17.09.2007
Causerie de Monseigneur Léonard
A l'église du Saint-Sacrement
Boulevard d'Avroy, 132 à Liège
Le samedi 29 septembre 2007, à 17h15
Conférence pour la rentrée académique et scolaire,
LE "JÉSUS" DE BENOÎT XVI

Présenté et commenté par Mgr Léonard.
"Ce livre donne à découvrir la réponse de Benoît XVI à la question 'Pour vous, qui suis-je?'. Le lecteur attentif percevra que l'on n'en sort pas indemne."
frère Ph. Nouzille, osb Ligugé, Eglise de Liège (mensuel diocésain)
L'entrée est libre, et le livre sera disponible à la vente pour ceux qui souhaiteraient l'acquérir. Cette causerie sera suivie de la messe grégorienne du Saint-Esprit, à 18h00 (voir la rubrique Activités du cercle: "Messe pour la rentrée académique et scolaire").
Cette manifestation est organisée avec le concours de l'Union Royale des Etudiants Catholiques de Liège et l'ASBL Sursum Corda.
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12.09.2007
Bobin...à méditer
"Je suis incapable de séparer la pensée de la beauté. Elles ont pour racine commune le réel. Les petits astres que forment les pissenlits au mois de juin sont beaucoup plus réels et éclairants que toutes les lampes de nos savoirs. Ce que je recherche, et que j'ai du mal à nommer, ne se trouve pas dans les endormissements théoriques, pas plus que dans les agacements de l'économie ou le bruit machinal du monde. Cette chose me concerne personnellement et, je crois, concerne chacun de nous."
"L'irréel, c'est la perte du sens humain, c'est-à-dire la perte de ce qui est fragile, lent, incertain. L'irréel, c'est quand tout est très facile, quand il n'y a plus de mort et que tout est lisse. Contrairement aux progrès techniques, les progrès spirituels sont équivalents à un accroissement de difficultés: plus il y a d'épreuves, plus vous vous rapprochez d'une porte paradisiaque. Alors que l'irréel vous décharge de tout, y compris de vous-même: tout circule merveilleusement, mais il n'y a plus personne."
Christian Bobin, écrivain, interviewé dans Le Monde des religions, septembre-octobre 2007
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06.09.2007
"Laissez venir à moi les petits enfants"

En avant propos à la conférence de Monsieur Hervé Pasqua sur la "Technologie et la Grâce", je me permets de lancer le débat sur les bienfaits de la technologie dans notre société "hypermoderne". Pour caricaturales que soient les images que je livre ici à la réflexion des internautes, force nous est de reconnaître que le tout technologique est en passe de devenir une réalité pour une grosse majorité de notre jeunesse, avec des conséquences que nul ne peut ignorer. A la manière de Gustave Thibon qui ne dédaignait pas livrer dans ses ouvrages des anecdotes "de village" pour mieux asseoir ses théories, je voudrais rapporter ici ce que m'a raconté une de mes connaissances lors de mes vacances en France. Ce dernier, possédant une magnifique villa dans le Périgord, avec piscine, gigantesque jardin, chien, ânes, vélos, le tout entouré de collines couvertes de vignes entre lesquelles serpentent de "petits chemins creux", me racontait avec étonnement le comportement de ses petits-enfants, lorsqu'ils passaient leurs vacances chez "grand-papa".
Certes, les "petits-enfants" de ma connaissance ne sont plus si petits aujourd'hui et je dois préciser pour être totalement honnête que ces derniers étaient, lors de leurs vacances précédentes en France, entrés de plein pied dans l'"âge ingrat". Il reste que tout adolescent normalement constitué, s'il ne s'enthousiasme plus comme un bambin à la vue d'un âne ou d'un chien galopant dans les vignes (ce qui entre nous soit dit n'est cetainement pas une preuve de maturité mais plutôt le signe manifeste d'une perte progessive du sens du beau), eût néanmoins souhaité par les jours de grosse chaleur piquer une bonne tête dans la piscine luxueuse du grand-père. Passe-temps bourgeois s'il en est mais ô combien rafraîchissant. Mais Grand-papa avait eu la mauvaise idée de se doter, outre la piscine, de tout le "confort moderne" et il possédait ainsi un ordinateur connecté à internet. Je vous laisse deviner la suite... Après quelques jours de vacances les "ados" avaient conservé leur beau teint blanc et seuls étaient rougis leurs yeux...par la lumière de l'écran.
