – par rapport aux abuseurs. Comment expliquer cela? Le documentaire répond avec exactitude: Une culture du silence régnait au nom du «bien supérieur de l’Eglise». Afin de ne pas scandaliser les fidèles, certaines autorités ecclésiales jugeaient qu’il valait mieux déplacer le prêtre coupable sans trop ébruiter l’affaire et demander la discrétion à tous. Pareille façon d’agir n’était pas propre à l’Eglise. On la retrouvait également au sein des familles, dans le monde scolaire et même chez des intellectuels (Rappelons-nous l’écrivain Gabriel Matzneff reçu le 12 septembre 1975 chez Bernard Pivot). Si la culture ambiante de l’époque permet donc de mieux comprendre les silences, elle n’excuse rien : Le service de l’Evangile doit faire primer dans l’Eglise la défense des plus faibles avant toute autre considération.

Le documentaire ignore par contre que – à l’instar de toute la société – l’état d’esprit a changé dans l’Eglise et que des mesures ont été prises à tous les niveaux. Rappelons les paroles que le cardinal Ratzinger prononça au Colisée à l’occasion de sa méditation du chemin de croix 2005: «Les vêtements et le visage si sales de ton Eglise nous effraient. Mais c'est nous-mêmes qui les salissons! C'est nous-mêmes qui te trahissons chaque fois, après toutes nos belles paroles et nos beaux gestes. Prends pitié de ton Eglise...». Evidemment, aucune mesure n’est parfaite et le scandale des abus sexuels sur les enfants n’est pas pour la cause un chapitre clos dans l’Eglise catholique. Il est donc normal que la presse veille au grain. C’est ce que fit ce 2 février l’émission radio de Jean-Pol Hecq (RTBF – «la Première»): «Et Dieu dans tout ça?». Elle aborda le sujet de la pédophilie dans l’Eglise catholique sans complaisance, mais avec une rigueur journalistique qui fait honneur à la profession. On ne peut malheureusement pas en dire autant du présent documentaire, comme le démontre ce qui suit.

Du neuf (pas si neuf que ça) … qui n’est pas vrai

Le documentaire de la BBC dérape quand il insinue que la culture du silence qui régnait dans l’Eglise fut sciemment orchestrée depuis le Vatican et plus particulièrement pilotée par celui qui deviendra pape sous le nom de Benoît XVI. Pour étayer leur thèse, «Sex crimes and the Vatican» se base sur deux documents émanant de la Congrégation dirigée un temps par le futur Benoît XVI. D’après l’émission, ces écrits visaient à étouffer toute dénonciation d’abus sur des mineurs. De quels documents s’agit-il? Le plus récent est la lettre « Ad exequendam ». Ce texte fut envoyé en 2001 par le cardinal Ratzinger aux évêques de toute l’Eglise catholique. Manœuvre d’étouffement, comme l’induit l’émission? Il s’agissait au contraire de s’assurer que diverses graves infractions – dont les cas les cas d’abus sexuels – soient pris en charge de manière appropriée par les autorités ecclésiastiques locales, parfois trop complaisantes avec les abuseurs. A cette fin, le document ordonne que le Vatican soit informé de chaque affaire pour pouvoir veiller à ce qu’elle soit correctement traitée. Ajoutons que ce document n’entendait, en aucune manière, faire obstacle aux enquêtes des autorités civiles, mais simplement mieux faire fonctionner les procédures d’Eglise.