La question que je me pose à présent est la suivante: le Christ, s'Il devait revenir sur terre aujourd'hui, laisserait-Il venir à lui tous les enfants ? Ou autrement formulée: Assis sur les pierres d'un puits asséché d'Europe occidentale, aurait-Il encore le bonheur pendant son repos de voir gambader autour de lui des "enfants" au sens où l'entendent les Evangiles ? Que l'on comprenne bien le sens de ma question, il ne s'agit pas ici de condamner en priorité le comportement de notre jeunesse de plus en plus dépendante de toutes les trivialités diffusées par les moyens de communication modernes. Je ne pense pas d'ailleurs que le Christ revenant sur Terre serait particulièrement sévère à son égard. Par contre il est certain que tout chrétien devrait dès aujourd'hui s'interroger sur le sort que Notre Seigneur réservera à tous ceux qui ont ruiné sciemment la jeunesse de ces innocents. Ceux qui ont diffusé la culture de mort et ceux qui ont laissé faire.
23:09 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.09.2007
L'Encyclopédie de l'Agora
Dieu sait si la toile peut être, à l'occasion, un lieu (ou plutôt un "non-lieu"!) où l'internaute que nous somme peut y perdre un temps bête à voguer de sites en sites, de pages en pages, sans avoir, au final, l'impression d'être plus instruit qu'avant ce zapping infernal. Oui, on trouve de tout sur Internet, et c'est sans doute cela le problème! Car, pour une information recherchée, combien de pages au contenu plus ou moins heureux aurons-nous parcourus?
C'est pourquoi on ne peut que se féliciter de l'existence de sites de qualité qui répondent non seulement au critère de qualité en terme de contenu, mais également en terme de mise en page. C'est le cas de "L'Encyclopédie de l'Agora", site québécois, qui fourmille de multitudes d'informations dans de nombreux thèmes, à travers articles et références de qualité. Bref, un site intelligent, clair et instructif.
N'hésiter donc pas à le parcourir, ici: http://agora.qc.ca/encyclopedie.nsf , ni à lire leur excellente présentation de notre patron, ici: http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Gustave_Thibon#docume...
08:20 Publié dans Liens | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
03.09.2007
A contre-courant!
Voici le texte d'une homélie de S.S. Benoît XVI. Elle résume assez bien une part de nos positions, notamment sur le chemin de l'humilité. En effet, si notre patron s'appelle Thibon, c'est bien parce qu'il avait, entre autres qualités, d'être d'une modestie à toute épreuve, au point que bon nombre de ces ouvrages n'ont été publiés que sur l'insistance de ses amis, tels les philosophes Gabriel Marcel ou Jacques Maritain. Car Thibon, loin de se présenter tel un maître, s'affirmait d'abord disciple. Il était admiratif de Nietzsche, de Victor Hugo, de Saint Jean de la Croix, de Simone Weil (qu'il révéla au public) et de tant d'autres, si bien que c'est toujours dans cette posture de disciple qu'il aimera à se présenter. Nous ne dérogerons pas à cette règle.
Mais cela ne l'empêchait point d'être critique! D'une critique cependant constructive. Or, et c'est là un deuxième élément de cette homélie, il nous est demandé d'être "critique". On ne le souligne sans doute jamais assez, mais le christianisme possède de façon inhérente une force critique vis-à-vis de notre temps, puisque le Christ lui-même nous demande de ne point nous corrompre avec l'esprit du temps, ce qu'exprime magnifiquement Guillaume de Saint Thierry dans sa quatrième méditation:
"Enseignez-moi, Seigneur, homme grossier qui sort du siècle grossier, la discipline de votre cité et l'urbanité de votre cour; faites-moi perdre le caractère du siècle auquel je m'étais conformé; rendez-moi semblable aux hommes de votre cité , pour que je n'apparaisse pas, parmi eux, comme quelqu'un de repoussant..." (Guillaume de Saint-Thierry, Meditativae Orationes, Texte et traduction par M.-M. Davy, Librairie Philosophique J. Vrin, Paris, 1934, pp.112-113)
Pour atteindre cet objectif, c'est sans cesse que le chrétien doit exercer sa raison critique sur notre monde. Or, cela demande du courage, car il est de plus en plus difficile d'aller à l'encontre de certains idéaux de nos sociétés...de nager à contre-courant. Mais comme le rappelle le pape, il faut que certains incarnent cette possibilité de vivre "selon la plénitude d'humanité manifestée par Jésus-Christ". Prenons appui sur l'Esprit Saint, lequel, selon le mot de Mgr Jousten, nous "invite à vivre encore plus davantage, plus radicalement notre foi".
Jean
Lorette : Le pape invite les 500.000 jeunes présents à aller à « contre-courant »
Homélie de la messe de dimanche
ROME, Dimanche 2 septembre 2007 (ZENIT.org) – Le pape Benoît XVI a invité les quelque 500.000 jeunes venus le rencontrer, à Lorette, en Italie, à ne pas avoir peur d’aller à « contre-courant » dans un monde qui tente de séduire avec des modèles de violence ou de « succès à tout prix ».
« Vous êtes les destinataires des nombreux messages qui vous parviennent, surtout à travers les mass media ! Soyez vigilants ! Soyez critiques! » a déclaré le pape au cours de la messe marquant la fin de la rencontre des jeunes rassemblés sur l’immense esplanade de Montorso, près de Lorette.
L’esplanade était située à quelques kilomètres du sanctuaire où, selon la tradition, a été portée pierre par pierre la maison de Marie de Nazareth.
La plupart des jeunes avaient passé la nuit dans la prairie, à la belle étoile ou sous des tentes. Une première rencontre avec le pape avait eu lieu hier soir.
La messe était concélébrée par 150 évêques et 2000 prêtres. Au cours de son homélie, le pape a expliqué aux jeunes que le chemin de l’humilité dont parlait l’Evangile de ce dimanche n’est pas « le chemin du renoncement mais celui du courage ».
Sous un soleil brûlant, le pape a transmis son message central aux jeunes.
« Le message est celui-ci : ne suivez pas le chemin de l’orgueil mais celui de l’humilité », a-t-il déclaré.
« Allez à contre-courant : n’écoutez pas les voix intéressées et persuasives qui diffusent aujourd’hui de toutes parts des modèles de vie marqués par l’arrogance et la violence, la présomption et le succès à tout prix, l’apparence et la possession, au détriment de l’être ».
Soulignant l’influence énorme des media sur les jeunes, le pape a ajouté : « Ne suivez pas la vague provoquée par cette puissante action de persuasion ».
« N’ayez pas peur, chers amis, de préférer les voies ‘alternatives’ indiquées par l’amour vrai : un style de vie sobre et solidaire ; des relations affectives sincères et pures ; un engagement honnête dans l’étude et le travail ; un intérêt profond pour le bien commun ».
Le pape a encouragé les jeunes à ne pas avoir « peur d’apparaître différents et d’être critiqués pour ce qui peut sembler perdant ou démodé ».
« Les jeunes de votre âge, mais également les adultes, et spécialement ceux qui semblent le plus éloignés de la mentalité et des valeurs de l’Evangile, ont profondément besoin de voir des personnes qui osent vivre selon la plénitude d’humanité manifestée par Jésus Christ », a-t-il déclaré.
« Le chemin de l’humilité, chers amis, n’est donc pas le chemin du renoncement mais celui du courage. Ce n’est pas le résultat d’une défaite mais le résultat d’une victoire de l’amour sur l’égoïsme et de la grâce sur le péché », a affirmé le pape.