Une note dans « ad exequendam » sort de l’oubli un autre document qu’il remplace: «Crimen sollicitationis » (trad. le «crime de sollicitation») date de 1962, soit vingt ans avant l’arrivée du cardinal Ratzinger à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi (1982). Cet écrit donnait des instructions aux évêques sur la manière de procéder en cas de «crime de sollicitation». Comme le rappelle l’introduction du document, ce crime «prend place quand un prêtre tente un pénitent, quel qu’il soit, dans le cadre ou à l’occasion du sacrement de la confession, ou immédiatement avant ou après, afin de solliciter de lui une faveur de nature impure ou obscène». (Pour une traduction privée du document en anglais, pas toujours précise, consulter: http://www.bishop-accountability.org/resources/resource-f...) Sans les exclure, le «crime de sollicitation» ne vise donc pas avant tout les actes de pédophilie, mais concerne l’ensemble des fautes commises dans le domaine sexuel en lien avec le sacrement de confession par un prêtre et ceci à l’égard de quiconque: adulte ou mineur, de l’un ou l’autre sexe. «Crimen sollicitationis» n’invite en aucune manière à faire obstruction au travail de la justice d’un pays. La confidentialité entourant les procédures ecclésiastique visait à protéger le secret de confession, la réputation des parties en cause et celle de l’Eglise par peur du scandale. Le journaliste américain John Allen, éminent expert en affaires catholiques, étudia la question dans un écrit d’août 2003: «Que Crimen Solliicitationis n’avait pas pour objectif d’étouffer les abus sexuels, apparaît dans le paragraphe 15 du document, qui oblige – sous peine d’excommunication – toute personne ayant la connaissance d’un prêtre qui abuse du confessionnal dans ce but, de le dénoncer, de peur qu’un tel délit reste occulte et impuni, causant de la sorte de graves dommages aux âmes.» (Consulter : 1962 document orders secrecy in sex cases). «Crimen sollicitationis» ne fut que fort peu appliqué et perdit sa pertinence légale avec l’entrée en vigueur du nouveau Code de droit canonique en 1983. Finalement, l’instruction fut remplacée en 2001 par « ad exequendam ».

Reste alors le trouble causé par les déclarations du père Tom Doyle – canoniste ayant travaillé au Vatican – déclarations sur lesquelles se fonde une bonne part de l’argumentation du documentaire. Dans «Sex crimes and the Vatican» cet ecclésiastique affirme: «Ce que vous avez ici est une politique explicite d’étouffement des affaires d’abus sexuels sur des mineurs commis par des membres du clergé.» Ces paroles ont sans doute dépassé la pensée de son auteur, car dans une lettre adressée le 13 octobre 2006 au journaliste John Allen, le père Doyle fait marche arrière en expliquant: «Bien que j’aie été un consultant pour les producteurs de ce documentaire, je crains qu’ont été perdues certaines distinctions que j’avais faites à propos du document de 1962. Je ne crois pas et n’ai jamais cru qu’il fallait y voir la preuve d’une conspiration explicite, au sens propre du terme, visant à étouffer les affaires d’abus sexuels.» (Consulter: http://ncrcafe.org/node/530).

Réactions

Diffusé pour la première fois le 1er octobre 2006 sur les antennes de la BBC, ce documentaire a entraîné une réaction énergique du cardinal Cormac Murphy-O’Connor, archevêque de Westminster et président de la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles. Il envoya une lettre au directeur général de la BBC « pour exprimer l’immense déception et l’inquiétude de la communauté catholique » du fait de la diffusion de cette émission: « Personne ne peut nier les effets dévastateurs des abus d’enfants dans notre société et le mal qui est infligé aux victimes et à leurs familles. Ceci est particulièrement honteux lorsque ces abus sont commis par un prêtre et il est évidemment légitime de diffuser les éléments déchirants relatifs à ce mal », avait reconnu le cardinal. « Toujours est-il que votre émission cherche à nuire gravement au pape Benoît XVI, guide d’un milliard de catholiques à travers le monde. Il me semble plutôt clair que le principal objectif de l’émission est de chercher à créer un lien entre le pape Benoît XVI et le fait de couvrir des abus sur enfants dans l’Eglise catholique. C’est un acte malveillant ne correspondant pas à la vérité, et qui est basé sur une présentation erronée des documents de l’Eglise. Je ne comprends pas pourquoi personne de votre société n’a fait la moindre tentative de contacter l’Eglise catholique de ce pays pour demander de l’aide dans la recherche d’informations exactes sur cette question », avait encore dénoncé le cardinal.