(Source: Zenit.org)
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30.08.2007
Petit clin d'oeil à Gustave...
Elle se cachait bien, tout là haut, dissimulée par les feuillages serrés que mon cueille-fruit perçait difficilement. Sa teinte l'aurait préservée de ma cueillette si ce cercle brun qui entourait sa base n'avait attiré mon attention. Je tends le bras...joue l'équilibriste sur les branches...tire un petit coup sec...ça y est! Ses rondeurs trahissent sa présence au fond du sac. Je la sort, je la détaille, afin de m'assurer que les geai n'y ont pas, comme sur tant d'autres, laissés traces de leurs coups de bec...puis je m'attarde sur ce cercle... On dirait bien une lettre, mais... Oh!...un G...sacré Gustave va!
12:25 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.08.2007
Le "Misere mei Deus" d'Allegri (1582-1652)
A l'ère des "poumtchak" et autres musiques binaires, il n'est pas inutile de se rappeler l'existence de musiques pour le moins inspirées et inspirantes. Comme le rappelle le philosophe Michel Lacroix dans son ouvrage Le culte de l'émotion, il y a une émotion-choc et une émotion-sentiment: "Dans le premier cas, l'émotion est une explosion, dans le second une effusion. Ces deux types d'émotion s'opposent comme la commotion et le recueillement, comme la sensation forte et l'attitude contemplative.[...] Dans l'émotion-choc, l'état affectif n'a pas assez de temps pour se diversifier et pour mûrir. Tout est, en quelque sorte, donné d'un coup. La capacité émotionnelle est assouvie avant de s'être métabolisée en sentiment. Au contraire, l'émotion-sentiment se savoure longuement. Sa jouissance s'étale dans la durée."
Vous l'aurez compris, ici, nous vous proposons de laisser mûrir cette émotion que nous apporte la beauté du "Misere mei Deus" d'Allegri...Et comme disait notre maître: "On est tenté de déprécier la beauté quand on est indigne de la contempler", Gustave Thibon, Entretiens.
http://www.dailymotion.com/related/1723621/video/x10zo7_g...
14:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21.05.2007
Le cercle recrute
Le Cercle Gustave Thibon n'est pas un petit cénacle fermé sur lui-même. Mis sur pied fin mars 2007 par quelques camarades passionnés, ses membres souhaitent étoffer les effectifs du cercle dès la rentrée prochaine. N'hésitez donc pas à prendre contact avec nous.
Contact: Christophe Bechet
GSM 0498/35.86.17 - email: cerclegustavethibon@skynet.be
13:50 Publié dans Pour être membre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Projection du film MISSION
JEUDI 7 JUIN A 19H30
PROJECTION DU FILM "MISSION"

Besoin de vous détendre l'esprit pendant les examens ?
Le Cercle Gustave Thibon et le GBU vous invitent à
la projection du film "Mission" de Roland Joffé
Palme d'or du festival de Cannes (1986)
Université de Liège
Place du XX août
Salle Gothot (parcours fléché)
La projection sera suivie pour ceux qui le désirent d'un échange sur les thèmes chrétiens autour desquels le film est construit.
12:40 Publié dans Activités du cercle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.05.2007
Présentation du Cercle Gustave Thibon
A l’occasion de la conférence « Benoît XVI et le recentrage du dialogue interreligieux »
donnée par l’Abbé Claude Barthe à l’Université de Liège le 26 mars 2007.
Présentation du nouveau cercle universitaire : Cercle Gustave Thibon
(Union royale des Etudiants catholiques de Liège)
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonsoir,
J’aimerais présenter en quelques mots notre cercle puisqu’il s’agit ici de la première conférence que nous organisons. Avec deux amis, Jean et Jean-Marc, nous exprimions depuis un certain temps déjà, au fil de nos discussions, le regret qu’il n’existât pas au sein même des murs de l’Université, un cercle dynamique susceptible de reprendre l’organisation de conférences à thème catholique jadis mises sur pied par l’Union Royale des Etudiants Catholiques Liégeois. Après quelques hésitations, nous avons finalement repris contact avec les membres du conseil d’administration de l’A.S.B.L. Union qui nous ont aimablement soutenu lorsque nous leur avons soumis notre proposition de recréer à l’Université un cycle de deux ou trois conférences l’année.