De son côté, le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège s’exprima le 1er juin 2007 sur les antennes de Radio Vatican, en déclarant le documentaire de la BBC «gravement injuste quand il dirige ses critiques sur les motivations des documents ecclésiaux dont la nature et la finalité est dénaturée et quand il prend pour cible la figure du cardinal Ratzinger, aujourd’hui Benoît XVI». Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a aussi souligné combien, «dans l’Eglise, il y a une volonté forte de regarder en face les problèmes et de les affronter avec loyauté». Il y a des prêtres qui s’engagent «avec compétence et dévouement sur le front de la lutte contre la pédophilie», a-t-il ajouté. «Les dénonciations peuvent certainement pousser à affronter et résoudre les problèmes sous-évalués ou cachés», a continué le père Lombardi. «En même temps, ils ne doivent pas devenir une contre vérité, jusqu’à être instrumentalisés pour détruire plutôt que pour construire», a-t-il souligné.

Il va sans dire que les évêques de Belgique souscrivent à ces analyses. «Sex crimes and the Vatican» peut être visionné par tous sur internet depuis plus d’un an. Ce documentaire est donc – médiatiquement parlant – loin d’être nouveau. Ses dérapages, non plus. Il est loisible aux téléspectateurs de donner leur opinion sur cette question auprès du service médiation de la RTBF: mediation@rtbf.be. (ou : Médiation RTBF, 52, boulevard Reyers, 1044 Bruxelles).

SIPI – Bruxelles, mardi 12 février 2008

Contact : Administrateur Portail Catho.be

(Source:  http://www.catho.be/single.aspx?id=3051&lng=fr )

 

Pour l'étude de la Catholic League: http://www.catholicleague.org/research/abuse_in_social_co...

13.02.2008

Première salve?

Vous le savez, si nous avions invité l'Abbé Eric de Beukelaer a présenter une conférence sur le catholicisme et les médias, c'est parce que nous sommes de plus en plus sceptique quant à l'objectivité de ces derniers sur les sujets touchant au catholicisme. Vous avez pu le constater par vous même à propos de la manifestation de Madrid qui, le 30 décembre dernier, a réuni deux millions de citoyens afin de défendre le modèle de la famille traditionnelle. On en a si peu parlé qu'on se demande même si il y a jamais eu autant de monde. Sans doute n'était-ce pas assez "croustillant" comme information!

Depuis deux ans, à cette période, un semblant de rituel paraît se mettre en place dans les médias: durant la période la plus importante du calendrier chrétien, à savoir Carême et surtout Pâques, paraissent des informations (interview, reportages télévisés) qui s'en prennent automatiquement à l'Eglise catholique. On se souvient du reportage de Mr Jean-Claude Defossé (RTBF) sur Lourdes, ou encore l'interview tronquée de Mgr Léonard parue dans Télémoustique. Nous étions donc impatient de voir ce que nous réservait cette nouvelle année!

Et voilà que la premièe salve semble lancée! Et elle est des plus croustillante! L'info figure dans La Meuse (édition régionale) du jour, ainsi que dans Le Soir (édition nationale): le neveu du cardinal Daneels est le roi du porno! Agé de 36 ans, Dries Breyne (surnommé "Byrne") a été acteur avant de devenir producteur à Prague. Il est apparemment respecté dans le milieu, et les rapports avec la famille se passent le mieux du monde. Même avec son cardinal d'oncle! Mais pourquoi faire un article là-dessus dès lors?

Tout est dans le titre (voir ci-dessous): Danneels était un des favoris (voire le favori...) pour succéder à Jean-Paul II, mais le métier de son neveu aurait empêché son élection. Remarquons que La Meuse titre dans le même sens: " Le neveu de Danneels est le roi du porno. Cela aurait privé le cardinal du titre de pape" (La Meuse, 13/02/2008, p.3) Mais lorsqu'on lit le contenu de l'article (identique dans les deux journaux), on se demande vraiment pourquoi un tel titre, puisque le neveu lui-même avance que "c'est totalement insensé. Ce ne sont que des rumeurs. Mon métier d'acteur porno n'a influencé aucun membre du conclave." Si pour notre homme son métier n'a eu aucune influence sur la non élection du Cardinal Danneels, on s'attend, légitimement, à trouver un supplément d'information justifiant le titre de l'article, quelque chose du genre: "ce n'est pourtant pas ce que pense untel, qui sait de source sûre etc." Non, l'article se termine ainsi, en eau de boudin, ne semblant délivré qu'une information: le neveu du cardinal est le roi du porno.