Lors de notre première rencontre avec eux, les anecdotes concernant les anciennes conférences de l’Union ont tout naturellement refleuri. Je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de vous en conter une brièvement. A l’époque, dans les années cinquante, un philosophe catholique français, tout droit venu de son Ardèche natale, était venu parler à Liège de la « guerre » et des questions philosophiques entourant ce grave sujet. Mais par un malheureux concours de circonstances, suite à une correspondance préalable un peu trop brève entre les membres de l’Union et notre conférencier où il avait été bien convenu d’une date, le thème même de la conférence prévue n’avait été écrit par le conférencier que d’une écriture assez leste, une écriture de philosophe habitué à prendre des notes avec rapidité. Conséquence, toutes les affiches de l’Union avaient annoncé à l’époque que Monsieur Gustave THIBON, philosophe français, viendrait parler à Liège de la « femme » et non de la « guerre ». Gustave Thibon, arrivé à Liège, ne découvrit l’erreur que quelques heures avant son intervention, il était donc trop tard pour pondre un autre texte et il allait donc parler de la guerre à un public venu l’écouter discourir sur le genre féminin. La conférence, malgré cet accroc, récolta un franc succès et l’entrée en matière de Gustave Thibon eût tôt fait de dissiper le « couac » du thème annoncé par une pirouette stylistique dont il avait le secret. Je vous laisse libre d’imaginer comment Thibon, habitué des bons mots, avait réussi à opérer la transition de la femme… à la guerre.
Au-delà de cette anecdote qui eut le mérite de rappeler Gustave Thibon à notre mémoire, nous avons choisi de placer notre cercle sous le patronage de ce grand philosophe catholique pour un tas de raisons, nous n’en évoquerons que quelques-unes ici. Gustave Thibon, par le fait même de son être et de son œuvre (on peut citer les ouvrages : Retour au réel – Ce que Dieu a uni – Notre regard qui manque à la lumière – L’équilibre et l’harmonie) a été aux yeux de nombreux commentateurs, et sans qu’il y eut derrière cela aucune volonté sous-jacente de sa part, le philosophe du XXe siècle qui a le mieux récapitulé le christianisme et ses deux mille ans d’histoire ; un christianisme d’abord marqué à l’origine par les idées grecques et romaines. Gustave Thibon n’avait-il pas appris en autodidacte, après que son père lui en eût transmis le goût, la langue d’Homère et celle de Virgile ? Si l’on en croit ceux qui l’ont connu, il avait d’ailleurs coutume de dialoguer intérieurement en latin dans quelque petit chemin creux de Provence avec Marc-Aurèle et Sénèque. Les apports nombreux de la philosophie antique au christianisme n’avaient naturellement pas échappé à l’antiquisant Thibon. Rappelons au passage, pour faire un lien avec l’intitulé de notre conférence d’aujourd’hui, que ces apports gréco-romains ont été magnifiquement mis en lumière par le pape dans son discours à Ratisbonne de septembre 2006 et c’est cela, bien plus à notre avis que le passage controversé sur l’Islam, qui constituait le point d’orgue de la leçon papale. Outre sa réflexion sur l’âge d’or du catholicisme médiéval, Gustave Thibon est aussi fils de son temps : il récapitule ainsi fort justement la confrontation de la pensée chrétienne avec la science moderne et la MODERNITE au sens large du terme, un aspect qui occupe une place importante dans son œuvre. Sans vouloir verser dans un passéisme stérile et antiscientifique, à l’heure du grand débat de société actuel touchant à l’impact de l’Homme sur son environnement, nous pensons que les réflexions d’un Gustave Thibon, dans la même veine que celles d’un Jacques Ellul, philosophe protestant, sur les conséquences négatives du tout TECHNOLOGIQUE et du tout SCIENTIFIQUE, sont particulièrement riches d’enseignement pour nos contemporains. Ce thème de la confrontation entre tradition chrétienne et science moderne n’est-il pas d’ailleurs un de ceux qui préoccupe aujourd’hui le plus les chrétiens, et surtout les jeunes chrétiens que nous sommes ? Combien de fois n’ai-je pas entendu de la part de mon entourage cette interpellation : « Comment peut-on encore être croyant aujourd’hui, à l’heure des fusées à réaction et d’internet ? » Gustave Thibon apporte des réponses à cette interrogation légitime. Voilà déjà quelques bons arguments qui prédisposaient bien ce philosophe à patronner un cercle de réflexion universitaire.
Nous confessons enfin qu’un des aspects les plus séduisants du personnage, mais cela n’engage que les membres de notre cercle, est son humilité. Issu du monde rural – son père était un paysan modeste et noble qui, dit-on, cultivait à la fois la terre, la poésie et le latin ; il avait transmis à son fils Gustave, son goût des belles lettres en lui faisant réciter dès l’âge de sept ans des poèmes de Leconte de Lisle et Hérédia ou de Mistral et Aubanel – Gustave Thibon n’a jamais couru après les honneurs d’une carrière universitaire ou l’éclat des projecteurs. Depuis sa demeure familiale de Saint-Marcel, c’était plutôt lui qui éclairait la France et l’Europe chrétienne par un regard détaché et lumineux sur la réalité du monde, ce qui lui valut en 2000 le grand prix de philosophie de l’Académie française. L’idée matricielle qui unifie son œuvre est l'idée du « retour au réel ». Sa pensée est en effet une pensée incarnée : sagesse terrienne du « philosophe paysan » attentif aux choses, à l’opposé des philosophies abstraites et des utopies ; pensée chrétienne qui se soumet humblement au créé. Toutefois, si sa philosophie du bon sens s’appuyait sur les choses, c’était pour mieux les dépasser et s’ouvrir ainsi au divin.
Gustave Thibon était spécialisé dans les aphorismes, il ne nous a donc pas été trop difficile de trouver parmi les nombreuses « vérités » qu’il avait couchées sur le papier, une devise pour notre cercle. Si à l’âge de vingt-trois ans, Gustave Thibon avait choisi, après avoir couru l’aventure pendant quelques années, de revenir au mas familial qu’il ne quittera désormais que rarement, c’était pour satisfaire un appétit de connaissance insatiable tant il était pénétré de l’idée que – et ce sera le mot d’ordre de notre cercle – « Rien ne prédispose plus au conformisme que le manque de formation ». C’est essentiellement guidés par cette devise que nous avons choisi, pour un thème aussi complexe que le dialogue interreligieux, de faire venir ce soir un spécialiste de la question, Monsieur l’Abbé Barthe. Sa parfaite capacité à naviguer dans le labyrinthe des textes conciliaires et son analyse pointue des encycliques relatives d’une part à l’œcuménisme, c’est-à-dire le dialogue du Catholicisme principalement avec les Orthodoxes et les Protestants, relatives d’autre part au dialogue du Catholicisme avec les autres religions (Judaïsme, Islam), prédestinait à nos yeux l’Abbé Barthe à venir exposer puis débattre avec nous des conditions d’un dialogue œcuménique et interreligieux authentiques.
La prochaine conférence du Cercle Gustave Thibon aura lieu fin octobre, un peu après la rentrée académique. Le conférencier sera Monsieur Herve Pasqua , directeur de l’Institut Universitaire Catholique de Rennes, qui viendra nous parler de Gustave Thibon qu’il a bien connu, autour du thème de « la Technique et la Grâce ». Nous songeons avant cette date réunir les membres du cercle au cours d’une ou deux rencontres pour débattre de thèmes catholiques. Nous envisageons aussi l’organisation d’une messe de rentrée du cercle à l’Eglise du Saint-Sacrement. J’invite évidemment tous les étudiants ou anciens étudiants intéressés qui souhaitent intégrer le cercle à se faire connaître.