"Semblant" disons-nous car, à y regarder de plus près, il y a au moins une autre information qui passe, contenue entièrement dans le titre. Le sens connoté de celui-ci n'est pas neutre, il nourrit un préjugé savamment distillé dans le commun des mortels: l'Eglise est rétrograde, elle n'est pas adaptée à notre époque. Les cardinaux réprésentent de façon métonymique l'Eglise, et on nous dit qu'ils ont probablement été choqués. L'Eglise est donc choquée par le métier du neveu du cardinal. Vu le type de "métier" (peut-on parler de métier...), l'Eglise aurait refusé la succession de Jean-Paul II. Ce qui sous-entend que l'Eglise reste décidemment toujours crispée sur la question du sexe.  Dans le même temps, agissant ainsi, elle rendrait responsable le cardinal de tous les actes posés par sa famille. Ce qui renvoie à l'idée d'institution totalitaire, qui pèse d'une chappe de plomb sur vous, votre vie, mais aussi  celle de votre entourage.

Au final passe le message que l'Eglise (à travers ses cardinaux) est toujours en froid avec le sexe (au point d'empêcher l'élection du cardinal) et qu'en plus, elle se veut toujours "totalitaire" (puisqu'elle imputerait au cardinal une responsabilité dans les actes de son neveu). Quand on sait que nombre de lecteurs survolent les titres d'un quotidien, sans s'attarder sur le contenu des articles, on ne peut que s'interroger sur la raison d'être de cet article.   

 

mercredi 13 février 2008, 10:21

Godfried Danneels était l’un des favoris pour succéder à Jean-Paul II. Mais le côté progressiste du primat de Belgique aurait gêné certains représentants de l’Eglise catholique. A moins qu’ils n’aient été choqués par le métier qu’exerce le neveu de Mgr Danneels: acteur porno.

Souvenez-vous: en avril 2005 décédait le pape Jean-Paul II, des suites d’une longue maladie. Le conclave, qui réunissait plus de 100 cardinaux, devait lui trouver un successeur. Parmi les favoris, le Belge Godfried Danneels.

La suite de l’histoire est connue: Mgr Danneels n’est pas élu et c’est le cardinal Ratzinger qui devient chef de l’Eglise catholique, sous le nom de Benoît XVI. De nombreux analystes se penchent sur l’“ échec ” de Godfried Danneels. Pour eux, l’esprit progressiste et les prises de positions du primat de Belgique auraient pu refroidir les ardeurs de certains cardinaux.

Mais nos collègues de l’hebdomadaire Dag Allemaal avancent, cette semaine, une nouvelle hypothèse. Ils ont en effet découvert que le neveu de Mgr Danneels n’est autre que la plus grande star flamande du porno. Ce qui aurait pu choquer certains membres du conclave.

Âgé aujourd’hui de 36 ans, Dries Breyne (aussi connu, dans le monde du X, sous le pseudonyme “ Byrne ”) est né dans le Nord de la France, à Lille. Abandonné dès sa naissance par sa mère, le bambin est recueilli par Paul Breyne et son épouse, Godelieve Danneels, sœur du primat.

Accepté par la famille

Depuis lors, le petit Dries a bien grandi. Il est devenu un acteur porno réputé et un producteur respecté dans le milieu.

S’il réside actuellement à Prague (l’une des capitales du porno), Dries Breyne revient fréquemment en Belgique, notamment lorsque se tiennent des réunions de familles.

“ Et contrairement à ce que vous pourriez penser ”, confiait-il à nos collègues néerlandophones, “ cela n’a jamais posé le moindre problème. Les temps ont changé, les mentalités ont évolué. L’époque où ma famille était gênée par mon métier est révolue. ”

Quant à l’impact qu’aurait pu avoir son métier dans la nomination du cardinal Ratzinger en lieu et place de son oncle, Dries Breyne est catégorique: “ C’est totalement insensé. Ce ne sont que des rumeurs. Mon métier d’acteur porno n’a influencé aucun membre du conclave. ”

(Source: Le Soir.  http://www.lesoir.be/actualite/belgique/mon-dieu-le-neveu... )

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