Contact : cerclegustavethibon@skynet.be
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15.04.2007
Après la leçon de Ratisbonne, Benoît XVI et le recentrage du dialogue interreligieux
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Conférence donnée à l'Université de Liège le 26 mars 2007 par l'Abbé Claude Barthe
Le pontificat de Benoît XVI est assez paradoxal. Alors qu’une masse considérable de documents doctrinaux, encycliques, instructions, à la réalisation desquels le cardinal Ratzinger a eu une part tout à fait centrale, ont été publiés sous le pontificat de Jean-Paul II, le même Joseph Ratzinger, devenu Benoît XVI, n’en a émis que très peu. En deux ans, il n’a publié que deux textes doctrinaux, une encyclique sur la charité et une récente exhortation postsynodale sur l’eucharistie.
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| Contre les thèses du P. Dupuis, Dominus Jesus affirme : « Est donc contraire à la foi de l’Église la thèse qui soutient le caractère limité, incomplet et imparfait de la révélation de Jésus-Christ, qui compléterait la révélation présente dans les autres religions. La cause fondamentale de cette assertion est la persuasion que la vérité sur Dieu ne pourrait être ni saisie ni manifestée dans sa totalité et dans sa complétude par aucune religion historique, par le christianisme non plus par conséquent, et ni même par Jésus-Christ » (n. 6). Dominus Jesus déclare aussi : « Elle n’est donc pas compatible avec la doctrine de l’Église la théorie qui attribue une activité salvifique au Logos comme tel dans sa divinité, qui s’exercerait “plus loin” et “au-delà” de l’humanité du Christ, même après l’incarnation », en visant, par exemple, les doctrines de Raimundo Panikkar, glosant sur la distinction bultmannienne entre le Jésus de l’histoire et le Christ de la foi, et distinguant entre le Logos, ou Christ universel, et le Jésus historique.(2) |
| Ceci dit, Dominus Jesus laisse de côté le problème très délicat de l’articulation de la théologie des religions, telle que la pratiquait le P. Dupuis, avec le principe posé par Nostra aetate (n. 2 § 2) : « L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère [sincera observantia : révérence religieuse] ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle-même tient et propose [c’est moi qui souligne], cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes ».(4) Tout le problème est, à la fin des fins, celui du statut des religions non chrétiennes. |
| Le saut logique étant le même que celui accompli dans l’extrait cité de Nostra aetate : il y a passage du respect pour les « semences du Verbe » qui peuvent se trouver dans les religions non chrétiennes (et pas seulement dans les religions : nous reviendrons sur ce point capital, qui permet à Benoît XVI de dépasser par le haut la difficulté) à un respect global pour ces religions comme telles. Certes, on peut parler avec Nostra aetate d’attente des hommes qui demandent aux « diverses religions la réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, troublent profondément le cœur humain » (n. 1, § 3). Les religions témoignent de cette attente universelle de l’esprit humain, mais non pas en tant que telles, mais en ce qu’elles fournissent une expression à cette raison humaine créée par Dieu. Et c’est en ce sens que se déploie l’apport de la leçon de Ratisbonne. |
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| Le jugement de Benoît XVI est capital : « Le Nouveau Testament est écrit en grec et porte en lui-même la rencontre avec l’esprit grec qui avait mûri auparavant dans la formation de l’Ancien Testament. […] Les choix fondamentaux, qui concernent le lien de la foi avec la quête de la raison humaine, appartiennent à cette foi elle-même et sont adaptés à son développement ». Autrement dit, l’usage des outils de la philosophie grecque en ce qui concerne la connaissance de Dieu est intégré au donné révélé à titre de présupposés nécessaires : il y a inculturation, si l’on veut, mais très radicale. Et ce dialogue entre foi pré-chrétienne puis chrétienne s’est fait contre les religions. |
| On pourrait discuter, et de fait on débat à perte de vue de la possibilité de l’application stricte du concept de « salut », et par le fait même de « voie », tel que l’entend le christianisme aux religions non chrétiennes, sauf, peut-être, mais ce n’est même pas certain, en ce qui concerne l’islam et le judaïsme contemporain. (10) |
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| 1/ d’écarter les erreurs contre la raison (et par le fait contre la foi) qu’ils commettent ; |
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| On a souvent fait remarquer que le dialogue interreligieux « avancé » avait cessé d’être missionnaire. (24) Mais il y a plus : le dialogue est même devenu missionnaire de la modernité et non plus du christianisme contre les religions. Le thème, implicite chez les grands noms de la théologie des religions, est exposé de manière particulièrement claire par le P. Claude Geffré, selon lequel le christianisme, au lieu de chercher à remplacer les autres religions comme jadis, aurait désormais cette vocation unique de débarrasser toutes les autres religions de leur prétention à l’absolu. Il resterait de cette manière la religion absolue, parce qu’absolument relativisante. (25) |
| D’où l’intérêt majeur de l’intuition développée par Benoît XVI, qui prend l’exact contre-pied de cette interprétation du dialogue interreligieux. Pour lui au contraire, si la raison, au début de l’ère chrétienne, a été critique des religions au bénéfice du Christ, aujourd’hui, les religions, au moins en la « demande » qu’elles peuvent exprimer de rationalité vraie et donc de praeparatio evangelica, exercent – ou plutôt appellent l’exercice de – une critique du rationalisme moderne. Je cite une dernière fois la leçon de Ratisbonne : « Dans le monde occidental domine largement l’opinion que seule la raison positiviste et les formes de la philosophie qui en dépendent sont universelles. Mais précisément, cette exclusion du divin hors de l’universalité de la raison est perçue, par les cultures profondément religieuses du monde, comme un mépris de leurs convictions les plus intimes. Une raison qui est sourde au divin et repousse les religions dans le domaine des sous-cultures est inapte au dialogue des cultures ». |
| (1) Cerf, 1997. |
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| (6) Voir, par exemple, André Paul, La Bible et l’Occident. De la bibliothèque d’Alexandrie à la culture européenne, Bayard, mars 2007. |
| (10) A quoi faire correspondre la notion de « Dieu » dans le bouddhisme ? Au « dhamma », la Loi de nature, vérité ultime qui est inséparablement Dieu-Monde ? Quels mots communs peut-on trouver avec les religions traditionnelles d’Afrique par exemple ? Quant à l’historicité de la révélation chrétienne et de l’accomplissement du salut elle est proprement incompréhensible dans le cadre de l’hindouisme. |
| (12) Somme contre les Gentils, l 1er, 2. |
| (22) Das Christentum und die Weltreligionen ¬ Ein Durchblick, IBK, Fribourg, 1979. Cité et analysé par José Arregui, Sans exclusion ni inclusion. La relation Israël-Église chez Hans Urs von Balthasar comme paradigme du rapport entre le christianisme et les autres religions, thèse dactylographiée, Institut catholique de Paris, 1990, pp. 220-222. |
| (24) Cf. Mgr Michael Fitzgerald, Dieu rêve d’unité. Les catholiques et les religions : les leçons du dialogue. Entretiens avec Annie Laurent, Bayard, 2005. Celui qui était alors président du Conseil pontifical pour le Dialogue expliquait qu’il était distinct de la mission, mais faisait partie comme elle de l’évangélisation. Il est distinct de la mission, parce que cette sorte d’évangélisation ne vise pas ultimement la conversion des non-chrétiens au Christ. Il est une variété d’annonce du Christ, mais une annonce implicite. Témoigner du Christ est obligatoire, et non convertir au Christ. |
| (25) D’où la fameuse problématique de la double appartenance : « Est-il tout à fait impertinent de se demander s’il n’y a pas une manière chrétienne d’être hindou, bouddhiste, taoïste, confucéen ? », par exemple : « Théologie chrétienne et dialogue interreligieux » dans Revue de l’Institut catholique de Paris, avril-juin 1991, pp. 63-82. |
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15.03.2007
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